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      Homélies de décembre 2017

Homélies de décembre 2017

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  • 31 décembre 2017

Temps de l’Avent


1er dimanche de l’Avent ‘B’ - Saint-Romain - 3 décembre 2017

1) Trois insistances pour ce temps de l’Avent : « rester éveillés »

« Il ne faudrait pas qu’il vous trouve endormis ». Etre endormi, c’est, comme le dit Isaïe « avoir le cœur endurci et ne pas craindre Dieu », c’est-à-dire faire comme si Dieu n’existait pas. L’indifférence… Le pire ennemi de ce temps d’Avent, c’est cette fête de Noël dans 3 semaines. Avec les coups de boutoir de la publicité, l’endormissement, l’abêtissement dû au consumérisme. L’étourdissement des fêtes qui approchent. Or, pendant l’Avent, on ne se prépare nullement à Noël, qui est un évènement du passé, mais à l’ ‘avènement’, la venue du Seigneur dans la gloire. ‘En cette vie où nous espérons l’avènement de Jésus-Christ notre Sauveur’, dit le célébrant après le Notre-Père. Aussi, peut-être nous est-il demandé un peu plus de sobriété…

Quel personnage biblique personnifie le mieux ce moment liturgique ? Je pense que c’est la Sainte-Vierge, parce qu’elle est tout entière préparation de la 1re venue de son fils, elle est cette terre vierge prête aux fiançailles éternelles, que nous fêterons le 8 décembre, l’Immaculée Conception. Lors de l’Annonciation, la Vierge veillait en prière, alors pourquoi ne pas la prier, chaque jour, en famille, pour qu’elle nous garde éveillés ? Et qu’elle nous prépare à la venue définitive du Christ.

2) Une autre insistance : « Veiller »

C’est souligné à 3 reprises dans ce court passage d’évangile. C’est différent que de « rester éveillé », parce qu’on peut ne pas dormir, mais être « affairé sans rien faire » comme le souligne St Paul. Veiller, c’est le rôle assigné au portier : si les serviteurs, ce sont les hommes, le portier, c’est le chrétien. Celui qui attend la venue du maître, qui est aux premières loges et qui a reçu mission d’avertir les autres. Et il doit être attentif aux signes de cette venue.

Dans la prière ‘Alma redemptoris Mater’, on appelle la Ste Vierge la ‘porte du ciel toujours ouverte’ : ce n’est pas pour rien. Parce que le Christ s’est tenu à la porte de son cœur, il a frappé et elle a ouvert à son appel. Voyez la Vierge à Cana, comme elle est attentive ! Veiller, c’est accepter d’être sur la brèche, parce que, comme le déplore Isaïe « personne n’invoque plus ton nom ». Non seulement, ne pas être soumis à la chape de plomb médiatique ou idéologique, mais discerner les actions à mener. « Ils n’ont plus de vin » alertait Marie : et nous ? Ce temps de l’Avent doit faire de nous des lanceurs d’alerte, à contre courant de la bien-pensance actuelle. On a du pain sur la planche !

3) Enfin, 3ème insistance : accueillir la nouveauté

« Car vous ne savez pas », insiste le Seigneur. Et il prévient : « s’il arrive à l’improviste ». L’Avent, c’est un moment où nous devons attendre l’inattendu de Dieu. ‘Nous attendons ta venue dans la gloire’, chantons-nous après la consécration. Et dans la Profession de foi : ‘Il reviendra dans la gloire’ ou plutôt ‘il viendra, dans toute sa nouveauté’ (et iterum venturus est). Il nous faut accepter de nous défaire de toutes nos idées sur Dieu, et L’accueillir comme un Dieu déroutant. En tout cas, nous n’attendons pas le ‘petit Jésus’ de la crèche ! Certainement pas !

