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      Homélies de février 2018

Homélies de février 2018

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  • 24 février 2018

Temps ordinaire et carême


5ème dimanche du temps ordinaire ‘B’ - Saint-Romain - 4 février 2018

1) L’évangile de ce jour nous parle de l’Eglise : l’Eglise appelée à servir

Les féministes risquent de hurler : comment, cette femme, elle n’est bonne qu’à servir ! L’Eglise rétrograde, comme toujours, etc… En réalité, cette femme, elle représente l’Eglise. On le voit, on passe de la synagogue pour aller « dans la maison de Simon et d’André », annonce de l’Eglise qui vient. Et cette belle-mère, elle personnifie l’Eglise – l’Epouse du Christ – que Jésus vient guérir et à qui Il donne une mission.

Cette mission – la 1re mission de l’Eglise – c’est de servir. Je me rappelle le 3ème article de la loi scoute : ‘Le scout est fait pour servir et sauver son prochain’ et, lors de la promesse : ‘Combien de temps es-tu prêt à servir ? – S’il plait à Dieu, toujours’. Les gens n’attendent pas de nous de grands discours, mais une attention miséricordieuse ; c’est Paul VI qui disait : ‘Le monde a plus besoin de témoins que de maîtres’. Par chaque sacrement, le Christ nous « saisit par la main », comme pour cette femme, et nous fait nous lever… pour nous mettre au service. Mais surtout, avec la messe, nous sommes renvoyés au Lavement des pieds et à la parole de Jésus : « Je suis au milieu de vous comme celui qui sert » (Lc 22,27).

2) L’Eglise appelée à témoigner

Dans un 2ème moment de ce passage d’évangile, nous sommes « le soir venu », dans l’attente de la nuit, la nuit avec ses angoisses, ses questionnements, ses doutes. Et là, Jésus guérit « beaucoup de gens ». Mais ce n’est pas encore le moment de dévoiler qui il est – c’est le fameux ‘secret messianique’ chez St Marc - . Le dévoilement se fera sur la croix « Vraiment, cet homme était Fils de Dieu » et Jésus ressuscité pourra alors dire aux disciples : « Allez, de toutes les nations, faites des disciples ».

Le pape le rappelle : ‘L’Eglise n’est pas une organisation humanitaire’. En servant, elle est appelé à révéler Celui qui sauve des angoisses, des questionnements. Celui qui, au cœur de la nuit, veut guérir entièrement l’homme, par le don de sa vie sur la croix. Chaque messe nous pousse au service ; mais elle nous met sous la croix qui sauve et nous appelle à témoigner de cet Amour qui guérit.

3) L’Eglise appelée à sortir

Dans le 3ème moment de ce passage de St Marc, on voit Jésus « se lever, bien avant l’aube », prémices de la résurrection. Et il sort, parce qu’Il est sorti du sein du Père et envoyé dans ce monde blessé, pour le guérir. « Allons ailleurs » dit-il à ses disciples : de fait, il est sortit « pour que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (1 Tm 2,4).

Une fois de plus, nous sommes appelés à ‘sortir’, phrase clé de l’enseignement du pape. A St Romain, physiquement, nous avons été obligés de sortir de notre église, pour aller au Sel, ou dans une salle paroissiale Ne peut-on pas prendre cela, non comme une difficulté, mais comme un clin d’œil du Seigneur ? Mais alors, cette sortie géographique et symbolique doit se concrétiser par un effort missionnaire renouvelé. Un appel à sortir pour aller « dans les villages voisins », tout ceux qui, à Sèvres, ne connaissent pas le Christ ou sont indifférents. Cela demande des choix à faire, des priorités peut-être à revoir, une inventivité reçue de l’Esprit Saint. Après tout le carême tout proche arrive au bon moment pour cela !
Père Hervé Rabel

6ème dimanche du temps ordinaire ‘B’ - St R. / NDB - 11 février 2018

1) « Ne dis rien à personne » : une parole

Et pourtant, « cet homme se met à proclamer ». Secret messianique, chez St Marc, c’était la même chose dimanche dernier : « Jésus empêchait les démons de parler ». Justement, j’interrogeais des louveteaux, qui étaient devant moi : A quel moment Jésus se révèle comme Fils de Dieu ? – A la crucifixion, a répondu l’un d’eux. Superbe ! Au moment où Jésus prend sur lui la lèpre du péché, pour nous en sauver.

