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      Homélies de novembre

Homélies de novembre

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  • 5 novembre 2018

Toussaint 2018 - St Romain

1) Tout d’abord, un paradoxe douloureux

Fêter la Toussaint, c’est fêter l’Eglise sainte. ‘Je crois en l’Eglise sainte’. Or il y a actuellement des horreurs qui se commettent dans cette Eglise : ne nous voilons pas la face. On ne l’a fait que trop ! Un climat lourd, mais aussi des prêtres innocents montrés du doigt, des jeunes prêtres fragilisés, une dénonciation calomnieuse, par exemple, dans la Marne. Si l’Eglise est sainte, disait il y a longtemps Maritain, le personnel de l’Eglise ne l’est malheureusement pas.

Et pourtant : ‘Je crois en l’Eglise sainte’, « Dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu », de par notre baptême, nous dit St Jean. Il y a toute cette Eglise du Ciel qu’évoque l’Apocalypse : « et voici une foule immense... ». C’est l’Eglise du Ciel, mais j’ai toujours été frappé par ces personnes, souvent des femmes âgées, humbles, discrètes qui, par leur sainteté, portent une paroisse, un diocèse, l’Eglise de la terre. Qui permettent au Corps du Christ de ne pas être trop souillé. Prions pour notre Eglise, pour les victimes de toutes les horreurs, pour les prêtres, spécialement les plus jeunes.

2) Mais aussi un appel

C’est Elisabeth Leseur qui disait : ‘Une âme qui s’élève élève le monde’. C’est le mystère de la communion des saints. Il s’agit de surcompenser le mal, dans l’Eglise, dans le monde, en nous unissant plus profondément au Christ. La sainteté n’est pas réservée à une élite et, plus que jamais, il nous faut prier les uns pour les autres, et faire ainsi rayonner le véritable visage de l’Eglise.

Il faut donc bien réaliser que nous avons à travailler pour le monde, pour l’élever vers Dieu. La sainteté n’est pas facultative, c’est un devoir pour chacun de nous. Nous sommes responsables de la sainteté de l’Eglise. Et ce n’est pas un mince travail aujourd’hui ! Vivons pleinement nos messes, où nous puisons à la sainteté du Christ. Mais aussi utilisons le sacrement du combat spirituel, si délaissé : la confession, qui nous rétablit dans notre beauté baptismale.

3) Enfin, un choix à effectuer

La sainteté n’est pas réservée à des êtres hors du commun, c’est pourquoi on peut s’interroger par exemple sur la canonisation de papes. Il s’agit de devenir des ‘saints de l’ordinaire’. ‘Notre existence ordinaire vécue de façon extraordinaire’ dit notre pape, dans ‘La joie et l’allégresse’. On vient de me donner un livre : ‘Louis et Zélie Martin. Les saints de l’ordinaire’. Mais on pourrait aussi citer Madeleine Delbrêl, et tant d’autres...

Je citais la dernière exhortation du pape : ce n’est pas pour rien qu’elle porte sur la sainteté. « Ceux-là viennent de la grande épreuve » dit l’Apocalypse : cette grande épreuve, c’est celle de la sainteté : saurons-nous la vivre ? Le pape, dans son texte, commente les béatitudes, qui nous font vivre de la sainteté du Christ : relisons ce passage. Quelle béatitude m’est destinée, à moi, aujourd’hui ? A méditer, à faire mienne. Dans la conclusion du récent Synode des jeunes, il est dit : ‘Nous devons être saints, pour pouvoir inviter les jeunes à le devenir’. Plus largement, pour que le monde devienne une ‘vivante offrande à la gloire du Père’.

Père Hervé Rabel

31ème dimanche du temps ordinaire ‘B’ - St Romain/NDB - 4 novembre 2018

1) Un homme s’avance...
C’est ce scribe qui, librement, va vers Jésus, parce que ce dernier, ce « maître », a bien répondu aux juifs. Il est scribe, un homme qui réfléchit, qui connaît la Loi. Il ne cherche pas à prendre au piège le Christ, non. Mais il veut savoir, il cherche... Il évoque les ‘commandements’ : un commandement, ce n’est pas un ordre, mais une Parole, qui est source de vie.
Qu’est-ce qui donne sens à ma vie ? Quelle direction prendre ? Et vers quel objectif ? La réponse du Christ, elle est toute simple : le 1er des commandements, c’est « Ecoute, Israël ». Ecoute, c’est-à-dire sort de ta bulle, de tes préoccupations immédiates et sois attentif à la Parole. Ne sois pas crispé sur tes certitudes. Et tout cela en lien avec ton peuple, ton histoire sainte : « Ecoute, Israël »...

