La parabole du Bon Samaritain : la richesse du message

15e dimanche  du temps ordinaire ‘C’  – St Romain / NDB –  14 juillet 2019

 

1) Qui est cet homme à demi-mort ?

Pour l’évangile, c’est l’humanité, marquée par le péché. La loi (c’est-à-dire ce prêtre et ce lévite) ne peut rien pour lui. Il faut attendre ce Bon Samaritain, qui est Jésus, et qui va sauver cette humanité. Avec cette expression révélatrice : « il fut saisi de compassion ».

Aujourd’hui, cet homme à demi-mort, ce sont, finalement, nos contemporains. La ‘culture de mort’ rappelait Benoît XVI… Une humanité en danger, que ce soit à cause de la pollution… de la terre, mais aussi des consciences. Une humanité dont on n’admet plus la fragilité, la vulnérabilité. Voyez les réactions à la mort de Vincent Lambert : notre évêque Mgr Rougé ‘La mort de Vincent Lambert engage toute notre société à s’interroger sur le respect et l’accompagnement des personnes gravement fragilisées. La culture de mort ne peut pas avoir le dernier mot’ et le pape François ‘Ne construisons pas une civilisation qui élimine les personnes dont nous considérons que la vie n’est plus digne d’être vécue’. Une démesure, à la mesure des désirs individuels. Une humanité où Dieu semble singulièrement absent…Aujourd’hui, le samaritain, c’est chacun de nous ; nous voyons cette humanité et nous devons, à le suite du Christ, être saisi de compassion.

 

2) Ce samaritain n’en reste pas à de bons sentiments.

En effet, il pourrait être « saisi de compassion » et passer son chemin. Mais on le voit : il s’approche, il panse ses blessures, en y versant huile et vin. Annonce de l’Eglise, venue panser nos blessures avec l’huile et le vin des sacrements. Et ce samaritain n’en reste pas là : « il le charge sur sa propre monture » : Jésus partage pleinement notre humanité, il prend sur lui nos faiblesses et nos blessures.

Aujourd’hui, le Christ passe encore, pour guérir, par son Eglise, par les sacrements, qui restent les canaux privilégiés de la grâce. Nous avons ce trésor à partager : Dieu qui est venu partager, par amour, notre pauvre humanité. Dieu qui nous aime, nous accompagne, panse nos blessures, nous porte sur sa propre monture, c’est-à-dire dans ses bras. Le message à faire savoir est, plus que jamais, d’actualité !

 

3) Mais c’est une œuvre de longue haleine…

Le samaritain, en effet, n’en reste pas là : Il conduit l’homme blessé jusqu’à l’auberge et « prend soin de lui ». Cette auberge, c’est vraiment l’Eglise et le Christ qui lui donne la même mission que la sienne : « Prends soin de lui ».

Notre Eglise n’est pas faite pour tourner sur elle-même ; elle n’est pas son propre but. Son objectif, c’est de faire connaître ce trésor qu’elle a reçu. Elle est là pour prendre soin de cette humanité blessée, ô combien abîmée. L’évangile se termine par : « Va, et toi aussi, fais de même ». Il s’agit, comme Jésus, de se faire le prochain de chaque homme. De lui dire que Dieu l’aime et qu’il l’appelle à la guérison, c’est-à-dire au salut. Nous ne somme pas là pour ‘faire tourner une boutique’, mais pour annoncer la Bonne Nouvelle de la vie.