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      Homélies de janvier 2018

Homélies de janvier 2018

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  • 8 janvier 2018

Epiphanie et temps ordinaire


Epiphanie 2018 - Saint-Romain

1) Les mages regagnent leur pays « par un autre chemin »

C’est l’essentiel du message. Notez qu’ils repartent vers « leur pays » : ils ne vont pas déserter, ils ne vont pas vers un pays imaginaire, rêvé, espéré… Ce pays, c’était celui des astrologues : ne sont-ils pas appelés « mages » ? Bien sûr, ils ne veulent pas affronter Hérode mais, plus profondément, exactement comme Abraham, ou comme saint Joseph, leur projet initial est complètement bouleversé. Ils suivaient une étoile, c’est bien logique en tant qu’astrologues. Mais tout va être changé par une rencontre…

Et nous ? Il ne nous est pas demandé de quitter notre pays, notre devoir d’état ; il ne s’agit pas non plus de s’abriter derrière une forteresse : il faut vivre dans le monde, mais pas du monde, car il faut nous aussi être transformé par une rencontre. Cela tombe bien, avec ce début d’année ! Une invitation à ne pas être bloqué sur nos certitudes, nos habitudes, nos ronronnements, voire nos découragements, nos peurs, nos angoisses.

2) Mais pour quelles raisons reprennent-ils cet « autre chemin » ?

Ils sont sortis eux aussi, comme Abraham. Ils sont des chercheurs de Dieu, allant jusqu’à affronter les puissants, les soi-disant savants, le politiquement et religieusement correct. Et, pour eux, la Parole de Dieu devient la véritable lumière, qui remplace l’étoile. Leur vie va être éclairée, quant à la direction à prendre. Et la Parole va les guider jusqu’à la Présence, la Parole faire chair.

Ces mages sont sortis de leurs esclavages – l’astrologie -. Ils ont osé. Et nous ? Quel sont nos esclavages ? Le seul souhait, en ce début d’année, c’est de devenir libre de la liberté des enfants de Dieu. Lisons-nous la Parole, pour y discerner la route à suivre ? Osons-nous aller à contre-courant, affronter la chape de plomb de l’idéologiquement correct ?
Les mages « ouvrent leurs coffrets » : ils se débarrassent de ce qui les encombre, pour aller à l’essentiel. Finalement, sommes-nous vraiment dans le monde, sans être du monde : ne sommes-nous pas plus ou moins anesthésiés ; Un souhait peut-être : vivre différemment, nous démarquer sur tel ou tel point. Un récent sondage montre que les français plébiscitent maintenant la GPA : devant le rouleau compresseur, avons-nous pris le temps de nous interroger sur nos comportements. Est-ce que nous rendons compte de notre espérance ?

3) Finalement, cet « autre chemin » : quel est-il ?

Les mages voulaient se prosterner et, de fait, ils le feront, mais pas devant les idoles du jour ! Devant le seul qu’on doit adorer ! Ils passent de l’astrologie, de l’adoration des étoiles à celle du vrai Dieu. Voyez l’actualité de cet épisode, aujourd’hui que la disparition de Dieu permet tous les comportements les plus inhumains. Au lieu d’un petit bonheur éphémère, ils vont « éprouver une très grande joie », celle de participer à la joie de la Ste Trinité. L’effervescence autour de ces ‘fêtes de fin d’année’, comme on les nomme, n’est-elle pas le signe de la recherche d’autre chose, d’une « très grande joie » ?