La Ste Vierge, – et c’est pourquoi nous devons la prier – elle a accepté d’être doublement déroutée : lors de l’Annonciation, et lorsqu’elle se tenait, debout, au pied de la croix. Elle n’attendait surement pas cet inattendu d’un Dieu crucifié. Du coup, elle a été parée pour l’Espérance, et pour soutenir l’Eglise naissante dont elle fut l’âme. Nous avons à être ces témoins de l’inattendu de Dieu. En cette fin d’automne, les feuilles jonchent le sol : c’est bien connu, il n’y que les feuilles mortes qui sont ‘dans le vent’. Ne soyons pas ‘dans le vent’, mais demandons au Seigneur de « nous faire tenir fermement jusqu’au bout », comme le demande St Paul. Nous n’avons pas à nous préparer à Noël, mais bien, « fermement et sans reproche », à l’avènement de N.S.J.C.

Père Hervé Rabel

2ème dimanche de l’Avent ‘B’ - St R. et NDB - 10 décembre 2017

1) Un mot de l’évangile a attiré mon attention : « Commencement ». Pourquoi « Commencement » ?

Spontanément, on pense au début de la Genèse : « Au commencement, Dieu créa… », ou plutôt « Dans un commencement… ». En hébreu, le mot commence par un ‘b’, 2ème lettre de l’alphabet. Ce qui signifie qu’il y a un avant : seul Dieu est le véritable commencement. Avant toutes choses, il y a Dieu, et c’est Lui qui organise le monde.

Cela doit faire naître en nous un sentiment de gratitude, une attitude d’action de grâce. Il y a un Amour qui nous précède, sur qui on peut toujours s’appuyer. Un Amour qui nous accompagne, nous guide sur le chemin, donne sens à notre vie. N’est-ce pas ce qui dit Isaïe : « Comme un berger il fait paître son troupeau : son bras rassemble les agneaux, il les porte sur son cœur ». Nous sommes nés du cœur de Dieu, et c’est Lui qui nous guide sur le chemin difficile de nos vies. « Il y eut un soir, il y eut un matin », ce refrain scande les 7 jours de la création : c’est vers le matin que nous allons, fermement appuyés sur ce commencement solide qu’est notre Dieu.

2) Avec l’évangile, ce « commencement » ne porte-t-il pas un nom ?

C’est Jésus, nouveau et définitif commencement. Voyez les débuts des évangiles ; ici c’est Marc, mais avec Matthieu : « Livre de la genèse de Jésus ». Avec Luc : « Depuis le début… » et avec Jean : « Au commencement était le Verbe ». Et ce commencement qui porte le nom de Jésus, c’est une Bonne Nouvelle. Nouveauté de ce commencement : le début de l’Evangile, c’est « Aujourd’hui, vous est né un sauveur » (Lc 2, 11) et la fin, c’est : « Aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis » (Lc 23, 43).

Avec le Christ, ce commencement qu’est le Père, ce visage plénier de Dieu, se découvre chaque jour sous des traits nouveaux. Blaise Pascal réfléchit sur le temps : ‘Que chacun examine ses pensées, il les trouvera toutes occupées au passé ou à l’avenir. Nous ne pensons presque point au présent’. Soyons bien persuadés que Dieu révèle sa nouveauté dans notre aujourd’hui. Chaque jour est nouveau, et béni, parce que c’est là que se dévoile ce commencement, nouveau et définitif qu’est le Christ. Et cela doit faire naître en nous un sentiment d’émerveillement. Alors que trop souvent nous regrettons notre passé ou nous anticipons un avenir qui ne nous appartient pas, vivons cet aujourd’hui de la Bonne Nouvelle.

3) Enfin, n’est-ce pas à chacun de nous de devenir ce « commencement » ?

St Grégoire de Nysse disait : ‘Nous allons de commencement en commencement par des commencements qui n’ont jamais de fin’. Parce qu’on n’a jamais fini de découvrir l’amour du Christ ! D’où l’attitude du psalmiste : « Au matin, je me prépare pour toi et je reste en éveil » (5,4) « Au matin, j’acclamerai ton amour » (58,17). Ce matin, c’est, bien sûr, celui de la résurrection. Alors, comme le dit St Paul : « Oubliant ce qui est en arrière et lancé vers l’avant » (Ph 3,13), je m’unis au Christ pour vivre, aujourd’hui, ce commencement qu’Il nous offre.

