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      Homélies de novembre 2017

Homélies de novembre 2017

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  • 12 février 2018

Toussaint et mémoire des fidèles défunts, et autres dimanches


Toussaint 2017
1) La sainteté n’est pas la perfection

En préalable, se rappeler que nous sommes tous saints, de par notre baptême. Rappelons-nous le début de l’Epitre aux Romains : « Vous qui êtes par appel de Dieu le peuple saint ». Parce que la sainteté n’est pas la perfection, voyez Jacques Fesch, assassin d’un policier au cours d’un braquage, dont le procès en canonisation a été ouvert en 1993. Alors, la sainteté ? C’est répondre à l’amour du Christ et avoir le désir de Lui ressembler.

Et la conséquence, c’est l’évangélisation. Voyez Ste Thérèse, dans son couvent… pourtant patronne des missions. J’aime le mot d’Elisabeth Leseur, cette mystique du début du XXème siècle : ‘Une âme qui s’élève le monde’. Nous rappelons cette année le centenaire de cette grande catastrophe que fut la Révolution de 1917. Savez-vous ce qu’écrivait Lénine, le père du totalitarisme moderne ? ‘S’il y avait eu en 1917 en Russie sept saint François d’Assise, la révolution d’octobre eut été impossible’. Dans toute les paroisses où j’ai été, j’ai toujours remarqué qu’il y avait quelques personnes, discrètes, souvent d’humbles femmes, mais qui portait la paroisse, grâce auxquelles la paroisse tenait bon’.

2) Avez-vous votre saint favori ?

Oui, celui que vous priez régulièrement, dont vous demandez l’intercession ? Car j’espère que vous demandez l’aide des saints, puisqu’une des plus belles réalités de notre Eglise, c’est la Communion des saints, à travers le voile qui nous sépare du Ciel. Je ne parle pas de la Ste Vierge, qui est un peu ‘hors normes’, mais de personnes toutes simples, toutes ordinaires.

Personnellement, depuis leur canonisation en 2015, je prie tous les jours Louis et Zélie Martin, les parents de Ste Thérèse. Pourquoi ? La prière que je récite souligne : ‘Que l’exemple de votre confiance inébranlable en Dieu et de votre abandon constant à Sa volonté, à travers les joies mais aussi les épreuves, les deuils et les souffrances dont votre vie a été jalonnée, nous encourage à persévérer dans nos difficultés quotidiennes et à demeurer dans la joie et l’espérance chrétienne’. Et après cette prière, je nomme tel ou tel couple, qui rayonne, ou qui se fragilise, ou encore qui se prépare au mariage…

Alors que la famille est attaquée – voyez les impositions croissantes, l’impact du ‘divorce sans juge, la PACS bientôt signé en mairie – il me paraît important d’invoquer l’intercession du 1er couple – français qui plus est – canonisé, parce que couple chrétien.

3) Et priez-vous pour que des chrétiens soient élevés sur les autels ?
Ce n’est pas l’Eglise qui fait les saints, elle reconnaît que tel ou tel peut être donné en exemple aux chrétiens. Ne faut-il pas multiplier ces exemples, en les diversifiant. Personnellement, je pense à deux personnes. Tout d’abord, le P. Jacques Sevin, mort en 1951, fondateur des scouts catholiques en France. Pourquoi, parce que le scoutisme est une œuvre d’éducation exceptionnelle pour les jeunes, je l’ai expérimenté pendant 33 ans comme aumônier. Et elle a de + en + de succès ! Et combien d’hommes et de femmes ont été marqués par le scoutisme, et ont travaillé pour le bien commun. Et qui ne connait pas la prière composée par le P. Sevin : ‘Seigneur Jésus, apprenez-nous à être généreux…’. En 2012, Benoît XVI l’a déclaré vénérable.

Mais je citerais aussi volontiers un autre homme, un laïc, le professeur Jérôme Lejeune, mort en 1994, dont Rome étudie la reconnaissance des ‘vertus héroïques’. Pourquoi ? Parce que cela a été d’abord un grand chercheur, celui qui a découvert l’origine de la trisomie 21. Mais aussi parce que, par la suite, il ne cessera de prendre la défense des plus faibles, et de dénoncer les dérives eugénistes de la science et de la technique.
Nous avons l’embarras du choix, et demandons l’intercession des saints pour faire partie de cette « foule immense » qu’évoque le passage de l’Apocalypse lu aujourd’hui.

