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      Homélies de décembre 2017

Homélies de décembre 2017

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  • 4 décembre 2017

Temps de l’Avent


1er dimanche de l’Avent ‘B’ - Saint-Romain - 3 décembre 2017

1) Trois insistances pour ce temps de l’Avent : « rester éveillés »

« Il ne faudrait pas qu’il vous trouve endormis ». Etre endormi, c’est, comme le dit Isaïe « avoir le cœur endurci et ne pas craindre Dieu », c’est-à-dire faire comme si Dieu n’existait pas. L’indifférence… Le pire ennemi de ce temps d’Avent, c’est cette fête de Noël dans 3 semaines. Avec les coups de boutoir de la publicité, l’endormissement, l’abêtissement dû au consumérisme. L’étourdissement des fêtes qui approchent. Or, pendant l’Avent, on ne se prépare nullement à Noël, qui est un évènement du passé, mais à l’ ‘avènement’, la venue du Seigneur dans la gloire. ‘En cette vie où nous espérons l’avènement de Jésus-Christ notre Sauveur’, dit le célébrant après le Notre-Père. Aussi, peut-être nous est-il demandé un peu plus de sobriété…

Quel personnage biblique personnifie le mieux ce moment liturgique ? Je pense que c’est la Sainte-Vierge, parce qu’elle est tout entière préparation de la 1re venue de son fils, elle est cette terre vierge prête aux fiançailles éternelles, que nous fêterons le 8 décembre, l’Immaculée Conception. Lors de l’Annonciation, la Vierge veillait en prière, alors pourquoi ne pas la prier, chaque jour, en famille, pour qu’elle nous garde éveillés ? Et qu’elle nous prépare à la venue définitive du Christ.

2) Une autre insistance : « Veiller »

C’est souligné à 3 reprises dans ce court passage d’évangile. C’est différent que de « rester éveillé », parce qu’on peut ne pas dormir, mais être « affairé sans rien faire » comme le souligne St Paul. Veiller, c’est le rôle assigné au portier : si les serviteurs, ce sont les hommes, le portier, c’est le chrétien. Celui qui attend la venue du maître, qui est aux premières loges et qui a reçu mission d’avertir les autres. Et il doit être attentif aux signes de cette venue.

Dans la prière ‘Alma redemptoris Mater’, on appelle la Ste Vierge la ‘porte du ciel toujours ouverte’ : ce n’est pas pour rien. Parce que le Christ s’est tenu à la porte de son cœur, il a frappé et elle a ouvert à son appel. Voyez la Vierge à Cana, comme elle est attentive ! Veiller, c’est accepter d’être sur la brèche, parce que, comme le déplore Isaïe « personne n’invoque plus ton nom ». Non seulement, ne pas être soumis à la chape de plomb médiatique ou idéologique, mais discerner les actions à mener. « Ils n’ont plus de vin » alertait Marie : et nous ? Ce temps de l’Avent doit faire de nous des lanceurs d’alerte, à contre courant de la bien-pensance actuelle. On a du pain sur la planche !

3) Enfin, 3ème insistance : accueillir la nouveauté

« Car vous ne savez pas », insiste le Seigneur. Et il prévient : « s’il arrive à l’improviste ». L’Avent, c’est un moment où nous devons attendre l’inattendu de Dieu. ‘Nous attendons ta venue dans la gloire’, chantons-nous après la consécration. Et dans la Profession de foi : ‘Il reviendra dans la gloire’ ou plutôt ‘il viendra, dans toute sa nouveauté’ (et iterum venturus est). Il nous faut accepter de nous défaire de toutes nos idées sur Dieu, et L’accueillir comme un Dieu déroutant. En tout cas, nous n’attendons pas le ‘petit Jésus’ de la crèche ! Certainement pas !

La Ste Vierge, – et c’est pourquoi nous devons la prier – elle a accepté d’être doublement déroutée : lors de l’Annonciation, et lorsqu’elle se tenait, debout, au pied de la croix. Elle n’attendait surement pas cet inattendu d’un Dieu crucifié. Du coup, elle a été parée pour l’Espérance, et pour soutenir l’Eglise naissante dont elle fut l’âme. Nous avons à être ces témoins de l’inattendu de Dieu. En cette fin d’automne, les feuilles jonchent le sol : c’est bien connu, il n’y que les feuilles mortes qui sont ‘dans le vent’. Ne soyons pas ‘dans le vent’, mais demandons au Seigneur de « nous faire tenir fermement jusqu’au bout », comme le demande St Paul. Nous n’avons pas à nous préparer à Noël, mais bien, « fermement et sans reproche », à l’avènement de N.S.J.C.

