Graines d’espoir

Synthèse des réponses reçues à l’inventaire des graines d’espoir lancé par la paroisse de Sèvres en Février 2019

Dans le Trait d’union du 20 Janvier le père Rabel invitait les paroissiens à réfléchir sur les causes profondes de la crise sociale révélée par le mouvement des gilets jaunes. Un groupe de paroissiens a relevé ce défi et a lancé un recensement de ces causes profondes et des germes d’espoir que l’on pouvait voir autour de chacun. Cette démarche est parallèle au débat national qui est destiné à recenser des propositions concrètes pour améliorer la situation sociale.

Plus d’une quinzaine de réponses ont été rassemblées dont plusieurs reflètent une réflexion de groupe de 5 à 10 personnes. Ces réponses concernent trois domaines : les causes profondes de la crise actuelle, les graines d’espoir proprement dites détectées dans notre environnement proche et des propositions d’action gouvernementale pour améliorer la situation. Nous ne parlerons pas de cette troisième catégorie qui renvoie directement au débat national (les auteurs ayant également participé aux structures dédiées à ce débat en mairie ou via internet)

En ce qui concerne les causes profondes de la crise actuelle, les paroissiens ont identifié les raisons suivantes : 

– Accélération rapide des développements technologiques,
– Libéralisation de nos économies sans accompagnement suffisant,
– Perte de repères, celle-ci liée à la régression des religions et des grands courants philosophiques,
– Absence d’ennemis communs à court terme : les générations actuelles n’ont pas connu de guerre en France
– Influence grandissante et non maîtrisée des réseaux sociaux et de la publicité quiprovoquent dans nos sociétés occidentales des troubles sociaux profonds : désarrois, nouveaux clivages notamment entre villes et campagnes, crainte de l’avenir. ….

Dans tous nos pays, cela se traduit par une montée du repli sur soi qui prend des allures différentes selon les pays (BREXIT en Angleterre, élection de M. Trump aux USA, mouvements populistes en Italie , en Espagne et dans les pays d’Europe de l’Est, « dégagisme » généralisé).

En France, où le pessimisme était déjà une tradition bien ancrée, cela se traduit par un rejet de l’autre jugé responsable de tous nos maux, et par une recherche de solidarité vers ceux qui sont les plus proches. La peur et le repli sur soi s’expliquent par le fait que le monde qui nous entoure nous échappe sans que personne ne semble capable de maîtriser.

L’Evangile nous appelle à changer notre comportement

Sommes-nous alors condamnés à devenir des pions non reconnus que l’on ne n’écoute plus et qui jouent chacun pour soi?

Le message de l’Evangile prend toute sa valeur, dès lors que l’on sort de l’auto culpabilisation, de la certitude que nous sommes condamnés au pire. Dieu nous a créé debout et responsables, et St Jean-Paul 2 nous a dit : « N’ayez pas peur ». L’Evangile est une source inépuisable de rencontres avec Jésus. Les malades dans leur tête ou dans leur corps y ont retrouvé le chemin de la confiance en l’avenir. Relire les Béatitudes avec la traduction de Chouraqui : « en avant ;… » au lieu de Bienheureux….

Alors regardons autour de nous ces nombreux signes d’espoir qui montrent la voie d’un retissage social mais aussi la confiance dans l’autre :

Regardons autour de nous les germes d’espoir, ils sont nombreux si nous savons les voir :

– C’est une institutrice éprouvée par la vie : dans son implication à apprendre à ses élèves le bien vivre ensemble, elle retrouve et redonne un sens à sa vie.
– C’est l’engagement de bénévoles toujours plus nombreux aux associations de Sèvres (plus de 70 bénévoles pour l’accompagnement scolaire à la Courte Echelle, accompagnement des malades chez eux, à l’hôpital ou en maison de retraite, réussite des collectes alimentaires, épicerie sociale à Sèvres,.)
– C’est la réunion de nombreuses sensibilités lors de la manifestation contre l’antisémitisme
– C’est l’initiative d’une commerçante consistant à donner et à faire donner des cours bénévoles de tricot dans les écoles primaires de Sèvres, ceci pour égayer nos bancs publics et surtout retisser un lien social.
– C’est la joie partagée de rencontrer l’autre dans son travail professionnel, de le voir et de le reconnaître dans ce qu’il est.
– C’est le partage des courses pour ceux qui ont des difficultés à se mouvoir
– C’est la chaleur du contact humain dans les lieux publics de Sèvres (médiathèque, mairie) et chez les commerçants 
– C’est le succès des rencontres lors des repas de voisins organisés en Juin, ou dans les galettes de Roi au sein des résidences.
– C’est l’instauration de lieux de rencontre dans des résidences pour favoriser le tissu social (bibliothèque ouverte, installation de compost)
– Au niveau national succès de l’émission de contact associatif « Carnets de campagne à 12H30/45 sur France Inter
– Mais c’est aussi l’accueil de réfugiés avec aide à l’insertion (cours de Français, aide aux formalités et à l’acculturation)
– C’est le Covoiturage et à Sèvres «Coteaux  Stop »

Tous ces petits gestes effectués non pour une rétribution financière, mais pour renforcer le lien social donne du sens à la vie de ceux qui les pratiquent et permettent de retrouver confiance en l’autre. Pour les chrétiens, ils prennent un sens particulier, car ils sont un pas vers notre prochain et vers l’établissement du Royaume de Dieu.

Ils nous font ainsi participer à la Cation de façon dynamique.