Père Hervé Rabel

2 Novembre 2017 - Notre-Dame des Bruyères

1) Tout d’abord : nous ne croyons pas au Ciel
En effet, c’est au Christ que nous croyions, en Lui est notre Espérance, c’est Lui notre Vie. ‘Le Ciel’, c’est tellement vague : un ‘après’, ‘la-haut’… Des formules qui sont ni engageantes, ni attrayantes. Et d’ailleurs, que ferait-on dans ce Ciel si imprécis ? Qui a dit : ‘L’éternité, c’est long, surtout vers la fin… !’. Pour nous, chrétiens, le Ciel, c’est le Christ, qui nous serre dans ses bras, nous introduit au cœur de la Trinité et nous faire devenir, avec Lui, une louange à la gloire du Père.

Mais c’est dès aujourd’hui que nous balbutions cette louange, qui prendra toute sa plénitude avec le Christ. Car la ‘vie éternelle’, ce n’est pas pour ‘après’, mais elle a commencé dès notre baptême. Est-ce que déjà, nous ne ^participons pas à la grande louange du Ciel en chantant le ’sanctus’ à la messe ? Notre vie sur terre est essentielle, pour que nous devenions une personne, apte à participer à la grande louange du Ciel. A la fin de sa vie, Ste Elisabeth de la Trinité ne signait plus qu’avec la formule, empruntée à St Paul : ‘laudem gloriae’, louange de gloire.

2) Ensuite : pourquoi prier pour les défunts ?
Après tout, ils sont au Ciel ! Et c’est souvent ce qu’on entend au cours des obsèques. Au Ciel, ils prient pour nous et n’ont donc pas besoin de nos prières ! En réalité, l’Eglise est plus prudente : les saints intercèdent pour nous, oui. Mais nos défunts ? Comment savoir s’ils sont en Dieu ? C’est vrai qu’évoquer le purgatoire fait un peu vieux jeu. Mais n’est-ce pas une magnifique notion ? C’est l’antichambre du Ciel, en quelque sorte l’institut de beauté qui nous prépare aux noces éternelles, à la rencontre avec l’Epoux.

Il faut se faire beau pour paraître devant Dieu et, on le sait bien, notre purification n’est pas terminée sure terre… N’est-ce pas réconfortant de savoir qu’elle se poursuit dans ce qu’on appelle le ‘purgatoire’. Et c’est là où joue ce superbe mystère de la communion des saints : par nos prières, et surtout en offrant le sacrifice de la messe, nous aidons nos frères défunts à entrer dans la Salle des Noces. Il convient de se rappeler que nous sommes un corps, et que vivants et morts, nous avons à nous entr’aider.

3) Dernière question : et notre propre mort ?
Question difficile, tant il y a de tabou ! Mais l’Etat s’en occupe : il y a 1 an ½, la loi Claeys-Léonetti sur la fin de vie posait 2 dispositions principales : la ‘sédation profonde et continue jusqu’au décès’ et les ‘directives anticipées s’imposant au médecin’. Que de débats, avec depuis l’offensive médiatique pour l’euthanasie. Vraie question, je le vois moi qui maintenant accompagne les personnes en maison de retraite ou à l’hôpital.
Les dérives sont possibles, surtout depuis cette dernière loi ; mais aussi, il y a un réel manque d’intérêt (mais n’est-ce pas une peur de se confronter à la mort ?) des français. Ne faut-il pas cependant anticiper et préparer sa fin de vie ? L’association Alliance Vita vient de proposer un guide des directives anticipées, pour les ajuster au respect de la vie et de la dignité des personnes, en privilégiant le dialogue avec les soignants, en interdisant les dérives euthanasiques ou l’acharnement thérapeutique. Encore faut-il renoncer à la logique de toute puissance qui prévaut. Mais n’est-ce pas une mission qui nous incombe, à nous catholiques, qui croyons en la vie en plénitude avec le Christ ?
Père Hervé Rabel

31ème dimanche du temps ordinaire - St Romain/ND des B.
- 5 novembre 2017

1) Un appel à unifier notre vie
« Ils disent et ne font pas » : c’est ce que le Christ reproche aux scribes et aux pharisiens. Appel à une cohérence de vie. Un appel constant dans l’évangile : les deux fils : « Mon enfant, va travailler à ma vigne – Je ne veux pas – Mais s’étant repenti, il y alla » (Mt 21, 28 – 29). Ou encore : « Il ne suffit pas de me dire Seigneur, Seigneur… mais il faut faire la volonté de mon Père » (Mt 7, 31) ou bien : « Quand vous dites oui, que ce soit un oui » (Mt 5, 37).