Il y a donc un appel très fort au courage et à l’espérance. « Pour le Seigneur, un seul jour est comme mille ans et mille ans sont comme un seul jour » dit St Pierre : ce jour de Dieu, il se condense dans le Christ, alpha et oméga, et c’est l’eucharistie qui nous faite entrer dans cette éternité de Dieu, dans ce commencement, cet aujourd’hui. Dans cette société qui est blasée, sans âme et sans perspective, la messe fait de nous ce ‘commencement’, nous met dans l’action de grâce, dans l’émerveillement et nous pousse à être des témoins courageux de l’espérance.
Père Hervé Rabel

3ème dimanche Avent ‘B’ - St R. et NDB - 17 décembre 2017

1) « Son nom était Jean »
Que signifie ce nom, en hébreu ? ‘Celui qui témoigne que Dieu fait grâce’. De fait, Jean va rendre témoignage à Celui qui fait grâce, Jésus-Christ. Chaque nom dans la Bible est important, il est le signe d’une mission particulière donné à celui qui le porte. Cela signifie que personne n’est interchangeable. Que chacun est unique, précieux et, quelque soit son âge, son état de santé, chacun a une mission à accomplir. Cette semaine, une dame âgée, dans une maison de retraite, me disant : ‘Je suis inutile… !’. Terrible !

Justement, dans la 1re lecture, Isaïe nous rappelle notre nom de baptême : « Le Seigneur m’a consacré par l’onction » cette onction du St Chrême, onction renouvelée lors de notre confirmation pour « annoncer la bonne nouvelle aux humbles ». « Il m’a vêtu des vêtements du salut », cette robe nuptiale qu’est le vêtement baptismal. Il y a là un appel à mieux réaliser à quel point nous sommes uniques, précieux aux yeux de Dieu, que nous sommes aimés d’un amour unique. Bien souvent on ne s’aime pas, pour telle ou telle raison : et pourtant, nous sommes aimés follement par Celui qui a accepté de donner sa vie pour moi.

2) Et pourtant, quand on lui dit : « Qui es-tu ? » il répond par la négative…

« Je ne suis pas le Christ […]. Je ne le suis pas […]. Non ». Etonnant. Jean, le témoin que Dieu fait grâce, se nomme comme en négatif, en creux. Exactement comme si on vous demandait : ‘Comment vous appelez-vous ?’ et que vous répondriez : ‘Je ne m’appelle pas un untel…’. Cela nous rappelle Ste Catherine de Sienne, au XIVème siècle, à qui Jésus disait : ‘Fais-toi capacité et je me ferai torrent’. C’est exactement l’attitude le la Ste Vierge : « Voici la servante du Seigneur : que tout m’advienne selon ta parole ». Passivité active de la Vierge… N’est-ce pas la ‘petite voie’ de Ste Thérèse : ‘Ma joie, c’est de rester petite’ ?

Lorsque St Paul écrit : « N’éteignez pas l’Esprit », est-ce que cela ne signifie pas que l’on peut étouffer le St Esprit en étant rivé sur notre moi, nos projets, en refusant ainsi de nous ouvrir à la grâce ? « Je ne suis pas le Christ » c’est-à-dire je ne suis pas le centre du monde et ainsi je laisse le Christ agir en moi. Se décentrer jusqu’à arriver à dire, comme St Paul : « Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi » (Ga 2,20). Il y a vraiment un combat : ‘Je veux rester petite’ disait Ste Thérèse. La grâce de l’Avent, c’est da nous permettre de nous faire accueil, capacité…

3) Alors, finalement, qui est cet homme qui porte le nom de Jean ?
Il le dit, mais en s’effaçant derrière l’Ecriture : « Je suis la voix ». Il a tellement intégré l’Ecriture que c’est elle qui lui donne sa personnalité ; on a la même chose avec le Magnificat de la Vierge, qui reprend de multiples passages de l’Ancien Testament. Se laisser façonner par l’Ecriture pour que le Seigneur nous permette de discerner notre mission particulière. Jean ne se donne pas sa mission, il la reçoit de Dieu. Il est la voix, il n’est pas la Parole, il est la voix qui va permettre à la Parole de commencer sa mission.