Alor : à nous d’en vivre et de l’annoncer ! Nous avons ce trésor à donner à un monde qui devint glacial : la joie de Dieu qui se fait homme. Peut-être le seul vœu à faire : oser déposer tout ce qui nous embarrasse, nous gène, et prendre résolument le seul chemin vital : le Christ. Seulement voilà, il faut accepter de se bouger, de changer nos habitudes, mais aussi d’avoir le courage de la foi. Le seul vœu, en ce début d’année, si on veut être disciple : faire passer le Christ en premier. Sortir de cette démesure sans limites, accepter de « se prosterner », c’est-à-dire de se mettre au niveau de celui qui s’est fait serviteur à la crèche et à la croix et, aujourd’hui, dans l’eucharistie.
Père Hervé Rabel

2ème dimanche du temps ordinaire B - St Romain/NDB - 14 janvier 2018

1) Question de regards. Jean-Baptiste « pose son regard sur Jésus ».

Avec cette expression étonnante : « Jésus qui allait et venait ». Cela signifie que Jésus marchait. Dans les évangiles, Jésus enseigne, guérit, mais surtout il ne cesse de marcher. Et beaucoup ne le reconnaissent pas : on le prend pour un homme un peu étonnant, ou un guérisseur. Voyez les disciples d’Emmaüs : Jésus marche à côté d’eux, mais ils ne le reconnaissent nullement. Jean-Baptiste, lui, pourtant très entouré de disciples et d’une foule nombreuse, discerne qui est Jésus : « Voici l’Agneau de Dieu », le Serviteur souffrant, qui va sauver Israël.

Aujourd’hui, le Christ est toujours là, il marche à nos côtés, puis qu’il est avec nous jusqu’à la fin du monde, selon la finale de St Matthieu. Il est toujours présent… mais c’est nous qui ne sommes pas présents ! Occupés par mille choses. Jean-Baptiste « pose son regard » : il prend le temps et, du coup, devient témoin. N’est-ce pas une invitation à prendre le temps pour comprendre que le Christ nous accompagne pour nous donner « la vie en abondance » ?

2) Jésus « voit » les deux disciples qui le suivent

Pour cela, il « se retourne » précise l’évangile. Curieuse expression, également. On la retrouve dans de nombreux autres passages, souvent lors de moments importants. Jésus marche, mais là, il s’arrête dans un face-à-face, un questionnement. En tout cas, une invitation, de sa part, à entrer en dialogue, ce qui se passe dans cet évangile.

Prendre le temps, pour comprendre qui est le Christ, mais aussi pour écouter sa question : « Que cherchez-vous ? ». Et son invitation : « Venez, et vous verrez ». Comme pour Abraham, il ne dit pas : « Venez à tel endroit », mais « Suivez-moi, faites-moi confiance ». Acceptons-nous de vivre cette aventure de la foi, en suivant le Christ, sans bien savoir souvent où cela nous conduira. « Toi, suis-moi », dira-t-il à Pierre après la résurrection… Une invitation à aller plus profondément dans le mystère du Christ.

3) Enfin, à son tour, « Jésus pose son regard sur Simon-Pierre ».

Ce regard de Jésus sur une personne, on le retrouve dan les évangiles, ainsi pour l’homme riche : « Jésus fixa son regard sur lui et l’aima » précise St Marc. Là, une personne particulière est appelée à comprendre que le Christ vient révéler que Dieu est Amour. Pour chacun. Du coup, les disciples « restèrent auprès de lui » et St Jean, l’un des deux disciples, en a été tellement marqué qu’il se souvient de l’heure : « C’était vers la 10ème heure ».

Si l’on accepte de vivre avec confiance l’aventure de la foi, si on accepter d’aller là où le Seigneur nous conduira, alors le Christ se dévoile entièrement, comme le Dieu qui nous aime, le visage du Père miséricordieux. Mais aussi, on le voit à la fin de cet évangile, il nous rend disciple « Nous avons trouvé le Messie » et change notre être en profondeur, nous donnant une mission précise : « Tu es Simon… tu t’appelleras Pierre ». On voit dans cet évangile naître la future Eglise : ensemble, vivre cette aventure de la foi et devenir témoins de l’Amour de Dieu. C’est cela, la mission de l’Eglise…
Père Hervé Rabel

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