Il est plus difficile aujourd’hui de compter sur la parole de quelqu’un. Vraisemblablement à cause de la dispersion de nos vies, des moyens de communication qui font qu’on passe notre temps à ‘zapper’. Vous savez mon amour pour le scoutisme : art. 1er ‘Le scout met son honneur à mériter confiance’ et, lors de la promesse : ‘Oui, chef, on pourra compter sur ma parole de scout’. Forte critique de l’homme velléitaire : ainsi dans la parabole du semeur : « Il est l’homme d’un moment » (Mt 13, 21). ‘Excusez-moi, je suis en retard - je suis surbooké - débordé …’. « Affairés sans rien faire » constatait St Paul (2 Th 3,11).

2) Unifier notre vie autour du Christ.

C’est lui qui « prit avec courage la route de Jérusalem » (Lc 9, 51), qui a dit : « Je ne suis pas venu pour faire ma volonté » (Jn 6, 38), qui, juste avant la Passion, dit à ses disciples : « C’est par votre persévérance que vous obtiendrez la vie » (Lc 21, 19). Finalement, la question, c’est : ‘Est-ce que nous acceptons de ressembler au Christ, de conformer notre vie à la sienne ?’ Lui qui n’a pas été l’homme d’un moment, qui a unifié sa vie, sa mission, pour faire la volonté du Père.

Alors qu’aujourd’hui, pour beaucoup, seule l’apparence, le ‘look’, comptent, rappelons-nous (1 Sm 16,7) que « les hommes regardent l’apparence mais le Seigneur regarde le cœur ». Unifier sa vie, c’est faire du Christ le cœur de chacune de nos actions. « ton Père voit ce que tu fais dans le secret ; Il te le revaudra », nous dit le Christ (Mt 6, 6). Entrer, comme le Christ, dans ce ‘secret’ du Père qui est que nous fassions tout, toutes nos actions, pour Sa gloire : ‘pour la gloire de Dieu et le salut du monde’, disons-nous, peut-être sans trop réaliser ce à quoi cela nous engage…

3) Pourquoi autour du Christ ? Mais – il le dit dans l’évangile - c’est pour « être le plus grand » !
« Le plus grand parmi vous sera votre serviteur » : c’est comme cela que se termine ce passage de St Matthieu. Vous avez remarqué la mention de la Trinité dans ce texte : « vous n’avez qu’un seul maître pour vous enseigner » : l’Esprit, « vous n’avez qu’un seul Père […] vous n’avez qu’un seul maître, le Christ ». Notre objectif, ce n’est pas vivre du monde, mais de la Ste Trinité. Vous êtes dans le monde, pas du monde, demande le Christ or, interrogeons-nous : est-ce que le monde n’a pas déteint sur nous ? « Si vous ne prenez pas à cœur de glorifier mon nom… » : c’est le reproche que fait le Seigneur dans la 1re lecture… « Faites tout pour la gloire de Dieu » s’écrie St Paul (1 Co 10,31).

Si l’on accepte d’unifier notre vie autour du Christ, alors forcement, on va ‘détonner’, être différent ; cela va nous obliger à faire des choix, qui pourront choquer. Allons-nous avoir le courage d’être ‘signe de contradiction’, à la suite du Christ ? ‘Comment être chrétien dans un monde qui ne l’est plus ?’ c’est le livre d’un américain qui vient de paraître. Dans la conclusion, il souligne : ‘Je ne savais pas que l’enseignement du Christ devait diriger ma vie tout entière et non seulement remplir la ‘case religieuse’. Si tu reconnais qu’Il est le Seigneur de toute chose, tout changera dans ta vie’. Mais voilà, c’est toute la question : est-ce qu’on remplit pour le Seigneur une ‘case religieuse – la messe du dimanche, un petit temps de prière – ou bien l’acceptons-nous comme Seigneur dans tous les domaines de notre vie ? Avec toutes les conséquences que cela implique…
Père Hervé Rabel

