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      Homélies de janvier 2018

Homélies de janvier 2018

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  • 22 janvier 2018

Epiphanie et temps ordinaire


Epiphanie 2018 - Saint-Romain

1) Les mages regagnent leur pays « par un autre chemin »

C’est l’essentiel du message. Notez qu’ils repartent vers « leur pays » : ils ne vont pas déserter, ils ne vont pas vers un pays imaginaire, rêvé, espéré… Ce pays, c’était celui des astrologues : ne sont-ils pas appelés « mages » ? Bien sûr, ils ne veulent pas affronter Hérode mais, plus profondément, exactement comme Abraham, ou comme saint Joseph, leur projet initial est complètement bouleversé. Ils suivaient une étoile, c’est bien logique en tant qu’astrologues. Mais tout va être changé par une rencontre…

Et nous ? Il ne nous est pas demandé de quitter notre pays, notre devoir d’état ; il ne s’agit pas non plus de s’abriter derrière une forteresse : il faut vivre dans le monde, mais pas du monde, car il faut nous aussi être transformé par une rencontre. Cela tombe bien, avec ce début d’année ! Une invitation à ne pas être bloqué sur nos certitudes, nos habitudes, nos ronronnements, voire nos découragements, nos peurs, nos angoisses.

2) Mais pour quelles raisons reprennent-ils cet « autre chemin » ?

Ils sont sortis eux aussi, comme Abraham. Ils sont des chercheurs de Dieu, allant jusqu’à affronter les puissants, les soi-disant savants, le politiquement et religieusement correct. Et, pour eux, la Parole de Dieu devient la véritable lumière, qui remplace l’étoile. Leur vie va être éclairée, quant à la direction à prendre. Et la Parole va les guider jusqu’à la Présence, la Parole faire chair.

Ces mages sont sortis de leurs esclavages – l’astrologie -. Ils ont osé. Et nous ? Quel sont nos esclavages ? Le seul souhait, en ce début d’année, c’est de devenir libre de la liberté des enfants de Dieu. Lisons-nous la Parole, pour y discerner la route à suivre ? Osons-nous aller à contre-courant, affronter la chape de plomb de l’idéologiquement correct ?
Les mages « ouvrent leurs coffrets » : ils se débarrassent de ce qui les encombre, pour aller à l’essentiel. Finalement, sommes-nous vraiment dans le monde, sans être du monde : ne sommes-nous pas plus ou moins anesthésiés ; Un souhait peut-être : vivre différemment, nous démarquer sur tel ou tel point. Un récent sondage montre que les français plébiscitent maintenant la GPA : devant le rouleau compresseur, avons-nous pris le temps de nous interroger sur nos comportements. Est-ce que nous rendons compte de notre espérance ?

3) Finalement, cet « autre chemin » : quel est-il ?

Les mages voulaient se prosterner et, de fait, ils le feront, mais pas devant les idoles du jour ! Devant le seul qu’on doit adorer ! Ils passent de l’astrologie, de l’adoration des étoiles à celle du vrai Dieu. Voyez l’actualité de cet épisode, aujourd’hui que la disparition de Dieu permet tous les comportements les plus inhumains. Au lieu d’un petit bonheur éphémère, ils vont « éprouver une très grande joie », celle de participer à la joie de la Ste Trinité. L’effervescence autour de ces ‘fêtes de fin d’année’, comme on les nomme, n’est-elle pas le signe de la recherche d’autre chose, d’une « très grande joie » ?

Alor : à nous d’en vivre et de l’annoncer ! Nous avons ce trésor à donner à un monde qui devint glacial : la joie de Dieu qui se fait homme. Peut-être le seul vœu à faire : oser déposer tout ce qui nous embarrasse, nous gène, et prendre résolument le seul chemin vital : le Christ. Seulement voilà, il faut accepter de se bouger, de changer nos habitudes, mais aussi d’avoir le courage de la foi. Le seul vœu, en ce début d’année, si on veut être disciple : faire passer le Christ en premier. Sortir de cette démesure sans limites, accepter de « se prosterner », c’est-à-dire de se mettre au niveau de celui qui s’est fait serviteur à la crèche et à la croix et, aujourd’hui, dans l’eucharistie.
Père Hervé Rabel

2ème dimanche du temps ordinaire B - St Romain/NDB - 14 janvier 2018

1) Question de regards. Jean-Baptiste « pose son regard sur Jésus ».

