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      Homélies de mars 2018

Homélies de mars 2018

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  • 11 mars 2018

3ème dimanche de carême ‘B’ - St Romain - 4 mars 2018

1) « Les disciples crurent… beaucoup crurent ». Croire : c’est d’abord accepter d’être désinstallé

Croire… et non ‘avoir la foi’ : la foi n’est pas une propriété ! Pourquoi ce geste symbolique du Christ, fait pour marquer les esprits ? Parce qu’ « il les trouva installés ». Installés ! Avec leurs petites habitudes, ne voulant surtout pas être dérangés. Or, « la Pâque juive était proche », signe, justement, de passage, de mouvement. Et Jésus, lui, « monte à Jérusalem », il marche, il a toujours marché, ne s’est jamais installé…

On vient de m’offrir un tout petit livre, au titre superbe : ‘L’intranquillité’ et la Parole de Dieu de ce dimanche, c’est exactement cela : croire, c’est renoncer à une religion tranquille, bien ordonnée. Comment le pourrait-on, d’ailleurs, devant tous ces scandales de la souffrance, de la violence, de la mort ? Aujourd’hui, des voix s’élèvent en faveur de l’euthanasie : toujours cette tentation d’être maître des choses, des personnes… Tentation d’un bonheur que l’on maîtrise, de vouloir être tranquille… Croire, ce n’est pas cela !

2) Croire, c’est aussi se rappeler

Parce que, si nous sommes désinstallés, nous ne sommes pas dans la nuit totale. A deux reprises, il est dit que « les disciples se rappelèrent ». « Souviens-toi », demande Dieu au Sinaï. Les disciples se rappellent et « croient à l’Ecriture et à la Parole de Jésus ». Les juifs, eux, croient « à la vue des signes » ; ils en restent là et ne comprennent pas que ces signes ne sont qu’annonce d’une intranquillité…

Il faut se rappeler que, dans la Bible, regarder derrière soi et avoir une idée de l’avenir sont une seule et même chose. Cela donne une certaine consistance et permet de dire ‘Amen’, ‘Oui, je crois’. Dans le Livre des Lamentations (3,21-22), ne lit-on pas : « Mais voici que je rappelle en mon cœur ce qui fait mon espérance : les bontés du Seigneur ne sont pas épuisées… ». La 1re lecture nous rappelle d’ailleurs la bénédiction originelle : « Je suis le Seigneur, ton Dieu » ; tout le contraire d’un tranquillisant. Comme Jésus, il faut marcher, rencontrer, en se souvenant de tous les bienfaits de Dieu.

3) Enfin, croire, c’est entrer dans l’inquiétude de l’amour

L’inquiétude de l’amour… comme une mère est inquiète dès que son enfant est au monde. « Jésus ne se fiait pas à eux », dit l’évangile. Ne faisait pas confiance à ces juifs qui n’allaient pas au-delà du signe. Parce que l’amour est inquiet, demande la réciprocité. « L’amour de ta maison fera mon tourment ». Croire, c’est bien réaliser que : la quiétude, c’est terminé ! Jésus n’est-il pas continuellement inquiet ? « Et vous, que dites-vous : qui suis-je ? Pierre, m’aimes-tu ? ».

On nous dit parfois : ‘Ah ! Vous avez de la chance de croire !’. L’auteur du petit ouvrage cité écrit : ‘Avec l’Evangile, comme avec toute naissance, commence l’irréductible intranquillité…’. Croire n’est ni un alibi commode, ni un refuge, mais, au contraire, c’est accepter d’entrer dans une aventure, perdre ses repères… A travers notre désinstallation, nos rencontres, en se rappelant des bienfaits de Dieu « qui ne sont pas épuisés », il s’agit d’entrer dans cette « connaissance de ce qu’il y a dans l’homme ». Bref, naviguer, comme le dit St Paul, entre sagesse, scandales, folie, en réalisant, jour après jour, que la folie, la faiblesse de Dieu ont déjà eu le dernier mot.
Père Hervé Rabel