32ème dimanche du temps ordinaire ‘A’ - Saint-Romain - 12 novembre 2017

1) Tout d’abord, qu’est-ce que c’est que cette huile ?
Attention ! Il s’agit d’une parabole. « Le royaume des cieux sera comparable… ». Ou, plus précisément : « Le royaume des cieux ressemblera à l’histoire de 10 jeunes filles ... ». Le royaume, ce n’est pas les jeunes filles ; c’est toute cette histoire. « Dix jeunes filles » : pourquoi ? Parce que c’est l’Eglise, conviée à des épousailles. Mais j’en viens à cette huile. « Je dors, mais mon cœur veille » (Ct 5,2). Ces jeunes filles dorment et le sommeil, c’est dans la Bible un signe qu’une alliance va avoir lieu : ainsi le sommeil du 1er homme, celui d’Abraham, ou encore celui des apôtres pendant l’agonie.

Il s’agit donc d’une alliance et l’huile, c’est justement le signe que le cœur des prévoyantes veille. L’huile c’est le désir de Dieu. On le voit dans la 1re lecture : « La Sagesse [c’est-à-dire Dieu] se laisse trouver par ceux qui le cherchent. Elle devance leurs désirs… ». Mais aussi dans le psaume : « Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l’aube »… Les insouciantes ont tout apparemment, elles sont ‘croyantes’… mais il leur manque ce « cœur brûlant » : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous » s’exclament les disciples d’Emmaüs. Avons-nous ce désir de Dieu, ce désir d’agir pour le royaume et de l’annoncer, nous qui sommes invités ou bien sommes-nous insouciants (ce ‘divertissement’ dont parle Pascal – en écho à St Paul ‘Affairés sans rien faire’) ? Rappelons-nous l’Apocalypse : « J’ai contre toi que tu as perdu ton amour des 1ers temps » (Ap 2,4).

2) Et cette huile, pourquoi les prévoyantes ne la partagent pas ?
Ce n’est pas très moral, pas très ‘chrétien’ : le disciple du Christ doit partager ! Mais, en fait, ce n’est pas qu’elles ne veulent pas partager : elles ne le peuvent pas ! Comment partager un désir ? Comment partager un cœur brûlant ? C’est impossible. « Allez plutôt chez les marchands vous en acheter » : c’est peine perdue, parce qu’un désir de Dieu, cela ne peut pas s’acheter !

Que nous dit cet évangile : il nous parle d’alliance, de noces, d’Epoux : il demande que l’on devienne des amoureux de Dieu. Répondre amour pour amour. Et non pas morale, valeurs… ! Il demande que l’on soit des âmes de feu. Que d’indifférence ! C’est peut-être ce qu’il y a de plus dur pour un prêtre… ‘Le plus triste, c’est de ne pas être un saint’, disait Léon Bloy, dont on célèbre le centenaire du retour vers Dieu. Est-ce qu’on est triste de ne pas être saint ? Rappelez-vous le poème de Ste Thérèse : ‘Je n’ai d’autre désir que de t’appartenir’. A-t-on ce désir ? Et l’indifférence massive de nos contemporains n’est-elle pas, finalement, la conséquence de notre indifférence ? Sommes-nous des amoureux de Dieu, répondons-nous à son amour fou, puisqu’il veut aller jusqu’à des épousailles avec nous ?

3) Mais alors, dans ce cas-là, pourquoi ce refus de l’Epoux ?
« Je ne vous connais pas ». Terrible ! Mais, attention, c’est une parabole : ce n’est pas le Seigneur qui dit cela. Seulement, pour contracter une alliance il faut être deux : si une partie ne la désire pas, l’autre n’y peut plus rien. L’Epoux arrive… les insouciantes ne sont pas au rendez-vous ; elles sont parties chez les marchands. Dieu est au rendez-vous, mais ce sont elles qui manquent ce rendez-vous. Avec ce « Je ne vous connais pas » c’est en fait toute la tristesse de notre Dieu qui s’exprime, parce qu’Il n’obtient pas de réponse. C’est l’Epouse qui refuse, et non l’Epoux… Dieu est toujours là, en attente, c’est nous qui ne sommes pas là…