Avec cette expression étonnante : « Jésus qui allait et venait ». Cela signifie que Jésus marchait. Dans les évangiles, Jésus enseigne, guérit, mais surtout il ne cesse de marcher. Et beaucoup ne le reconnaissent pas : on le prend pour un homme un peu étonnant, ou un guérisseur. Voyez les disciples d’Emmaüs : Jésus marche à côté d’eux, mais ils ne le reconnaissent nullement. Jean-Baptiste, lui, pourtant très entouré de disciples et d’une foule nombreuse, discerne qui est Jésus : « Voici l’Agneau de Dieu », le Serviteur souffrant, qui va sauver Israël.

Aujourd’hui, le Christ est toujours là, il marche à nos côtés, puis qu’il est avec nous jusqu’à la fin du monde, selon la finale de St Matthieu. Il est toujours présent… mais c’est nous qui ne sommes pas présents ! Occupés par mille choses. Jean-Baptiste « pose son regard » : il prend le temps et, du coup, devient témoin. N’est-ce pas une invitation à prendre le temps pour comprendre que le Christ nous accompagne pour nous donner « la vie en abondance » ?

2) Jésus « voit » les deux disciples qui le suivent

Pour cela, il « se retourne » précise l’évangile. Curieuse expression, également. On la retrouve dans de nombreux autres passages, souvent lors de moments importants. Jésus marche, mais là, il s’arrête dans un face-à-face, un questionnement. En tout cas, une invitation, de sa part, à entrer en dialogue, ce qui se passe dans cet évangile.

Prendre le temps, pour comprendre qui est le Christ, mais aussi pour écouter sa question : « Que cherchez-vous ? ». Et son invitation : « Venez, et vous verrez ». Comme pour Abraham, il ne dit pas : « Venez à tel endroit », mais « Suivez-moi, faites-moi confiance ». Acceptons-nous de vivre cette aventure de la foi, en suivant le Christ, sans bien savoir souvent où cela nous conduira. « Toi, suis-moi », dira-t-il à Pierre après la résurrection… Une invitation à aller plus profondément dans le mystère du Christ.

3) Enfin, à son tour, « Jésus pose son regard sur Simon-Pierre ».

Ce regard de Jésus sur une personne, on le retrouve dan les évangiles, ainsi pour l’homme riche : « Jésus fixa son regard sur lui et l’aima » précise St Marc. Là, une personne particulière est appelée à comprendre que le Christ vient révéler que Dieu est Amour. Pour chacun. Du coup, les disciples « restèrent auprès de lui » et St Jean, l’un des deux disciples, en a été tellement marqué qu’il se souvient de l’heure : « C’était vers la 10ème heure ».

Si l’on accepte de vivre avec confiance l’aventure de la foi, si on accepter d’aller là où le Seigneur nous conduira, alors le Christ se dévoile entièrement, comme le Dieu qui nous aime, le visage du Père miséricordieux. Mais aussi, on le voit à la fin de cet évangile, il nous rend disciple « Nous avons trouvé le Messie » et change notre être en profondeur, nous donnant une mission précise : « Tu es Simon… tu t’appelleras Pierre ». On voit dans cet évangile naître la future Eglise : ensemble, vivre cette aventure de la foi et devenir témoins de l’Amour de Dieu. C’est cela, la mission de l’Eglise…
Père Hervé Rabel