Dimanche dernier, il y avait cette phrase dans la 2ème lecture, St Pierre : « Vous qui hâtez l’avènement du jour de Dieu ». De fait nous pouvons soit éteindre l’Esprit, soit hâter l’avènement du Christ. En étant ou non docile à la grâce, en se faisant ou non capacité. Lourde responsabilité, mais si notre nom est unique, notre place dans cet avènement du Seigneur est unique. A notre manière, à la suite de Jean, nous avons à signifier, par notre manière de vivre : « Voici venir derrière moi Celui qui est plus fort que moi ». Dans ce temps de l’Avent, nous n’annonçons pas le ‘petit Jésus de la crèche’, mais le Seigneur ressuscité qui vient sauver ce monde malade.

Père Hervé Rabel

4ème dimanche de l’Avent ‘B’ - Sel - 24 décembre 2017

1) Il s’agit là, tout bonnement, d’une rencontre amoureuse…

Vous connaissez ce phénomène de la ‘cristallisation’, bien rendu par Proust dans ‘La Recherche’, cette fixation amoureuse sur un être. Avec, à la fin du roman, cette remarque désabusée de Swann : ‘Et dire que cette femme n’était même pas mon genre !’. Regardez ce phénomène de ‘zoom’ : de Dieu, on arrive à la Galilée, petite province romaine ; de là, on se focalise sur cette minuscule bourgade qu’est Nazareth, pour en arriver à « une jeune fille vierge […] et le nom de la jeune fille était Marie ». On part de Dieu… pour en arriver à une toute petite jeune fille.

Cette jeune fille qui signifie l’Epouse à qui Dieu veut s’unir, dans ces noces de sang de la croix. En cette veille de Noël, où nous fêterons ces épousailles de Dieu et des hommes, il faudrait relire tout le Cantique des Cantiques : « Lève-toi, mon amie, viens ma toute belle » (2,10). Cette toute belle, c’est la Ste Vierge, c’est l’Eglise, c’est chacun de nous. Parce que Dieu n’est pas ce (‘grand horloger’ de Voltaire, mais bien cet amoureux fou de chacune de ses créatures.

2) De plus, on a affaire à un amoureux transi…

Avec ce côté si maladroit dans sa déclaration d’amour. En effet, il faut compter : L’ange dit 143 mots : il est intarissable, il n’en finit pas de parler ! Et il en rajoute ! Quant à la Vierge : 26 mots seulement… ! Elle est loin de s’affoler, elle est pleine de bon sens et elle exerce toute sa liberté de femme. On peut dire qu’elle garde les pieds sur terre, elle qui est appelée à s’unir au Ciel.

« L’ange entre chez elle » : n’essayons pas de trop visualiser. Cela signifie simplement qu’elle est si disponible qu’elle laisse l’Esprit la travailler ; St Luc résume en une scène très brève tout un itinéraire d’approfondissement chez le Vierge. Tout ce travail de la grâce, en celle qui va en être comblée. Laissons-nous, à notre tour, travailler par l’Esprit, pour discerner le projet que Dieu a sur chacun de nous.

3) Mais ce qui est le plus étonnant, c’est la fin : « Et l’ange la quitta ».

Comment ! De cet amoureux transi, on aurait pu espérer, devant la réponse positive de la Vierge, une explosion de joie. Eh non ! L’ange la quitte. On pourrait reprendre le Cantique des Cantiques : « Je veux chercher celui que mon cœur aime. Je l’ai cherché, je ne l’ai pas trouvé » (3,2). La même chose à la fin de l’évangile de St Jean : « Cesse de me tenir » (20,17). Dieu se révèle à nous, pour que nous le cherchions encore, et la Vierge doit exercer sa liberté de croyante. Elle ira de découverte en découverte, jusqu’à la Pentecôte, mais en passant par le Calvaire.

