Paroisse de Sèvres, église saint-Romain, église Notre-Dame des Bruyères
http://paroisse-sevres.fr/Le-Sel-et-le-sel
      Le Sel et… le sel

Le Sel et… le sel

  • Télécharger l'article au format PDF Imprimer cet article
  • 18 novembre 2017

Excusez ce (très) mauvais jeu de mot. Ce dimanche, ce sont les premières
messes au Sel, le cinéma municipal.


Un grand merci aux équipes qui ont facilité cet exode… et merci d’avance pour la suite, car rien n’est fini, ou plutôt, tout commence.
Car il ne faudrait pas que l’arbre (du Sel) cache la forêt (de l’évangélisation).
Tout commence, ou, plus précisément, le travail missionnaire doit se poursuivre ; le Sel ne doit pas occulter le fait que le Christ nous demande d’être sel : « Vous êtes le sel de la terre » (Mt 5,13).
L’essentiel réside-t-il entre célébrer dans une église des XIIIème – XVIIIème siècles ou dans un cinéma du XXème siècle ? Ne réside-t-il pas plutôt dans l’annonce du Christ à des concitoyens pour la plupart au minimum indifférents ? Et ce, quel que soit le lieu de célébration.
L’essentiel n’est-il pas cet « amour du Christ qui doit nous saisir » (cf. 2 Co 5,14) ? Et, de fait, le Seigneur poursuit : « Mais si le sel devient fade, comment lui rendre de la saveur ? Il ne vaut plus rien : on le jette dehors et il est piétiné par les gens » (Mt 5,13).
On célèbre actuellement le centenaire du retour vers Dieu de Léon Bloy, cet ‘affamé du Surnaturel’ ; très étonnamment, lors de sa première messe après son élection, le pape François surprenait le monde en citant Bloy : ‘Quand on ne confesse pas Jésus-Christ, on confesse la mondanité du diable, la mondanité du démon’. Et n’est-ce pas ce même Bloy qui était hanté par la question du Christ à ses disciples : « Si le sel devient fade, comment lui rendre de la saveur ? ».
Le sel risque toujours l’affadissement ; notre exode momentané au Sel doit, justement, lui rendre sa saveur ; n’est-ce pas l’objectif de tout exode biblique ?
Le 3 novembre dernier, Mgr Pontier, président de la Conférence épiscopale, ouvrait l’Assemblée des évêques de Lourdes, en s’exprimant avec fermeté, à l’approche de la révision des lois de bioéthique (février 2018) : ‘Ce débat, nous voulons y participer. Certains nous en refusent le droit, convaincus que la place des religions doit rester dans les limites closes des maisons et des célébrations cultuelles. Nous ne le pensons pas’.
L’enjeu n’est donc évidemment pas entre le Sel et Saint-Romain, mais bien d’annoncer le Christ, à temps et à contre temps. Mgr Berthet (prêtre du diocèse devenu évêque de Saint-Dié) insistait devant cette assemblée : ‘Nous ne devons pas avoir peur de manifester la contradiction par rapport à une lente mais profonde dérive sociétale. Il faut que notre regard ait une longueur d’avance’.
L’annonce du Christ va, bien sûr, au-delà des seuls problèmes sociétaux ; elle concerne tous les domaines de la vie de nos contemporains.
Le 12 novembre, on interrogeait Mgr Vingt-Trois, à l’heure du bilan de son épiscopat parisien, sur son projet pastoral : ‘Il repose sur une conviction : en ce temps, l’Église doit être missionnaire… Et la mission, c’est que chaque baptisé soit le plus directement possible impliqué. Lorsqu’il sort de l’église [ou du Sel !] le dimanche, tout commence ! Autour de lui, là où il se trouve. […] Ce qui fait la présence publique de l’Église, ce n’est pas une meilleure tactique politique, mais que des chrétiens soient réellement des chrétiens et qu’ils empêchent le monde de dormir’.
Finalement, indépendamment de célébrer au Sel ou dans une église, être « le sel de la terre », n’est-ce pas cela ? N’est-ce pas ce qui urge aujourd’hui ?
Père Hervé Rabel

info_fr {JPEG} Faire un don Offrir une messe

Bonnenouvelle.fr