4ème dimanche de carême ‘B’ - St Romain - 11 mars 2018

Nous voilà a peu-près à la mi-carême : rappelons-nous, lors du Mercredi des Cendres, la liturgie nous invitait à un ‘entraînement au combat spirituel’. Peut-être, à mi-distance, est-il opportun de faire le point ? Tout simplement en reprenant les 3 lignes directrices classiques…

1) La prière

Nous sommes un peuple d’intercesseurs, à la suite de Jésus et nous avons à porter le monde vers Dieu. Nous ne prions pas d’abord pour nous, mais pour que ce monde, qui nous est confié, s’élève vers Dieu. Il s’agit de retrouver ce « grand amour dont il nous a aimés », pour porter cet amour autour de nous. Il y a tant de caricatures de Dieu aujourd’hui ; nous sommes choisis pour révéler ce « Dieu riche en miséricorde ». La prière, c’est la respiration de l’âme : ne participons nous pas un peu à cette asphyxie qui menace nos contemporains ? Alors : peut-être, en ce carême, un temps de prière familiale, ou conjugale. Porter telle intention précise : elles ne manquent pas !

Ce Dieu s’est révélé au monde par sa Parole : lisons-nous, quotidiennement, la Parole de ce temps de carême ? Et cette Parole, elle nous révèle que notre objectif de vie, c’est « que le monde soit sauvé », c’est « la vie éternelle » ‘J’attends la vie du monde à venir’ disons-nous, chaque dimanche, dans le Credo : prenons-nous les moyens de comprendre, et de faire comprendre ce qu’est cette vie en plénitude, dans un monde qui cherche désespérément un sens ? Nous ne sommes pas créés pour survivre quelques décennies sur cette terre, mais pour faire la gloire de Dieu !

2) Le jeûne

Jeûner, c’et aller à l’essentiel. En luttant contre les idoles. Il ne s’agit pas d’abord de se priver de chocolat, ou d’autres broutilles, mais d’aller à l’essentiel. Une idole de ce début du XXIème siècle n’est-ce pas d’abord l’avènement des tablettes, portables ou autres smartphones ? Si l’objectif du carême, c’est un combat spirituel, alors quel parasitage sur la ligne qui nous conduit au Christ ! Que de temps perdu ! Et je ne mentionne pas les conséquences : addiction, autisme, pornographie… « En ces jours-là… ils imitaient toutes les abomination des nations païennes », souligne la 1re lecture…

Jeûner, c’est avoir comme objectif cette redécouverte que « Dieu a tellement aimé le monde qu’Il a donné son Fils unique » : pour ma part, c’est la phrase-clé de la Révélation chrétienne. Mais il faut prendre du temps pour l’intégrer, et surtout pour en devenir les témoins émerveillés. Quelqu’un me disait, cette semaine : ‘Je suis passée de la religion à la relation’ : nous n’avons pas à être des pratiquants, comme on pratique un sport, mais des amoureux ! Or être amoureux, c’est aller à l’essentiel !

3) Le partage

Là aussi, que de confusions. Le partage, ce n’est pas donner 10€ à telle œuvre, en se donnant bonne conscience, mais c’est s’ouvrir au monde. « Dieu a tellement aimé le monde », or ce monde est dramatiquement traversé par le péché. Partager, c’est d’abord prendre des nouvelles du monde et se donner des clés de compréhensions. Ce qui est en jeu, aujourd’hui, c’est la conception même de ce qu’est l’homme. Il y a 10 jours, on interrogeait le président du Comité consultatif national d’éthique : ‘La notion de valeur est relative. Il n’y a pas de valeur absolu…’ et ‘Je ne sais pas ce que sont le bien et le mal…’ : c’est clair ! Il n’y a plus de grands principes éthiques fondateurs : tout est relatif, donc tout ce qui est possible est permis !