Il y a des moments privilégiés où Dieu passe… et d’autres où nous sommes renvoyés à notre liberté de chercheur de Dieu. Rien n’est ‘évident’, rien n’est ‘certitude’ : il y a chaque jour, un nouveau pas à faire dans la foi. La Ste Vierge nous a précédés sur ce dur chemin, à nous de la suivre, sachant que ce chemin a pour nom le Christ et que c’est le chemin de la Vie en plénitude.
Père Hervé Rabel

Noël 2017 - N.-D. des Bruyères – St Romain (Sel)

1) La naissance de Jésus se passe la nuit. La nuit, c’est d’abord le silence
Cette nuit de Noël, elle nous rappelle la 1re nuit, celle de la création : il y a un soir, puis un matin… Ce sont aussi les ténèbres dans lesquels marche ce peuple dont parle Isaïe. Et elle annonce les ténèbres du Vendredi-Saint… Lorsque l’on marche la nuit, par exemple en forêt, c’est le silence, mais en fait, si l’on est très attentif, il y a toute une vie, des bruits étonnants.

Jésus naît dans le silence d’une nuit. Et, au milieu de cette nuit, des bergers vont être si attentifs qu’ils vont accourir vers la crèche. Mais aujourd’hui : comme c’est difficile de faire silence ! Entre la télévision, la tablette, le smart-phone, les écrans, les jeux vidéo… Au prophète Elie, Dieu se révèle « dans le murmure d’une brise légère ». Le passage de Dieu ne fait pas de bruit ! Les bergers, eux, écoutaient dans le silence. Allons-nous accepter de faire silence, pour être attentifs au passage de Dieu dans notre vie ?

2) Si la nuit c’est d’abord le silence, c’est aussi le mystère.
La nuit, tout paraît différent ; on est dépaysés, déconcertés. On a un peu peur, on n’est pas très rassurés. Si on suit un chemin, la nuit, en forêt, il ne faut pas s’en écarter, il faut bien le suivre : c’est un peu comme une boussole et, du coup on est rassuré. Et si l’on doute de la route à suivre, on est heureux d’avoir quelqu’un avec soi, de ne pas être seul.

Dans notre vie, rien n’est très clair ; on est un peu comme dans la nuit, parfois. On se pose beaucoup de questions, il y a des zones d’ombre… Alors le Christ se propose à nous, comme un chemin, bien balisé. Il est là pour nous accompagner, nous encourager lorsqu’on doute sur la direction à suivre. La Parole de Dieu est là, comme pour mettre des balises sûres, sur ce chemin. Et puis, n’y a-t-il pas l’Eglise, qui nous donne des frères, qui nous permet de ne pas cheminer tout seul, qui nous pousse à nous entre-aider… L’Eglise est là, justement, pour que nous ne nous sentions pas seuls, dans les multiples choix que nous avons à faire. Acceptons-nous de faire cette expérience de l’Eglise ?

3) Enfin la nuit, si c’est le mystère, c’est également l’espérance du petit jour.
Car la nuit prend fin, elle n’est pas éternelle. Sur ce chemin, en forêt, bientôt, au loin, à travers les arbres, il y a comme une lueur, la lumière de l’aube naissante. On sait que le jour va venir, cela nous rassure et nous fait avancer. Si c’est encore la pleine nuit, on verra la lampe d’une personne qui vient à notre rencontre, ou la lueur de la lumière d’une maison accueillante. Ou encore, il y a ce feu qui rougeoie dans l’obscurité…

« Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière » écrivait Isaïe 800 ans avant le Christ. Cette lumière, c’est celle de la résurrection, qui a lieu au petit jour, à l’aube de Pâques. Et cette fête de Noël n’est importante que parce qu’elle nous annonce le matin de Pâques. « La lumière brille dans les ténèbres » écrira St Jean. Nous sommes tous plus ou moins dans la nuit : alors, acceptons de faire silence, pour découvrir le mystère de Jésus, qui est le chemin le plus sûr et qui, par sa résurrection, nous fait entrer dans la pleine lumière de Dieu.
Père Hervé Rabel

Ste Famille - St Romain/N.-D. des Bruyères - 31 décembre 2017

1) Trois attitudes d’Abraham : il sort
Au chapitre 12 de la Genèse : « Quitte ton pays… Je ferai de toi un grand peuple ». Et puis : « Il le fit sortir »… ou, plus précisément : « Il le fit sortir dehors », avec une sorte de redoublement. L’homme est complètement en enfermé dans son angoisse : « Je m’en vais sans enfant ». On ne dit nullement que cette scène se passe dans un intérieur. « Il le fit sortir » : invitation à sortir de ses préoccupations, de son enfermement. C’est la même chose pour St Joseph « qui avait formé ce projet » de répudier Marie, lorsque l’ange lui apparut en songe.

Bien sûr « sortir » fait écho à cette demande instante du pape François dans ‘La Joie de l’Evangile’. Après la féérie si factice de Noël, il nous faut sortir du rêve. C’est si vrai que, le lendemain du 25 décembre, c’est le martyre de St Etienne, avec la phrase du Christ : « Vous serez détestés de tous ». Rod Dreher, qui a récemment publié : ‘Comment être chrétien dans un monde qui ne l’est plus’, nous prévient : ‘Je sais que c’est la fin d’un monde : le monde du christianisme facile est définitivement mort’.

2) il compte les étoiles
Phrase énigmatique…En fait, venant d’Ur en Chaldée, pays des astrologues, Abraham était soumis aux étoiles, à la fatalité. Le Seigneur l’invite à sortir de ses esclavages et à acquérir le regard même de Dieu : ‘Regarde par-dessus les étoiles’, c’est-à-dire : ‘Tu n’es pas soumis aux étoiles, mais appelé à la liberté des enfants de Dieu’.

Pour Rod Dreher, la post-modernité nous contamine, nous les croyants et la foi risque de plus être autre chose que des ‘valeurs’, une sorte de méthode d’accomplissement personnel teintée de spiritualisme déiste. Le sous-titre de son livre, c’est : ‘Le pari bénédictin’. Il ne s’agit pas de devenir moine mais, comme saint Benoît, dans un monde sécularisé, on ne peut plus se contenter d’aller à la messe le dimanche et de prier en semaine. Demandons à l’Esprit-Saint de nous rendre inventifs et d’orienter notre vie sur l’essentiel.

3) Enfin - c’est dans le passage des Hébreux - il part « sans savoir où il allait ».
C’est en écho à la demande du Seigneur : « Quitte ton pays… pour le pays que je t’indiquerai ». On retrouve cela à la fin d saint Jean, lorsque le Christ dit à Pierre : « Toi, suis-moi », sans autre précision… Du coup « Abram eut foi dans le Seigneur ». Eut foi et non eu la foi : la foi n’est pas une possession, mais la confiance dans le Seigneur. Et la conséquence, c’est qu’Abram devient Abraham : lui qui devait être ‘père’ (Abram) sa mission est précisée. Son nom est agrandi, car il est appelé à être ‘père d’une multitude’.

Aujourd’hui, nous ne savons pas où nous allons, mais nous savons une chose : il faut être sur ce bon chemin qu’est le Christ. Que nous apportera cette nouvelle année ? Une seule chose sera sûre : le Christ nous accompagnera. Peut être l’évangile peut nous donner des indices : Syméon, c’est ‘celui qui écoute’ : écoutons la Parole de Dieu. Anne, c’est ‘la grâce’ : la foi est permanent déséquilibre, c’est une aventure, mais la grâce nous précède et nous fait avancer sur le bon chemin, puisqu’il est écrit : « La grâce de Dieu était sur lui ».

Père Hervé Rabel

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