Un article récent d’un hebdomadaire disait : ‘Catholique, changez de logiciel !’. L’homme est en danger aujourd’hui, constatait-il mais, justement ‘encore faut-il que les chrétiens donnent l’impression de vivre une espérance’. Et d’insister : ‘Le monde du XXIè siècle peut paraître redoutable et, de fait, il l’est : mais c’est dans ce monde-là que Dieu nous demande d’être ses témoin’. « Cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle ». Nous sommes le dernier dimanche du temps dit ‘ordinaire’, c’est-à-dire du temps ‘ordonné’ à la venue du Christ : comment sommes-nous habités par cette espérance ?

2) Devant ce lépreux, le Christ est « saisi de compassion » : une attitude

Toujours dans cet article, l’un des intervenants demande que nous, chrétiens, nous sachions « ’exhorter nos contemporains à adopter un autre regard sur le fœtus, le pauvre, le réfugié, mais aussi travailler avec la société, telle qu’elle est’. Lundi dernier, sur KTO, il y avait ce film superbe ‘Gaspard, soldats de l’amour’ : cet enfant destiné à mourir, d’une maladie incurable, et sa famille dont l’épreuve est transfigurée par l’espérance du Ciel.

Le Christ est « saisi de compassion » : je pense à ce sacrement des malades que j’ai donné il y a 8 jours, à une personne mourante. Elle a ouvert les yeux, m’a serré la main et sa famille me disant : on sent qu’elle est plus en paix. Bien sûr, nous sommes minoritaires, bien sûr, l’homme est en danger, mais ne sommes-nous pas, de ce fait, appelés à une qualité du regard. Les parents de Gaspard disait : nous ne nous interrogeons pas sur le ‘pourquoi’, mais sur le comment’ : comment permettre à ce petit garçon de garder toute sa dignité, dans le délabrement progressif de tout son être ? Comment permettre à chacun de réaliser qu’il est digne ?

3) « Imitez-moi, comme moi aussi j’imite le Christ » : une invitation

On se dit quelquefois : St Paul, quel toupet ! Et pourtant, le baptisé doit être une facette du visage du Seigneur, aujourd’hui. Toujours dans cet article de l’hebdomadaire, une question : ‘Comment aider nos contemporains à découvrir, non ‘les valeurs des cathos’, dont tout le monde se fiche, mais la personne du Christ, qui bouscule toutes les valeurs ?’.

Lundi, je célébrais les obsèques de Santiago, mort à 2 mois. Une famille sous le choc, parce que ce petit bonhomme s’état battu, parce que ses parents s’étaient battus. Une famille digne, pas vraiment proche d’une vie paroissiale. Et ma question, lors de cette célébration c’était : comment leur permettre de réaliser ce petit garçon est dans les bras de Jésus, comment Jésus est aujourd’hui à leur côté, comment le Seigneur est aujourd’hui le lien entre Santiago et eux ? « De partout cependant on venait vers lui » dit St Marc.
Fin du temps ordinaire, dans 3 jours le carême : renouveler notre espérance, être attentif à la dignité du plus fragile, révéler la personne du Christ « saisi de compassion » : n’est-ce pas un beau programme de carême ?

Père Hervé Rabel


Cendres 2018

1) Une invitation : entrer dans l’action de grâce

Comme l’écrit Joël, il s’agit de « sortir de sa maison… quitter sa chambre ». Et St Paul insiste : « Le voici maintenant, le moment favorable ». Sortir… quitter… pour faire quoi ? Mais pour se tourner vers le Seigneur et lui demander : « Rends-moi la joie d’être sauvé ». Réaliser que le source de la vraie joie, c’est Lui, et sa promesse de salut.

Parce qu’on parle de ‘face de carême’, ce temps liturgique a toujours un connotation négative. Mais c’est d’abord un temps ecclésial, où l’on doit s’entraider – ne serait-ce que par la prière – dans la communion des saints. Voyez Joël : « réunissez le peuple, tenez une assemblée sainte ». Parce que c’est comme cela que « le Seigneur a eu pitié de son peuple ». Ne sommes-nous pas, comme le rappelle St Paul, des « coopérateurs de Dieu » ? Nous entraider à entrer dans cette joie d’être sauvés. Peut être chaque matin, en ce temps de carême, se lever en rendant grâce, et en priant pour notre communauté de Sèvres…

2) Un écueil : prendre des ‘résolutions’

Pourquoi ? Parce que, d’abord, on ne les tient pas, d’où culpabilité, tristesse… Mais surtout parce qu’en prenant des résolutions, on part de soi-même, de ce que l’on pense être bon pour nous. Or il s’agit de tout le contraire : il faut entrer dans le projet de Dieu. « Revenez à moi… revenez au Seigneur », insiste Joël. Le but du carême, ce n’est pas une victoire à la force des poignets, mais l’humble accueil de Dieu qui, comme le dit Joël « pourrait revenir »…

Il faut donc partir de la grâce, accueillir le don d Dieu, « ne pas laisser sans effet la grâce reçue de lui » nous dit St Paul. Se rappeler la grâce de notre baptême, qu’il faut recevoir, jour après jour. Peut être, dans notre prière quotidienne, demander à Dieu : ‘Permets-moi de mieux comprendre ton projet sur moi…’ et de l’accueillir avec reconnaissance.