2) Cet homme, s’étant avancé, reprend la parole
Ce scribe s’est approché de Jésus, il a écouté la Nouveauté toute nouvelle qu’est le Christ. Mais, ce qui est étrange, c’est qu’il a l’air de radoter, de reprendre les paroles de Jésus, comme un perroquet ! En réalité, il reprend bien ce que dit le Christ, mais le reformule différemment, à sa manière. Ce qu’on appellerait un ‘targum’, un commentaire Il reprend les paroles de Jésus, avec ses mots à lui.
Parce qu’il ne suffit pas de s’avancer, d’écouter. Parce qu’on risque d’en rester à un plan purement intellectuel, ou de n’être qu’un spectateur. Il faut s’approprier la Parole, la Nouveauté, la faire sienne. « Ces paroles resteront dans ton cœur » dit le Deutéronome : pas à la superficie de ton être. Il faut permettre à la Parole de descendre profond. En fait, il faut se laisser assimiler par la Parole. Et non la surplomber. Se laisser modeler par elle. « Une chose que Dieu a dit, deux choses que j’ai entendu » rappelle le psaume 61... La Parole doit nous toucher, tel que l’on est, avec notre personnalité qui est unique.

3) Et, dit Jésus, il n’est pas loin du royaume de Dieu
Il s’est avancé, en effet, mais le passage des Hébreux parle de « ceux qui, par Jésus, s’avancent vers Dieu ». Jésus est le chemin qui conduit au Père. Et il fait comprendre à ce scribe que le but de sa recherche, c’est bien le Père. Il ne faut surtout pas s’arrêter à Jésus. Il ne faut surtout pas s’arrêter ! Le Deutéronome le dit bien : « Tous les jours de ta vie, tu observeras... ».
Rappelons-nous les phrases si incisives du pape François dans sa dernière exhortation : ‘Dieu est toujours une surprise... toujours une nouveauté’. Dieu est celui qui déroute, qui dérange, sinon... on se trompe de Dieu. Le passage d’Evangile se termine par cette phrase curieuse : « Personne n’osait plus l’interroger ». Peut-être parce qu’ils n’ont pas envie d’être déroutés ? Tout de suite après ce passage, Jésus reprendra la parole : cela pour faire comprendre que la vie chrétienne est une réponse, inlassable, de tous les jours, une aventure. Le scribe a peut-être eu peur de voir jusqu’où cela pourrait le conduire. N’ayons pas peur : il y a là une invitation à devenir, non seulement, un curieux de Dieu, mais un passionné de cette aventure qu’est la vie de disciple.

Père Hervé Rabel

32ème dimanche du temps ordinaire ‘B’ - Saint-Romain - 11 novembre 2018

1) Cet évangile n’est surtout pas une leçon de morale...
Du type : ‘Il faut donner, il faut être généreux’. Même si, actuellement, on vous sollicite pour le Denier de l’Eglise !!! La foi n’est pas une morale même si une façon de vivre, par rapport à soi, aux autres, au monde, en découle. Ce passage n’est pas là non plus pour nous culpabiliser : ‘Donner tout ce que je possède : impossible !’. Il faut toujours se rappeler qu’évangile veut dire ‘bonne nouvelle’, et une bonne nouvelle qui doit nous dynamiser et nous éclairer quant à notre manière de vivre aujourd’hui.
Par ailleurs, on ne peut comprendre ce passage que si on le met en relation avec celui de dimanche dernier : la question du scribe. Quel est le 1er de tous les commandements ? Vous vous rappelez la réponse de Jésus : il reprend le Deutéronome... sauf qu’il ajoute : « Tu aimeras Dieu de tout ton esprit », ce que le scribe traduit avec justesse par « de toute ton intelligence ». Il s’agit donc d’avoir l’intelligence des choses de Dieu et c’est, bien sûr, Jésus qui va nous donner cette lumière nouvelle.

2) C’est une invitation à avoir une certaine disposition d’esprit
Avoir l’intelligence des choses de Dieu. « Ne pas être loin du royaume », comme pour le scribe. Avoir le regard même de Jésus sur le projet de son Père. C’est ce que fait cette veuve : « elle a pris sur son indigence », en imitant celui qui « s’est fait pauvre pour que nous devenions riches par sa pauvreté » (2 Co 8,9). Elle s’est vidée d’elle-même pour donner toute sa place au Seigneur.
Pour connaître celui que l’on nomme bien maladroitement ‘Dieu’, pour vivre dans ce monde, pour le comprendre tel que Dieu souhaite qu’on le fasse, il nous faut nous décentrer. Avec comme but ultime, ce que dit St Paul dans les Galates (3,20) : « Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi ». Passer d’une vie superficielle : ces scribes « en vêtement d’apparat, qui aiment les salutations... ». à la vie véritable qui nous fait rejoindre la source de la vie, qui nous fait devenir source. « Ayez en vous les dispositions qui sont dans le Christ-Jésus » demande St Paul aux Philippiens (2,5).

