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      Homélies de juin 2018

Homélies de juin 2018

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  • 11 juin 2018

Saint-Sacrement et temps ordinaire


Saint-Sacrement ‘B’ - Saint-Romain - 3 juin 2018

1) Comme un phénomène de ‘zoom’…

En effet, une série de fêtes viennent de se succéder. D’abord Pâques, la victoire du Christ ; puis l’Ascension, Jésus qui nous passe le relais. Et la Pentecôte, la force nécessaire de l’Esprit, pour travailler au Royaume. Et puis, dimanche dernier, la Ste Trinité : la révélation du mystère de Dieu, que nous avons à dévoiler. Mais la fine pointe de ce que Dieu veut nous dire, c’est cette fête du St sacrement : la messe qui condense, qui reprend tout cela. Après, on repartira dans le ’temps ordinaire’, certes pas un temps banal, mais un temps orienté, qui nous conduit vers la venue du Christ dans la gloire.

On n’ose plus dire que la messe est obligatoire. Si on comprenait, ne serait-ce qu’un peu, ce qu’elle signifie ! C’est comme si on osait dire que respirer est obligatoire ! Chaque messe nous replonge au cœur du mystère de Dieu, cette profondeur qui s’est désenveloppée depuis Pâques jusqu’à la Trinité. Avons-nous conscience que la messe condense toute la révélation pascale, qui va du Jeudi-Saint à la Pentecôte et qui nous fait entrevoir ce mystère de Dieu-Trinité., d’un Dieu qui n’est Dieu que parce qu’Il est entièrement donné ?

2) Avec une préparation bien compliquée…

Dans St Matthieu, c’est tout simple : « Allez à la ville chez un tel », dit le Christ. Ici, en St Marc, il faut trouver quelqu’un, qui conduit à un propriétaire, qui va indiquer une salle. Tout ce parcours compliqué fait référence à 2 évènements : tout d’abord l’onction du roi Saül, et puis l’entrée messianique de Jésus à Jérusalem. Ce n’est donc pas n’importe quelle Pâque ! Et dans les 2 évangiles, ce sont les disciples qui préparent cette Pâque : une action propre aux pèlerins qui devaient trouver une salle en ville, pour le responsable du groupe.

Alors, qu’est-ce que cela signifie, pour nous ? Tout d’abord cette « grande pièce » qu’évoque le Christ : il ne s’agit pas d’un lieu sacré. C’est partout où est célébré l’eucharistie que se construit le nouveau Temple. Les voûte gothiques ou romanes ne sont pas vraiment indispensables… ! Voyez le Sel : n’est-ce pas cette « grande pièce » qu’évoque le Seigneur ? Par ailleurs, ‘liturgie’ signifie action sacrée : comme avec les disciples, c’est chacun de nous qui doit préparer cette ‘grande pièce’ - et d’abord notre cœur – pour chaque eucharistie. Prenons-nous finalement le temps pour que ce soit tout notre être qui soit investi dans la messe ?

3) Enfin, il y a cette mention de la double bénédiction.

Le repas pascal juif comportait la consommation d’herbes amères : pour Jésus, ce sera la trahison de Judas, omise dans notre passage. Et les 4 coupes rituelles de vin sont ici rassemblées dans une unique coupe, celle qui suivait la bénédiction du pain et qui rappelait la rédemption du peuple. L’évangile insiste : d’abord la bénédiction du pain et, ensuite, l’action de grâce sur le vin. Double bénédiction, car la Cène est la grande introduction au mystère de la croix, où le corps et le sang seront séparés.

C’est pourquoi qu’à la messe il n’y a pas qu’une consécration, mais une double consécration : d’abord le pain puis ensuite le vin. Car c’est l’unique sacrifice de la croix, où corps et sang sont séparés, qui est rendu présent. Ou plutôt, les 2000 ans étant abolis, c’est nous qui devenons contemporains de l’unique sacrifice du Calvaire ; nous sommes dans la même situation que la Vierge et St Jean, sauf que le sacrifice à la messe est actualisé d’une manière non sanglante. C’est la présence corporelle du Seigneur, maintenant dans la gloire. N’y a-t-il pas là matière à approfondissement de ce que la messe signifie ?
Père Hervé Rabel

10ème dim. tps ord. - St Romain et ND des Bruyères - (1res communions) 10.06.2018

1) « Où es-tu donc ? »
Difficile de savoir qui est Dieu ? Avec ce texte du tout début de la Bible : Dieu, c’est quelqu’un qui nous recherche. Pourquoi ? Mais parce qu’Il nous aime ! Un peu comme des parents qui perdent de vue leur enfant : ‘Où est-il ?’ Beaucoup d’amour, un peu d’anxiété… Tout l’Ancien Testament : Dieu qui va à notre recherche. Et c’est Jésus qui répondra : « Me voici ! ». Dans la 1re lecture et l’évangile, on parle du serpent, de Satan : quelqu’un qui est là pour qu’on n’entende pas la voix de Dieu.
Alors, pour nous ? Cela signifie que chacun est important pour Dieu, chacun est unique, comme chaque enfant est unique pour ses parents. Adam – et c’est un peu chacun de nous – a eu peur et s’est caché. Quel dommage ! On a vraiment à entendre cette voix : « Où es-tu ? ». La messe c’est justement ce moment où l’on essaye de faire silence -pas facile aujourd’hui ! – pour entendre Dieu nous dire : ‘Je t’aime, tu es important à mes yeux’.

