Nous sommes entrés dans le temps dit ‘ordinaire’, rythmé par 3 réalités

Homélie du père Rabel sur l’Evangile de saint Jean (2, 1-11)    2ème dimanche du temps ordinaire ’C’  – Saint-Romain –  20 janvier 2019

1) Le mariage

Temps non pas ‘banal’, mais ‘ordonné’, fléché : vers la vie éternelle. « Comme la jeune mariée… tu seras la joie de ton Dieu ! ». Objectif de vie : faire la joie de Dieu ! En répondant ‘présent’, comme la Vierge : « La mère de Jésus était là ». C’est « la femme », c’est-à-dire la Nouvelle Eve, en fait l’Eglise et c’est à l’Eglise que Jésus pose la question : « Que me veux-tu ? ». ‘Acceptes-tu de ‘fermer l’anneau d’or des fiançailles éternelles’, comme l’aurait dit Zundel.

Aujourd’hui, temps bien troublés, Alors, se rappeler que ‘La politique est la forme la plus haute de la charité’ (Pie XI). Qu’attendre de ce ‘grand débat national’ ? En tout cas, être sûr d’une chose : à travers les évènements difficiles, les incertitudes de l’heure, nous allons vers la victoire du Christ. « Il manifesta sa gloire ». Et célébrer la messe, cette anticipation des noces éternelles, c’est avoir foi en cette victoire, quelques soient les difficultés de l’heure. ‘Heureux les invités au feston des noces de l’Agneau’, s’exclame le célébrant avant la communion…

 

2) L’eau

Est là, bien présente. Et les serviteurs s’affairent : ils remplissent, ils puisent, ils portent… Et ils voient d’où vient le vin. Cette eau, c’est la création, qui leur est confiée « cette terre deviendra l’épousée » : cette création, si utile, si belle, si vitale, est appelée aux épousailles.

Dans ces temps où notre société semble se fragmenter, osons prendre notre part de ce travail : « la création est en travail d’enfantement » écrivait St Paul… Cette création, elle vient de Dieu, même si elle est abimée par le péché. Ce débat national, ne le boudons pas : car nous avons à y apporter toute la sagesse de l’Eglise. Notre messe ne part-elle pas d’ailleurs des ‘fruits de la terre et du travail des hommes’… ? Et Vatican II n’a-t-il pas insisté sr le rôle des laïcs qui est d’abord d’orienter les réalités temporelles vers le Règne de Dieu ?

 

3) Le vin

La grâce ne remplace pas la nature, elle vient la parfaire, lui redonner le sens souhaité par Dieu. Ce vin, il est dans la ligne droite de l’eau mais il y a une nouveauté. Et si le 1er vin était bon, l’Ancien Testament, ce n’était qu’une pâle esquisse car le vin nouveau, il est bien meilleur, car c’est celui de la plénitude apportée par la nouveauté du mystère pascale.

Alors, pourquoi prendre par à ce débat national ? Parce que nous sommes les témoins de ce vin nouveau, puisque nous en sommes les bénéficiaires. Ces « dons de la grâce qui sont variés et donnés en vue du bien ». Du Bien commun, certainement. Accueillons l’Esprit Saint, qui vient de la croix, des noces sanglantes de l’Agneau, pour que notre société puisse en bénéficier. Cana fut le « commencement des signes » : nous avons à les poursuivre, ces signes, au service de ce Bien commun.