« Jésus s’est anéanti … devenant semblable aux hommes »

5ème dimanche de carême ‘C’  – Saint-Romain –  7 avril 2019

1) Jésus se baisse

Rappelons-nous l’Hymne aux Philippiens : « Jésus s’est anéanti … devenant semblable aux hommes » : Dieu se met, avec Jésus, au niveau des hommes, des scribes et des pharisiens. Bien plus « il se baisse de nouveau », rappelons-nous le lavement des pieds où Dieu se met à genoux devant l’homme. Ici, il se met au niveau de la pécheresse, prostrée au centre de la scène.

Cela signifie que le Christ n’est pas venu pour juger, mais bien pour sauver. Cela veut dire que Dieu veut se mettre au niveau de tout homme, du plus grand des pécheurs, pour prendre ce péché sur lui. Il est là, à notre niveau, dans l’attente de notre réponse d’amour. Exactement comme, dimanche dernier, le père du fils prodigue qui guette le retour de cet enfant, pour se jeter dans ses bras et célébrer l’alliance.

 

2) Jésus écrit sur la terre

Geste bien mystérieux… sauf si on se rappelle le geste de la Création : « Alors le Seigneur modela l’homme avec la poussière tirée du sol » (Gn 2,7). Ici, Jésus écrit une 2ème fois, parce qu’il s’agit d’une re-création, une nouvelle naissance, bien difficile, laborieuse, puisqu’elle ira, pour le Christ, jusqu’au don de sa vie, jusqu’à la croix…

Le Christ est là, bien présent, pour faire toutes choses nouvelles. « Voici que je fais une chose nouvelle : elle germe déjà, ne la voyez-vous pas ? » écrit Isaïe… La loi nouvelle n’est plus écrite dans un livre, dans une loi, mais sur cette terre, que le Christ par son Incarnation, vient renouveler dans ses profondeurs, féconder de l’intérieur.

 

3) Jésus se redresse

« Dès l’aurore, il retourne au Temple » note saint Jean, annonce de l’aurore de la résurrection… Le Christ, redressé, ressuscité, interroge la liberté des scribes et des pharisiens mais, honteusement, crispés sur leur péché, ils partent, ils refusent la proposition d’alliance. Avec la femme, il se redresse à nouveau, parce qu’elle a besoin d’être sauvée, et commence avec elle un dialogue d’alliance, d’amour nuptial. « Il s’agit pour moi – écrit saint paul – de connaître le Christ, d’éprouver la puissance de sa résurrection ».

Pour le Christ, chaque être est unique, précieux au plus haut point. Et cette femme pécheresse, c’est l’Eglise, à qui il dit : « Va ! ». Entre dans le sillage de ma résurrection.  « Lancé vers l’avant, je cours vers le but » écrira saint Paul.  Cette Eglise appelée à se relever et à relever le monde si abimé, à le faire entrer dans un dialogue nuptial. Isaïe avait bien prophétisé : « Ce peuple que je me suis façonné redira ma louange » : n’est-ce pas notre objectif, notre mission, en ces temps si troublés ?