3) Un programme : entrer dans le secret de Dieu

« Crée en moi un cœur pur… raffermis au fond de moi mon esprit » dit le psaume. Il s’agit donc d’aller au plus profond de soi-même, là où Dieu a fait sa demeure. Vous avez remarqué, dans l’évangile : 6 fois le mot ‘secret’. Invitation à aller à la rencontre de Dieu, dont le secret, comme le souligne Joël, est d’être « tendre et miséricordieux »

Mais finalement, ce secret, il a pris visage humain : le secret d Dieu, qu’il nous faut rejoindre, c‘est le Christ. Et l’objectif de tout carême, c’est nous permettre d’être ‘christifié’, d’accueillir notre adoption filiale, notre ressemblance avec le Seigneur. Bref, de vivre pleinement notre baptême. Peut-être, en ce temps liturgique qui commence, nous centrer plus fortement sur le Christ, dont nous avons à être « les ambassadeurs », nous rappelle St Paul. Aujourd’hui, c’est la St Valentin, la fête des amoureux : Dieu est amoureux de chacun de nous : n’est-ce pas cet amour qu’il convient de redécouvrir tout au long de ce carême ?
Père Hervé Rabel

1er dimanche de carême ‘B’ - St Romain - 18 février 2018

Oraison d’ouverture : ‘Accorde-nous, Dieu tout puissant, tout au long de ce carême, de progresser dans la connaissance de Jésus-Christ et de nous ouvrir à Sa lumière par une vie de plus en plus fidèle’.

1) Progresser dans la connaissance de Jésus-Christ…

On n’a jamais fini de connaitre un conjoint, ou un ami. C’est la même chose avec Notre-Seigneur. Connaître, cela fait penser à épouser. Il y a aussi cette idée de ‘naître avec’. L’époux nait avec, par son épouse, l’ami avec, par son ami… Belle perspective : se laisser transformer au plus profond de soi-même, se laisser grandir, prendre toute sa dimension.

L’objectif de tout carême, ce n’est pas d’abord éviter, pas d’abord renoncer, faire tel ou tel effort. Ce n’est pas un ‘moins’, mais un ‘plus’. Non pas lutter contre, avec le risque de se centrer sur soi-même, de vouloir se dépasser, mais bien de se laisser faire, transformer. Mais attention, on n’est pas passif, il y a un acte de volonté : Ste Thérèse de Lisieux écrivait : ‘Je veux chercher le moyen d’aller au Ciel par une petit voix […]. Il faut que je reste petite, que je le devienne de plus en plus’. Tout le contraire de la passivité !

2) … nous ouvrir à Sa lumière…

St Pierre nous rappelle que le Christ a été « vivifié par l’Esprit », qu’il a été envahi par l’Esprit. Pour qu’à travers son humanité, notre humanité soit, elle aussi, envahie par la lumière de l’Esprit. On est pauvres, hésitants. Quelle route prendre ? Quel choix faire ? L’objectif de tout carême, c’est de ressembler à Jésus, en nous laissant modeler par l’Esprit et répondre ainsi à l’ordre du Seigneur : « Vous êtes la lumière du monde ».

« Aussitôt, l’Esprit le pousse au désert » dit l’évangile. Au désert, le Christ a combattu avant nous et il a été victorieux. L’oraison d’ouverture du mercredi des Cendres parlait de ‘notre entraînement au combat spirituel’. Ce carême reste un combat, il ne faut pas se leurrer. D’ailleurs, on le voit bien, l’évangile précise l’arrière-fond : « Après l’arrestation de Jean ». Temps de grande violence. Prions l’Esprit de discernement et de force, qu’il nous permettre de voir là où est notre péché, de voir tout ce qui nous empêche d’être libre, de lutter contre toute violence.

3) … par une vie de plus en plus fidèle.

L’objectif du carême, c’est de laisser le Christ grandir en nous, prendre toute sa place. Le moyen, c’est de se laisser façonner par l’Esprit, et pour cela, le prier. Inlassablement. C’est pour cela que ce qui nous est demandé, c’est la fidélité. Parc que « c’est par la persévérance que vous obtiendrez la vie » dit Jésus (Lc 12). Le Christ a été fidèle au Père pendant 40 jours, qui résument en réalité toute sa vie. Et il nous appelle à la fidélité.