3ème dimanche du temps ordinaire ‘B’ - St Romain/NDB - 21.01.2018

1) Trois verbes : écouter
Il s’agit de l’appel des premiers disciples. Leurs noms nous donnent les dispositions pour répondre : et d’abord Simon, ‘celui qui écoute’. Ensuite André, l’homme, celui qui doit faire mémoire des merveilles de Dieu ; ensuit Jacques, celui qui accepte de se faire redresser et enfin Jean, celui qui témoigne que Dieu fait grâce.
Si l’on veut répondre à l’appel du Christ, il y a ces 4 préalables : écouter, se souvenir des merveilles de Dieu déjà réalisées dans nos vies et accepter d se laisser convertir . Pour cela, je pense que faire silence est indispensable. Et de + en +. Devant les ravages envahissants des média, on ne s’écoute plus, on n’écoute plus, on ne pose plus pour écouter cet appel imperceptible, ténu, du Seigneur. Peut-être lire – ou relire – l’ouvrage du cardinal Sarah : ‘La force du silence’ qui a comme sous-titre ‘Contre la dictature du bruit’. La vie intérieure, la grande victime d’aujourd’hui, où l’émotion d’un instant a remplacé la solidité du présent, du présent où Dieu réside…

2) Suivre
Après Abraham qui part, sans savoir où Dieu va le conduire, après Joseph, qui accepte de changer son projet, après les mages, qui vont suivre un autre chemin, celui du Christ, voici les 4 premiers disciples : « ils le suivirent… ils partirent à sa suite ». Dimanche dernier, selon St Jean, c’était : « Venez, et vous verrez ». Bref, il s’agit soit de s’agripper à des certitudes, des habitudes, soit accepter de vivre une aventure.
Alors, qu’en est-il de notre relation au Christ : une vague morale, et encore bien influencée par les mœurs actuelles ? Ou encore des habitudes pieuses qui rythment notre vie, sans imprévus ? Ou bien alors ce désir de le suivre, là où il nous mènera, sachant que ce sera le bon choix pour nous. Nous laisser faire par la Providence, tout en en discernant les signes par la lecture de la Parole, ou encore d’un livre, d’un article. Ou bien par le partage avec d’autres chrétiens. Une question : combien de temps passons-nous par jour et devant la télévision et devant la Bible ? Bref, il nous faut un sursaut de conscience, pour comprendre notre temps, conscience éclairée par le Christ et la Révélation.

3) Laisser

Le début de St Marc est rythmé par l’adverbe ‘aussitôt’ et, dans notre passage d’évangile, il apparaît 2 fois. Il s’agit d se hâter ; d’ailleurs, St Paul le souligne : « le temps est limité ». Pourquoi ? Parce qu’il est urgent d’annoncer l’amour du Père, dans un temps de violence : rappelons-nous que notre passage commence par « Après l’arrestation de Jean le Baptiste… ». L’époque du Christ est un moment terriblement violent…. Exactement comme la nôtre ! L’annonce de l’Evangile de Dieu, du règne de Dieu, urge et nous oblige à laisser, à faire des choix, à aller à l’essentiel.
Ce dimanche, a lieu la 12ème Marche pour la vie et, jeudi dernier, s’ouvraient les Etats-Généraux d la bioéthique : PMA, fin de vie, GPA… : comprendre les enjeux de notre temps. Mais peut-être, encore plus profondément, je lisais un entretien avec Frédéric Beigbeder, qui sort son dernier livre ‘Une vie sans fin’. Il note 3 étapes vers ce qu’il appelle la société sinistre : la 1re, c’est l’avènement de la société de consommation, après-guerre ; la 2nde, c’est la révolution numérique – nous y sommes. Et la 3ème, c’est la révolution transhumaniste : nous y sommes presque. Lundi dernier, dans un entretien à La Croix, Mgr Aupetit soulignait : ‘Ce qui nous fait humain, c’est la capacité d’accompagner les plus faibles et de leur laisser une place aussi digne que les plus forts… Quelle société voulons-nous construire ?’ Le temps est donc limité pour écouter le Christ, accepter de le suivre et, face à l’homme qui veut se faire Dieu, annoncer Dieu qui s’est fait homme, pour nous humaniser, humaniser notre société et nous rendre semblable à Lui.
Père Hervé Rabel

4ème dimanche du temps ordinaire ‘B’ - St Romain - 28 janvier 2018

1) Trois lieux : Capharnaüm.