Père Hervé Rabel

2ème dimanche de l’Avent ‘B’ - St R. et NDB - 10 décembre 2017

1) Un mot de l’évangile a attiré mon attention : « Commencement ». Pourquoi « Commencement » ?

Spontanément, on pense au début de la Genèse : « Au commencement, Dieu créa… », ou plutôt « Dans un commencement… ». En hébreu, le mot commence par un ‘b’, 2ème lettre de l’alphabet. Ce qui signifie qu’il y a un avant : seul Dieu est le véritable commencement. Avant toutes choses, il y a Dieu, et c’est Lui qui organise le monde.

Cela doit faire naître en nous un sentiment de gratitude, une attitude d’action de grâce. Il y a un Amour qui nous précède, sur qui on peut toujours s’appuyer. Un Amour qui nous accompagne, nous guide sur le chemin, donne sens à notre vie. N’est-ce pas ce qui dit Isaïe : « Comme un berger il fait paître son troupeau : son bras rassemble les agneaux, il les porte sur son cœur ». Nous sommes nés du cœur de Dieu, et c’est Lui qui nous guide sur le chemin difficile de nos vies. « Il y eut un soir, il y eut un matin », ce refrain scande les 7 jours de la création : c’est vers le matin que nous allons, fermement appuyés sur ce commencement solide qu’est notre Dieu.

2) Avec l’évangile, ce « commencement » ne porte-t-il pas un nom ?

C’est Jésus, nouveau et définitif commencement. Voyez les débuts des évangiles ; ici c’est Marc, mais avec Matthieu : « Livre de la genèse de Jésus ». Avec Luc : « Depuis le début… » et avec Jean : « Au commencement était le Verbe ». Et ce commencement qui porte le nom de Jésus, c’est une Bonne Nouvelle. Nouveauté de ce commencement : le début de l’Evangile, c’est « Aujourd’hui, vous est né un sauveur » (Lc 2, 11) et la fin, c’est : « Aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis » (Lc 23, 43).

Avec le Christ, ce commencement qu’est le Père, ce visage plénier de Dieu, se découvre chaque jour sous des traits nouveaux. Blaise Pascal réfléchit sur le temps : ‘Que chacun examine ses pensées, il les trouvera toutes occupées au passé ou à l’avenir. Nous ne pensons presque point au présent’. Soyons bien persuadés que Dieu révèle sa nouveauté dans notre aujourd’hui. Chaque jour est nouveau, et béni, parce que c’est là que se dévoile ce commencement, nouveau et définitif qu’est le Christ. Et cela doit faire naître en nous un sentiment d’émerveillement. Alors que trop souvent nous regrettons notre passé ou nous anticipons un avenir qui ne nous appartient pas, vivons cet aujourd’hui de la Bonne Nouvelle.

3) Enfin, n’est-ce pas à chacun de nous de devenir ce « commencement » ?

St Grégoire de Nysse disait : ‘Nous allons de commencement en commencement par des commencements qui n’ont jamais de fin’. Parce qu’on n’a jamais fini de découvrir l’amour du Christ ! D’où l’attitude du psalmiste : « Au matin, je me prépare pour toi et je reste en éveil » (5,4) « Au matin, j’acclamerai ton amour » (58,17). Ce matin, c’est, bien sûr, celui de la résurrection. Alors, comme le dit St Paul : « Oubliant ce qui est en arrière et lancé vers l’avant » (Ph 3,13), je m’unis au Christ pour vivre, aujourd’hui, ce commencement qu’Il nous offre.

Il y a donc un appel très fort au courage et à l’espérance. « Pour le Seigneur, un seul jour est comme mille ans et mille ans sont comme un seul jour » dit St Pierre : ce jour de Dieu, il se condense dans le Christ, alpha et oméga, et c’est l’eucharistie qui nous faite entrer dans cette éternité de Dieu, dans ce commencement, cet aujourd’hui. Dans cette société qui est blasée, sans âme et sans perspective, la messe fait de nous ce ‘commencement’, nous met dans l’action de grâce, dans l’émerveillement et nous pousse à être des témoins courageux de l’espérance.

Père Hervé Rabel

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