« Adam où es-tu ? » C’est l’appel dès l’origine, mais il faudra attendre le nouvel Adam pour avoir la réponse : « Me voici Seigneur, je suis venu pour faire ta volonté ». Le refus de l’Epouse va mener l’Epoux jusqu’à l’agonie et la croix. Alors « ne contristons pas l’Esprit-Saint » (Ep 4,30). Bien au contraire, par notre désir de Dieu, par notre participation active à l’établissement du royaume, soyons sa consolation. Retrouvons notre ferveur première ! Pour citer toujours Léon Bloy : ‘Ne soyons pas des touristes du relatif, mais des pèlerins de l’absolu’.
Père Hervé Rabel

33ème dimanche du temps ordinaire ‘A’ - St Romain/ND des B
– 19 novembre 2017

1) Que représentent ces talents ?
Spontanément, on pourrait croire que ce sont toutes nos qualités, qu’on aurait à faire fructifier, dans un sens un peu libéral, capitaliste. Finalement, c’est un peu la tendance protestante : être riche c’est être béni de Dieu. Mais nous sommes juste avant la Passion, et l’insistance de Jésus, c’est : veiller ! C’est d’ailleurs la suite de la parabole de dimanche dernier. Ces talents, ce ne sont pas des profits réalisés dans le cadre d’une économie libérale, mais c’est la vigilance qui nous est demandée.

Comme la parabole des Dix jeunes filles, cela concerne aussi le Royaume, dont on est co-responsables, responsables de sa croissance. Et le verset qui précède, qui forme la jointure entre la parabole des Jeunes filles et notre texte, c’est « Veillez donc, car vous ne savez ni le jour, ni l’heure ». Les talents qui nous sont donnés, c’est d’être promoteur du bien, du vrai, de lutter contre le mal. D’ailleurs cette parabole se poursuit par ce qu’on appelle ‘le jugement’ : « J’avais faim, et vous m’avez donné à manger »… Finalement, il s’agit de la confiance d’un maître qui nous remet tout son bien, c’est-à-dire qui nous demande d’être son visage, ses collaborateurs.

2) Ce maître, quelle vision en avons-nous ?
Il y a celui qui avait reçu un talent : il avait à être vigilant, à sa mesure. Mais que dit-il ? « J’ai eu peur, j’ai caché ton talent ». Finalement, je n’ai pas répondu à ta confiance. Cette vision d’un Dieu ‘tout-puissant’, qui nous domine comme un gendarme. Un Dieu idole, sorte de Jupiter ; un Dieu à qui on doit se soumettre…
Or la révélation judéo-chrétienne, ce n’est pas du tout cela. Notre Dieu nous donne tout, en se donnant totalement, allant jusqu’à la Passion et la croix, qui vont bientôt suivre dans l’évangile. Notre Dieu n’a plus rien, à genoux devant l’homme, exposé au Calvaire. La 1re lecture, cette femme parfaite, c’est l’annonce de l’Eglise : « Son mari – l’Epoux de dimanche dernier – peut lui faire confiance ». Bien plus, « Elle fait son bonheur ». Notre Dieu nous fait entièrement confiance et se remet totalement entre nos mains.

3) On comprend mieux alors « Celui qui n’a rien se verra enlever même ce qu’il a »
Exactement comme les jeunes filles insouciantes : elles n’ont pas d’huile, elles n’ont pas ce désir de Dieu et elles se font enlever l’entrée dans la salle des noces. L’évangile est une invitation à entrer dans l’intelligence du projet de Dieu : si l’on comprend que Dieu vient comme un quémandeur, celui qui « se tient à la porte et qui frappe », on entre dans cette intelligence, on reçoit davantage, on grandit dans cette joie de faire la joie de Dieu. « Celui qui a recevra encore » : on ne cesse de s’émerveiller devant la grandeur de notre condition de disciple.
Sinon, on risque d’être de plus en plus déconcerté : on s’est fait une si fausse image de Dieu, du coup, l’essentiel de ce pourquoi on est sur terre, faire la joie de Dieu, ne sert plus à rien. C’est trop tard ! Comme les jeunes filles parties chercher une huile qu’elles ne pourront jamais acheter. Ces filles, comme cet homme qui a un talent se font enlever même ce qu’ils ont, cette capacité de faire la joie de Dieu. Ce Dieu qui nous redit, aujourd’hui, dans une invitation pressante : « Entre dans la joie de ton Seigneur ».
Père Hervé Rabel

