Ecouter, connaître, suivre le Christ

24e dimanche temps ordinaire ‘B’ – St Romain – 12 septembre 2021

1) Trois moments dans un cheminement de foi : écouter

Jésus interroge ses disciples, d’où la réponse de Pierre, en fait celle de l’Eglise. Mais ça ne suffit pas ; ailleurs Jésus dira : ce n’est pas ceux qui disent ‘Seigneur, Seigneur’, qui entrent dans le royaume. Du coup, le Christ ne les interroge plus, il les enseigne. Assez rudement. Parce qu’il veut les faire entrer dans une juste compréhension de ce qu’il est. Il leur dévoile ce ‘secret messianique’, qui sera révélé à la croix.

Il s’agit donc, inlassablement, d’écouter la Parole, la laisser nous façonner, afin de découvrir la véritable nature de notre Dieu. Car le mot ‘Dieu’ est un mot ‘fourre-tout’, trompeur, ambigu. ‘On a le même Dieu’, entend-t-on souvent. Pas du tout ! Car le Dieu révélé par le Christ, celui qu’il appelle ‘Père’ est paradoxal, déroutant, dérangeant. Ecouter, par conséquent, pour ne pas rester à la superficie, au lieux communs, comme le faisait Pierre.

2) Connaître

« Passe derrière moi, Satan », parole dure, mais juste, car Pierre n’a rien compris… Ses pensées sont celles des hommes : se fabriquer un Dieu tout puissant, qui résout  nos problèmes, qui est sensé répondre à toutes nos questions. Or le mystère de Dieu, révélé en Christ, c’est de se faire pauvre et vulnérable, jusqu’à la mort, afin de nous accompagner et de faire triompher la vie.

La véritable nature de notre Dieu se révèle à la croix, c’est elle qui ‘sauve’, c’est-à-dire qui permet à Dieu de nous rejoindre et de nous emmener avec Lui. Il ne s’agit plus alors d’écouter seulement, mais d’entrer dans la compréhension de ce mystère de vulnérabilité, de dépossession. Et on ne pourra y accéder qu’en se dépossédant soi-même, afin que le Christ nous enrichisse de sa pauvreté.

3) Le 3ème moment, c’est : Suivre

« Passe derrière moi » demande le Christ à Pierre : c’est-à-dire « suis-moi », aie la même attitude que la mienne. C’est très bien de dire « Tu es le Christ », mais ce n’est pas suffisant ; c’est essentiel de connaître notre Dieu, mais le risque est d’en rester à quelque chose d’intellectuel : il faut « renoncer à soi-même, perdre sa vie ». Ce n’est pas se détester, mais opérer cette nouvelle naissance marquée par le baptême.

Un appel à passer d’une existence simplement biologique – c’est ce que l’on reçoit de la nature -, à la vie véritable : devenir une personne, une source, un sujet. Et on opère cette transmutation en suivant Jésus au plus près. Ecouter, connaître, suivre : une logique qui va nous permettre de devenir accueil de cette présence cachée, de lui permettre de nous transfigurer, de nous conformer au Fils unique pour, avec lui, participer à la gloire du Père.