La prière de Jésus, c’est finalement la nôtre

7ème dimanche de Pâques ‘C’  – Saint-Romain –  2 Juin 2019

 

1) La prière de Jésus : elle se continue à travers cette messe

Rappelons-nous que Jésus prie au cours du dernier repas, c’est le Jeudi-Saint, le moment où il lave les pieds des disciples. Le soir où il entre dans son sacrifice du lendemain. Car le Jeudi-Saint fait bien partie du sacrifice du Calvaire. Un moment sombre, sur fond de trahison. Mais aussi, pour le Christ, un moment d’extrême confiance envers son Père, avec lequel il est parfaitement uni : « Qu’ils soient un comme nous sommes un » dit-il… Ce même amour qui unit Père et Fils et qui va redéborder sur le monde avec l’envoi de l’Esprit.

Chaque messe poursuit cette grande prière et ce sacrifice du Christ. Il monte vers le Père afin que ‘Par lui, avec lui et en lui’, on poursuive cette prière. Et nous qui sommes membres du Corps du Seigneur, nous sommes invités à entrer dans cette prière. Parce que nous sommes un ‘peuple de prêtres’, unis à cette ‘prière sacerdotale’. De même, chaque messe est célébrée sur fond du sacrifice de la croix : on entre dans ce sacrifice rendu présent à l’autel. A chaque messe, on s’unit  – par le prêtre –  à cette grande offrande du Christ. Parce que nous devenons  ’un seul corps et un seul esprit dans le Christ’.

 

2) Cette prière, elle nous associe à la gloire de Dieu

« Je leur ai donné la gloire que tu m’as donné » dit Jésus, qui ajoute « qu’ils contemplent ma gloire ». Jésus seul fait la volonté du Père, autrement dit fait sa gloire, réalise son projet d’Alliance. Comme avec Etienne qui « voit la gloire de Dieu », Jésus désire que nous devenions participants de sa réponse, de son OUI qu’il dit pleinement à la croix.

Cette gloire, née de la réponse d’amour – et qui, finalement, n’est rien d’autre que l’Esprit-Saint -, elle n’est pas réservée aux disciples puisque, dans cette prière, Jésus dit : « pour que le monde croie que tu m’as envoyé ». Comme le fait le Christ dans sa prière, à chaque messe, nous prions, après la consécration, pour l’Eglise, mais aussi pour le monde ‘tous tes enfants dispersés’. ‘Accorde-nous – accorde au monde – Seigneur, d’être un seul corps et un seul esprit, dans le Christ’ : c’est la messe qui est appelée à réaliser cette unité. Et nous sommes appelés à être les artisans de cette unité.

 

3) Cette prière de Jésus c’est, finalement, la nôtre…

Nous célébrons la dernière messe dominicale de ce temps de Pâques – qui prend fin à la Pentecôte. L’Eglise, par le souffle de l’Esprit, va prendre son envol, va se déployer. Si Jésus part rejoindre le Père, c’est bien pour que l’Esprit poursuive son œuvre, façonne l’Eglise, afin que les membres du Corps continuent l’œuvre de la Tête. Et que le Corps tout entier fasse la gloire du Père.

A la messe, le célébrant dit ‘Que l’Esprit-Saint fasse de nous une éternelle offrande à ta gloire’. C’est une invitation à se laisser faire par l’Esprit-Saint, pour nous unir à l’offrande parfaite du Fils, pour comme le dit Maurice Zundel, ‘fermer l’anneau d’or des fiançailles éternelles’. Afin que les épousailles se célèbrent. La finalité de la messe – continuation de la grande prière du Christ – c’est cette phrase de la prière eucharistique : ‘nous espérons être comblés de ta gloire, tous ensemble et pour l’éternité’. ‘Que l’Epouse – l’Eglise – et l’Esprit puissent dire ensemble : Viens Seigneur Jésus !’