Christ-Roi ‘A’ - Saint-Romain - 26 novembre 2017

1) Tout d’abord cet étrange jugement…
Un Dieu qui sépare, un Dieu qui dit : « Allez-vous-en, maudits ! ». Un Dieu qui livre à un « châtiment éternel »… ! Serait-ce notre Dieu ? Exactement comme la parabole de la semaine dernière : « Jetez-le dans les ténèbres extérieures ». N’est-ce pas inacceptable, révoltant ! En fait, c’est un langage qu’il faut décrypter, un ‘genre littéraire’, comme on dit. Dans la droite ligne des prophètes. Ainsi Zacharie (14,12) : « Voici le fléau dont le Seigneur frappera tous les peuples… ». Et aussi Ezéchiel – la 1re lecture - (34, 17) : « Voici que je vais juger entre brebis et brebis… ». Bref, un style bien particulier.

Mais pourquoi ? Parce qu’il s’agit d’une pédagogie divine : on ne parle pas à un bébé comme on parle à un adulte. Et Dieu s’adapte à ce que peut comprendre le peuple, à un moment donné. Croyez-vous qu’Il ait fait périr tous les petits enfants égyptiens ! Le visage de Dieu, c’est celui que l’homme lui donne et ce visage, Dieu accepte de le prendre, pour atteindre l’homme. Et ici, l’essentiel, ce n’est pas ce jugement ou ses conséquences, mais bien « J’avais faim, j’avais soif… ».

2) Dans cet étrange jugement, qui est finalement jugé ?
Est-ce l’homme ? N’est-ce pas plutôt Dieu qui est jugé ? Lui, l’innocent par excellence, lui qui a faim, qui a soif… et qui est menacé, évacué, piétiné, ignoré. Est-ce Dieu qui menace l’homme où l’homme qui menace Dieu ? N’est-ce pas Dieu qu’il faut sauver de nous-mêmes, des nos indifférences, de nos méchancetés ? Nous fêtons le Christ-Roi : quand donc le Christ est-il roi ? Devant Pilate : « Es-tu le roi des Juifs ? - C’est toi-même qui le dis ». Jésus est roi au moment du grand procès que l’homme fait à Dieu, Dieu qui est jugé et cloué sur une croix.

Alors, dans ce style tellement déroutant, Jésus veut nous rendre attentif à ce trésor si vulnérable, caché au plus profond de chaque homme. Ce trésor confié à notre garde : sa Présence, toujours offerte mais qui ne s’imposera jamais. Ce Roi, tout le contraire d’un tyran, d’un juge sans pitié, mais, bien au contraire, un Roi si fragile, dont le sanctuaire, c‘est l’homme, tout homme, et d’abord le plus vulnérable, parce que Dieu s’est fait vulnérable.

3) Alors, quel appel nous est lancé ?

‘Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l’amour’, disait St Jean de la Croix. Ce ne sera pas un jugement extérieur, mais c’est nous-mêmes qui serons notre propre juge. Jésus ne cesse de nous le dire : « Ce ne sont pas ceux qui disent : ‘Seigneur, Seigneur’… » (Mt 7, 21). Bientôt, Jésus va se mettre à genoux devant l’homme, lors du Lavement des pieds : est-ce un simple humanisme ? Non ! C’est la révélation que le sanctuaire de Dieu, c’est l’homme. Et que notre attitude envers l’homme, c’est elle qui décide de tout. ‘Le ciel, c’est l’âme du juste’ disait saint Grégoire-le-Grand

L’identification de Dieu et de l’homme, c’est tout l’Evangile, et célébrer la messe, c’est célébrer Dieu qui donne sa vie pour l’homme. La messe qui fonde ce Corps mystique où chacun doit se rendre solidaire de tout autre. L’homme, détour obligé pour aller vers Dieu. L’homme aujourd’hui est particulièrement attaqué, dans l’essence même de son humanité. L’homme contraint de devenir une machine à consommer (ouvertures des grandes surfaces le dimanche, ou bien cette hystérie du ‘black Friday’), en attendant la grande fête de la consommation
Père Hervé Rabel

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