« Les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière » dit l’évangile. Or, ne sommes-nous pas la lumière du monde ? Tout au moins, modestement, les transmetteurs de la Lumière qu’est le Christ. On ne peut pas, comme aurait dit Lénine, être un idiot utile, regardant le monde s’effondrer. Avons-nous lu, pendant ce carême, tel ou tel ouvrage, ou même un article, nous permettant un peu plus d’entrer dans la compréhension de notre monde ? Nous avons la responsabilité des âmes : ce carême est là, justement, pour nous en donner les moyens : prière, jeûne, partage, en en percevant bien les enjeux.
Père Hervé Rabel

5ème dimanche de carême ‘B’ - St Romain/ND des B. - 18 mars 2018

1) « Nous voudrions voir Jésus » : quel est l’intérêt de poser cette question ?
Trois raisons : voir Jésus, c’est vivre pleinement notre vie

Définition de l’homme selon le Concile : ‘L’homme, seule créature sur terre que Dieu a voulue pour elle-même, ne se réalise pleinement que dans le don total de lui-même’. Or, Jésus nous dit : « Qui aime sa vie la perd, qui s’en détache la gardera ». Se détacher d’une vie superficielle, genre ‘métro/boulot/dodo’ pour ne garder que la vie véritable : se donner, aimer… Alors, plus que « voir Jésus », un peu comme de l’extérieur, c’est une invitation à être comme Lui, qui a dit : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis ».

Le mariage est une des belles écoles - peut-être la plus belle – pour vivre cette vie véritable, cette vie du don de soi. On va à l’essentiel en se donnant à l’autre. Il y a d’autres manières de se donner mais l’union de l’homme et de la femme, dès l’origine, est pour Dieu une belle, une bonne chose. Ce n’est pas évident, c’est pourquoi il y a une invitation à « voir Jésus », Le connaître, Lui ressembler… Et la messe est, justement, l’occasion.

2) La 2ème raison de « voir Jésus », c’est vivre notre vie comme une aventure

« Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suivre ». Très bien, mais jusqu’où ? Jésus ne le précise pas. Il y a donc un appel à la confiance, à la persévérance. Et en même temps, à accueillir l’inattendu, à ne pas vivre selon des projets qu’on aurait décidé à l’avance. Aujourd’hui, il y a tant d’incitations à être formaté, voire manipulé. « Voir Jésus », c’et acquérir cette liberté qui nous fait homme, et non pas automate, consommateur béat. Mais plus que « voir Jésus », il s’agit plutôt de ’vivre avec’ Lui, qui a vécu sa vie comme une aventure, avec la plus grande liberté.

Le mariage n’est-il pas le plus bel exemple de cette aventure. On ne se marie pas d’abord parce que l’on s’aime, un peu comme pour ‘faire une fin’ ; on se marie… pour s’aimer, avec tous les aléas, toutes les surprises de l’union entre deux personnes, les « souffrances » aussi, comme le remarque la 2ème lecture. Jésus, lui, a été jusqu’au bout du don de Lui-même : « il est mort et a porté beaucoup de fruits ». Il y a donc une invitation à suivre Jésus, à Lui demander sa force et c’est bien le but du sacrement de mariage. Mais ce sacrement n’a-t-il pas à être relayé par celui de la messe, où le sacrifice de Jésus est rendu présent, où ce ‘corps livré’ nous pousse au don total ?

3) La 3ème raison de « voir Jésus », c’est de donner un sens à notre vie

La 1re lecture parle d’alliance et annonce cette « alliance nouvelle » réalisée par Jésus. Nous sommes créés par Dieu et notre objectif de vie, c’est de rejoindre son Amour. Nous ne sommes pas sur cette terre pour vivre - ou survivre - quelques décennies. Nous sommes créés pour faire la joie de notre Créateur. « Quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes » : voilà le sens de notre vie, Jésus est dans l’amour du Père et nous attire dans cet amour. Alors plutôt que de « voir Jésus », il vaut mieux dire : « rejoindre Jésus ».

Je dis toujours que dans le mariage, on se fait la courte échelle pour monter vers le Ciel. Mais cela reste un signe encore imparfait, on le sent bien. L’union intime et la communion vraie ne seront pleinement qu’au Ciel, en Dieu. Mais quel beau chemin que le mariage, pour aller vers cet objectif ! Le Ciel, il est bien anticipé par chaque messe : alors, n’y a-t-il pas une invitation à ressourcer notre mariage dans ces noces de Dieu et de l’homme ?

Père Hervé Rabel

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