C’est la suite de l’évangile de dimanche dernier ; nous sommes au tout début du ministère public du Christ et cette guérison a lieu à Capharnaüm. Le nom est important, puisqu’il veut dire, en hébreu : ‘consolation’. Rappelons-nous Isaïe (40, s.) ‘Le Livre de la Consolation’ : « Consolez, consolez mon peuple ». Cette prophétie, elle s’accomplit avec le Christ. Toujours en Isaïe, un peu plus loin (40,10) : « Voici le Seigneur : il vient avec puissance ».

On le remarque, les disciples sont bien présents, mais ils ne font rien ; ils sont inactifs. Cependant – autre remarque – on passe insensiblement de « la synagogue » à « leur synagogue » : l’Eglise est en train de naître. Aujourd’hui, nous sommes dans une époque très dure ; beaucoup sont stressés et puis, il y a toute cette violence… Alors, laissons-nous consoler par le Christ, pour devenir à notre tour des consolateurs. Dans les Béatitudes, ne dit-on pas « Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés » (Mt 5,5) ? Nos contemporains ont besoin qu’on leur annonce cette douceur de Dieu.

2) Le 2ème lieu, c’est : la synagogue.

C’est le lieu où l’on se rassemble, pour écouter la Parole de Dieu et pour prier. La 1re consolation que le Christ apporte : c’est chasser l’esprit impur, qui empêche cet homme d’écouter et de prier. Et dans ce lieu, on le voit, Jésus parle « avec autorité » ce qui, étymologiquement, signifie : ‘faire grandir’.

Aujourd’hui, l’homme risque d’être réduit à la seule dimension de consommateur. Où trouve-t-il le temps d’écouter, dans le silence, et de prier ? Le transhumanisme rêve d’un homme augmenté ; nous avons plutôt de nos jours un homme diminué, réduit à ses seules fonctions biologiques. Récemment, à l’occasion du sommet de Davos, le pape dénonçait ‘Les modes de vie égoïstes marqués par une opulence qui n’est pas durable et indifférente au sort des plus pauvres’. Nous avons donc à annoncer un Dieu qui fait grandir, qui veut rendre à l’homme toutes ses dimensions, qui veut surtout lui redonner sa dimension première d’être spirituel : la prière et la louange. Mais encore faut-il que nous même résistions à l’appel des sirènes consuméristes et gardions du temps pour l’écoute, la prière dans le silence et la louange.

3) Le 3ème et dernier lieu, c’est la Galilée.

Les débuts du ministère public de Jésus, en St Marc, se passent en Galilée, ce n’est pas pour rien : la Galilée, on le sait, c’est un pays mêlé, où tous les peuples, toutes les croyances, se côtoient. Cette première guérison, elle est le signe que Jésus est venu pour tous : juifs et païens. Rappelons-nous, en St Jean (10,10) : « Je suis venu pour que les hommes aient la vie, et qu’ils l’aient en abondance ». Le projet du Christ, c’est de permettre à chacun d’avoir la vie en abondance, la vie éternelle.

Aujourd’hui, ne sommes-nous pas en Galilée, cette ‘Galilée des gentils’, comme la nommaient les gens de Judée : la ‘poubelle du pays’, ce lieu de passage, avec de nombreux étrangers. Le Christ, par son incarnation, n’a-t-il pas voulu plonger dans notre misère ? Mais la Galilée, c’est également le lieu du dévoilement, où les nations vont pouvoir entendre parler de la Bonne Nouvelle. Nous y sommes, justement ! Les disciples sont, apparemment, inopérants dans ce passage, ils sont spectateurs. Mais aujourd’hui, alors que l’Eglise est née, il s’agit d’agir. Il s’agit pour nous, non pas de nous renfermer dans une forteresse de purs, mais de révéler à nos contemporains ce Dieu consolateur, qui veut faire grandir chacun dans sa véritable dimension. N’est-ce pas un magnifique enjeu pour nous, pour notre paroisse ? Mais aussi une urgence !
Père Hervé Rabel

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