3) Cela doit donc nous permettre de comprendre notre monde et d’y agir en chrétien
Nous fêtons le 11 Novembre. Il y a 100 ans, c’était la fin de la dernière guerre ‘classique’ ; après viendront les guerres idéologiques. Ce fut une guerre civile européenne, la fin d’un monde, le suicide de l’Europe. Le début de son épuisement, qui s’accélère aujourd’hui. Avec le règne absolu du marché, la fuite en avant de la consommation, les crises de la démocratie, du bien commun, de l’économie, de la morale... Nous vivons aussi la fin d’un monde.
Il nous est donc demandé d’avoir l’intelligence des choses de Dieu. Prendre sur notre indigence, comme le fait la veuve, c’est justement reconnaître cette indigence, cette pauvreté, reconnaître que nous ne sommes pas tout puissants. Faire cesser cette démesure , cette course en avant, sans objectif si ce n’est ‘le progrès’. Dont on perçoit jour après jour les fruits amers. Nous pouvons ‘jouir’, un peu comme après-guerre, les années folles. On a vu comment cela se terminait. Ou bien on peut, à la lumière de l’évangile, voir aujourd’hui quelle est notre mission. Permettre à notre monde de revenir au projet du Créateur. Il y a urgence... et nul ne le fera à notre place !
Père Hervé Rabel

33ème dimanche du temps ordinaire ‘B’ - Saint-Romain - 18 novembre 2018

1) « Jésus parlait de sa venue » : qu’est-ce que c’est que cette venue ?

Après chaque consécration, nous disons bien : ‘Nous attendons ta venue dans la gloire’. Et dans le credo, nous affirmons : ‘Il reviendra dans la gloire’. Ou plutôt, si l’on traduit exactement le latin : ‘Il viendra de nouveau, dans toute sa nouveauté’. ‘Dieu est toujours une surprise’ dit le pape François... Il s’agit d’abord de contempler le mystère du Christ, mort et ressuscité. Cette « unique offrande » dont parle l’épitre aux Hébreux.

Etre chrétien, ce n’est pas d’abord espérer un ‘quelque chose’ après la mort, mais espérer cette venue du Christ. « Viens, Seigneur Jésus », c’est comme cela que se termine l’Apocalypse. Prenons l’exemple du Débarquement, juin 1944 : la victoire est acquise, mais il faudra encore 1 an de combats. Avec Pâques, la victoire est acquise...

En attendant cette venue, où allons-nous après la mort ? Depuis le baptême, nous avons accueilli cette vie de Dieu, mais il faut aller de détachement en détachement (on le voit bien en vieillissant) et la mort sera l’ultime détachement. Le moment où la vie divine investira totalement notre être, où nous aurons à dire un ‘oui’ définitif.

2) Et pourquoi ces images dramatiques ?

La victoire du Christ dans sa résurrection a été précédée par un déferlement de haine ; de même sa seconde venue, dans la gloire, sera précédée d’un ultime soubresaut de l’Esprit du mal. Beaucoup d’images sont reprises de l’Ancien testament (voyez la 1re lecture) mais le lot de la vie ordinaire, n’est-ce pas quand même cela : violences, guerres, cataclysmes... ? Ce que la tête a éprouvé, le corps, l’Eglise, l’éprouvera aussi : on ne le voit que trop aujourd’hui...

On parle parfois des ‘fins dernières’, mais en réalité il n’y a qu’une seule vocation : c’est la vie avec Dieu, la vraie vie que Dieu nous communique, que nous avons à accueillir en nous effaçant, en nous ouvrant à la charité. A travers tous les aléas de cette vie, qui reste dramatique. A notre mort, la lumière de Dieu viendra faire la vérité sur cette vie ; et la rencontre viendra purifier ce qui doit encore l’être. ‘Le vrai problème n’est pas de savoir si nous vivrons après la mort, mais si nous serons vivants avant la mort’, écrivait Maurice Zundel...

3) Alors, comment se situer, par rapport à cette venue ?

Cette seconde venue du Christ, dans la gloire (la 1re le fut dans l’abaissement de la crèche et de la croix), elle doit faire l’objet de notre espérance. Elle correspondra à la résurrection de toute notre personne, corps/âme et esprit. Et l’ensemble du cosmos sera renouvelé, recréé. Au moment où l’homme est attaqué dans ses fondements mêmes, redisons la dignité de chaque être, réalisons que tout ce que nous aurons réalisé de beau, de vrai, sera transfiguré.

L’horizon de la vie éternelle doit dilater notre vie, lui donner sens et consistance. Tout ce que nous faisons par amour est chargé d’un poids d’éternité. Sur cette terre, nous formons, progressivement, notre visage d’éternité. Face aux scandales qui secouent l’Eglise, à la fragilisation de nos communautés, on serait tenté par le ‘A quoi bon !’. Quelque soient échecs et déceptions, tout ce que nous faisons dans la charité construit le Royaume, hâte cette venue du Seigneur et sera pleinement accompli dans le Christ. Notre vie, chaque vie d’homme, elle vaut bien plus que ce que nous en percevons !

Père Hervé Rabel

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