2) Dieu à notre recherche, mais… à nous de l’accueillir !
On voit bien, dans l’évangile, les gens ne comprennent pas que Jésus, c’est Dieu qui vient à notre rencontre, même « les gens de chez lui ». Bien plus : sa mère et ses frères (c’est-à-dire ses cousins) ! Avec un détail important : ils « sont là, dehors ». C’est -à-dire qu’ils ne comprennent pas que, pour rencontrer Dieu, il ne faut pas rester dehors, mais bien réaliser qu’Il est au plus profond de notre cœur. Ils le cherchent au-dehors, alors qu’Il est au-dedans…
Mais il y a aussi la foule « assise autour de Jésus… assise en cercle autour de lui ». Mais, est-ce qu’à la messe, ce n’est pas exactement la même chose ? Nous ne sommes pas ‘au-dehors’ mais le plus proche possible de Jésus. Et, avec Jésus, nous pouvons alors répondre à Dieu : ‘Je suis là, mon Dieu, pour, avec Jésus, répondre à ton amour’. A la messe, avec Jésus, nous répondons à la question posée à Adam : « Où es-tu donc ? ». C’est vrai que, pour cela, il faut prendre du temps, faire silence… Mais ça vaut la peine puisque, ainsi, nous pouvons faire la joie de Dieu !

3) Mais, finalement, pourquoi celui qu’on appelle ‘Dieu’ est-il à notre recherche ?
La réponse est dans l’évangile : Dieu, le Père, souhaite avoir beaucoup de frères, de sœurs de Jésus. Il souhaite avoir une multitude de fils et de filles. Imaginons un petit enfant perdu dans une grande surface : ses parents sont à sa recherche. Lorsqu’ils le retrouvent, celui-ci se jette dans leurs bras et la joie des parents est immense.
Bien plus, ce papa, cette maman, ils vont dire à l’enfant : ‘Maintenant, on ne se quitte plus, tu seras toujours avec nous et nous avec toi’. C’est ce que dit St Paul dans la 2ème lecture : Dieu « nous ressuscitera, nous aussi, avec Jésus, et il nous placera près de lui ». Etre près de Jésus, pour toujours, sur cette terre bien sûr, mais même après notre mort. « Nous avons une demeure éternelle dans les cieux » écrit St Paul. A la messe, c’est être tout près de Jésus, c’est faire la joie de Dieu, c’est entre apercevoir cette joie parfaite que nous aurons lorsque nous serons tous réunis autour de Jésus, au Ciel.

Père Hervé Rabel

11ème dimanche du temps ordinaire ‘B’ Saint-Romain - 17 juin 2018

1) Dans la Parole de Dieu de ce jour, il est d’abord question de confiance
Cet homme qui « jette en terre la semence » c’est le Christ, qui a pleinement confiance dans ce qu’il a semé. Il sait qu’il y a en chaque homme un peu de bonne terre où cette semence va pouvoir germer et grandir. Il sait que le projet du Père va réussir et veut nous y associer. Pour ce qui est de la « graine de moutarde », c’est un écho du songe de Nabuchodonosor, dans le Livre de Daniel : la puissance du Royaume est à l’œuvre.
Cependant, à cette confiance du Seigneur, doit répondre notre propre confiance : « Nous gardons toujours confiance… oui, nous avons confiance » souligne St Paul. Avec, en filigrane, cette victoire annoncée par Ezéchiel : « Elle deviendra un cèdre magnifique ». Rappelons-nous que nous sommes dans le ‘temps ordinaire’, nullement banal, mais ‘ordonné’ à une fin, qui est ce Royaume, pleinement réalisé.

2) Il est également question de patience
Dieu est patient ; on le voit avec cette prophétie messianique d’Ezéchiel : cette jeune tige, plantée sur la haute montagne d’Israël, c’est Jésus, élevé sur la montagne du Calvaire. Cet arbre sec qui reverdit, c’est l’arbre de la croix. Toute l’obstination de Dieu, qui, à travers les refus successifs du peuple, en arrivera au « Oui, je suis venu pour faire Ta volonté » du Christ.
Mais si Dieu est patient, nous avons à l’être, nous aussi ! Mais attention, la patience n’est pas l’assoupissement ! Malgré et peut-être à cause de tous les aléas – et Dieu sait qu’ils sont nombreux – il nous est demandé de rester en éveil. Parce que, comme le dit le pape : ‘le temps est supérieur à l’espace’. D’où l’appel à l’action de grâce du psaume : « Qu’il est bon de rendre grâce au Seigneur » ! Dans une société du ‘tout, tout de suite’, il nous est demandé la patience, cette humilité d’accueillir, et non de prendre…

3) Il est enfin question d’espérance
« Jésus leur annonçait la Parole, dans la mesure où ils étaient capables de l’entendre ». Que veut dire « entendre » ? La réponse est à chercher dans le verset qui précède notre passage d’évangile : « celui qui n’a pas, on lui enlèvera même ce qu’il a ». Ce que chacun possède, c’est cette capacité à entrer dans la logique du Royaume. Encore faut-il le faire. « Nous cheminons dans la foi, non dans la claire vision » insiste St Paul. Il y a vraiment un appel à intérioriser, à faire confiance, à prendre patience…
Oui, un appel à entrer dans la logique déroutante du Royaume : rappelons-nous le pape, dans sa récente exhortation : ‘Dieu est toujours une surprise […] toujours une nouveauté […]. Il va toujours au-delà de nos schémas’. Un appel aussi au courage, car il y aurait tant de motifs de découragement ! St Paul parle de « notre ambition » : soyons ambitieux, car le Christ nous fait la grâce d’être ses collaborateurs dans la croissance du Royaume. Comme toujours, c’est un appel à être disciples, mais disciples/missionnaires.

Père Hervé Rabel

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