Appel à la sainteté

28ème dimanche du temps ordinaire  – St Romain / NDB –  10 octobre 2021

1) « Personne n’est bon, sinon Dieu seul »

Jésus se décentre sur son Père, il ne retient rien. Il ne veut surtout pas être pris pour un gourou. Quand tout paraît s’écrouler, il s’agit nous aussi de nous décentrer sur le Père. « Rends-nous en joie tes jours de châtiment » dit le psaume. Le Christ dira aussi : « attention, vous n’avez qu’un seul maître ». Rappelons-nous le pape François dénonçant le cléricalisme, le risque d’une emprise de la part des consacrés.

Le 1er appel de cette crise que nous traversons, c’est mieux comprendre qui est notre Dieu, et ce qu’Il veut pour son Eglise : « J’ai prié et le discernement m’a été donné » (Sg). Ou encore (Ps) : « Que nos cœurs pénètrent la sagesse ». Si l’Eglise est bien mal placée pour donner des leçons de morale, elle doit, plus que jamais, aider à faire connaître le visage de son Seigneur et pour cela, inlassablement, le chercher.

2) « Mes enfants » dit Jésus, en s’adressant aux disciples

C’est l’annonce de l’Eglise, qui rassemble ceux qui sont enfants, fils et filles de Dieu. Cette Eglise qui navigue entre hérésies et scandales, parce qu’elle est faite d’hommes. « Jésus posa son regard sur lui et il l’aima » : l’Eglise, c’est le rassemblement de ceux qui accueillent ce regard d’amour et qui y répondent.

Le 2è appel que nous lancent ces scandales, c’est d’aimer notre Eglise, d’autant plus qu’elle est actuellement défigurée. « Plus que la santé et la beauté, je l’ai aimée » (Sg). Et l’Eglise, nous rappelle le Concile, c’est d’abord le peuple de Dieu, qui est 1er. Arrêtons cette sacralisation du prêtre, il n’est qu’un serviteur et, au ciel, il n’y aura plus de clergé ! Ne le mettez pas sur un piédestal ! ‘Ne regarde pas nos péchés, mais la foi de ton Eglise’ : c’est ce que dit le célébrant après le Notre-Père : un sursaut dans la foi, – dans la foi de chacun – voilà ce qui nous est demandé.

3) « Voici que nous avons tout quitté pour te suivre » dit Pierre

Quitter son désir de puissance, d’emprise. Quitter son égo hypertrophié pour suivre Jésus. C’est cela la sainteté. Rappelons-nous Lénine qui aurait dit : ‘S’il y avait eu quelques st François en Russie, il n’y aurait pas eu de révolution’. Les paroisses, je l’expérimente depuis mon ordination, tiennent grâce à quelques personnes, humbles, discrètes qui, dans la communion des saints, permettent à l’Eglise de continuer l’œuvre de Dieu. C’est la seule richesse, non le pouvoir ! Ce ne sont pas les chasubles, le clinquant, les ornements, mais l’humilité qui permet à Dieu d’agir en profondeur.

Le 3è appel, c’est l’appel à la sainteté de tous bien sûr, mais surtout, si j’ose dire, la sainteté de vous, laïcs, vous avez, par contagion, par cette communion des saints, à aider les prêtres, les évêques à être moins indignes de leur charge. Ce scandale fait vaciller notre Eglise, elle doit, plus que jamais, compter sur la grâce, sur cette puissance de Dieu qui se déploie dans la faiblesse.