Dans la 1re lecture, 5 fois le mot ‘alliance’ ; comme le dirait Zundel, il s’agit, en ce carême, de ‘fermer l’anneau d’or des fiançailles éternelles’, signe de la fidélité des époux. En ce 1er dimanche, il n’est pas trop tard : prions fidèlement le St Esprit, ouvrons-nous à sa lumière, pour qu’il nous donne la force de mener le bon combat, celui de l’honneur de Dieu qui, inextricablement, est celui de l’honneur de l’homme, créé et racheté par le sang précieux de celui qui nous appelle au festin des épousailles.
Père Hervé Rabel

2ème dimanche de carême ‘B’ - St Romain - 25 février 2018

1) Le temps du carême est un temps orienté

Parce qu’il nous conduit à la résurrection ! On le voit avec le sacrifice d’Isaac : ce qui est important, c’est que ce fils unique annonce Jésus, immolé pour notre salut, mais dont la vie va finalement triompher. Le bélier « offert en holocauste » prophétise l’Agneau de Dieu. Et, comme s’écrie St Paul : « Bien plus, il est ressuscité ! ». C’est l’essentiel : la vie a le dernier mot, ce qui est la leçon de l’épisode d’Abraham. Et la transfiguration, c’est bien ce mystère du Christ qui commence à se dévoiler, à travers cette humanité, comme irradiée par la divinité sous-jacente. .

Ce qui veut dire que ce temps du carême, c’est d’abord un long moment d’action de grâce, ou plutôt une gestation de l’alléluia qui éclatera à Pâques. Il s’agit pour nous de nous remémorer tous les bienfaits de Dieu, qui culmineront à Jérusalem. C’est pourquoi sont évoqués ce dimanche Abraham, mais aussi, dans l’évangile, Moïse et Elie qui condensent toute l’Ecriture. Il y a donc pour nous à comprendre toute la cohérence de la Révélation, en scrutant d’une manière plus attentive l’Ecriture, celle qui nous est proposée pendant ces 40 jours.

2) Mais le temps du carême est également un temps particulier

« Me voici » : c’est la réponse ferme et résolue d’Abraham à l’appel de Dieu ; pareillement, les 3 disciples suivent Jésus, avec la même résolution. Que ce soit le premier, comme les 3 autres, ces hommes s’abandonnent dans la confiance. Ils ne prennent pas initiative, mais répondent volontiers à un appel. Et dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament, ils arrivent sur cette montagne, signe de la présence de Dieu, de l’intimité avec le Seigneur.

Bref, le carême, c’est un temps de « mise à l’épreuve ». On pourrait être découragé, voire renoncer, mais l’Ecriture nous rappelle que c’est un temps de combat. D’ailleurs, Pierre, Jacques et Jean, ce seront les 3 disciples mentionnés par St Marc lors de l’agonie. Et l’épisode de la Transfiguration se situe bien entre 2 annonces de la Passion. Oui, temps de combat, mais, comme le rappelle St Paul : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? ». Alors, sommes-nous décidés à répondre à l’appel du Seigneur ?

3) Enfin, ce temps de carême est un temps limité

Après ce bref moment, les disciples « redescendent de la montagne ». Contrairement à St Matthieu et St Luc, St Marc note que « les vêtements de Jésus étaient devenus éblouissants » : cette transfiguration ne concerne pas seulement la personne du Christ ; elle est appelée à envahir toute la création. Les disciples quittent la montagne, car une mission les attend. Il y a une mission qui les attend : celle d’annoncer au monde qu’il est en puissance de transfiguration. « Toute la création jusqu’à ce jour gémit en travail d’enfantement » rappellera St Paul aux Romains. Et, de même, prophétiquement, Abraham est appelé à être source de bénédictions.

Le carême est là pour nous rappeler que le Christ est notre vie, qu’il s’agit d’un réel combat spirituel, mais pas pour être seulement disciples, mais bien pour être disciple-missionnaire. Comme l’écrit St Paul, il y a « ceux que Dieu a choisis », gratuitement, sans aucun mérite de notre part. Cela n’évite pas les questionnements, on le voit à la fin de l’évangile pour les 3 disciples, mais ceux-ci « restent fermement attachés à la parole du Christ ». Que ce temps qui nous sépare de Pâques nous attache encore plus fermement au Seigneur, pour fêter dignement la Résurrection.

Père Hervé Rabel

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