Dans la continuité de Pâques

 4ème dimanche de Pâques ‘C’  – St Romain – NDB –  12 mai 2019

 

1) On a fêté Pâques : qu’est-ce que ça change ? Trois pistes : « elles écoutent ma voix »

Ecouter… pour suivre. « Moi, je les connais » dit le Christ : connaître c‘est ‘naître avec’, finalement entrer dans un dialogue nuptial, un dialogue d’alliance. Ecouter la voix du Seigneur, c’est accueillir « la vie éternelle ». Question : qu’est-ce que la vie éternelle ? Est-ce la vie d’aujourd’hui, avec une rallonge qui n’en finit pas. Vous connaissez le mot de Coluche : ‘l’éternité, c’est long… surtout vers la fin !’.

Fêter Pâques, c’est fêter cette nouvelle Alliance, c’est surtout répondre à l’appel du Seigneur d’entrer dans cette Alliance, être des partenaires du projet de Dieu. Pour cela, nous sommes invités à « écouter la voix du Christ » : c’est difficile aujourd’hui, à travers tous les bruits de la vie actuelle.

 

2) La 2ème piste, elle est dans la 2ème lecture : l’Apocalypse

« Ceux-là viennent de la grande épreuve ». Qu’est-ce à dire ? Quelle épreuve ? Je crois que c’est celle de la persévérance. Aujourd’hui c’est : ‘Tout, tout de suite’. Il faut que nos désirs soient comblés sur le champ. Et, bien sûr, un désir en appelle toujours un autre. C’est la loi implacable du marché : ton smart-phone a déjà un an : il faut bien entendu le changer… !

Or, nous rappelle le Christ (Lc 21, 19) : « C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie ». Quelle vie ? Non pas cette vie que nous recevons du cosmos, cette vie biologique commune à tous les êtres vivants. Mais cette vie véritable, trésor qui nous est confié et que nous devons faire naître. Fêter Pâques, c’est devenir cette homme nouveau, accueillir cette ‘nouvelle naissance’ qui nous vient de la mort et de la résurrection.

Or notre société de loisirs remplace toute cette recherche de la vie véritable par une proposition de distraction permanente : nous sommes invités à surfer sur la superficialité de nos vies, dans un grand divertissement qui nous étourdit ! La grande épreuve n’est-ce pas finalement cette invitation du Christ à devenir homme. « Garder la vie », c’est-à-dire accéder à cette vie véritable qui doit grandir en nous en vie éternelle.

 

3) La 3ème piste, elle est donnée par la 1re lecture, les Actes des apôtres’.

« Eh bien ! Nous nous tournons vers les nations païennes ». Pâques est indissolublement lié à la Pentecôte. Parce qu’être chrétien n’est pas un état de vie, mais une mission. Parce que nous ne sommes pas disciples pour notre petit confort spirituel personnel, mais pour permettre à l’œuvre du Père de réussir. Pour que la proposition d’Alliance nouée par le mystère pascal puisse trouver une réponse en chacun de nous, pour que le cosmos soit réconcilié, devienne une terre, un ciel nouveau.

Or notre société est abimée, divisée. Avez-vous lu le livre de Jérôme Fourquet ‘L’archipel français. Naissance d’une nation multiple et divisée’ ? C’est toute la crise sociale actuelle, en France’. Avez-vous lu le rapport de l’ONU sur la biodiversité ? C’est tout notre cosmos qui se déconstruit. Et c’est là, dans ces questions si actuelles, que nous sommes attendus, nous chrétiens. C’est là où la vie éternelle prend racine. C’est à travers nos réponse à ces enjeux essentiels que le mystère de Pâques pourra trouver toute sa fécondité.