Le baptême du Seigneur

Baptême du Seigneur  – Saint Romain –  10 janvier 2021

1) Le baptême du Seigneur : ce qu’il n’est pas

Ce n’est pas le baptême chrétien. Car ce sacrement, qui nous rétablit dans la grâce, dans la dignité de fils et fille de Dieu, Jésus n’en a aucunement besoin. D’ailleurs, on le voit bien, il y a l’attestation de cette voix venant des cieux : « Tu es mon Fils ». Le baptême, comme on dit, efface le péché originel et, bien entendu, Jésus n’en est pas marqué !

Pourquoi alors ce baptême ? C’est exactement comme les tentations qui suivent : Jésus s’implique entièrement dans cette condition humaine, il se fait solidaire de toute cette humanité qu’il est venu sauver, rétablir justement dans la dignité filiale. « Les cieux se déchirent » : Dieu vient, avec Jésus, plonger dans cette humanité en souffrance, qu’il faut guérir. Avec cette onction de l’Esprit, Jésus, vrai homme, est consacré pour une mission particulière. Si l’Esprit Saint est à lui, en lui, par lui au sein de la Trinité, il le reçoit maintenant dans sa nature humaine.

2) Ce qu’il est

Tout d’abord, il montre, au seuil du ministère public, que c’est toute la Trinité qui est concernée par ce salut, il y a l’Esprit qui descend, la voix du Père qui se fait entendre. Jésus ne sera pas seul dans cette mission, d’où ses intenses moments de prière.

Jean déclare qu’il « n’est pas digne de défaire la courroie des sandales » de Jésus. C’est vrai mais, en fait, ce baptême est signe de l’extrême humilité du Seigneur ; il annonce le lavement des pieds où le Christ fera ce geste de l’esclave, du serviteur. Il annonce l’entrée à Jérusalem, où Jésus sera humblement porté par un ânon. Ce baptême montre la pauvreté, la vulnérabilité de Dieu qui se fait homme, ce partage absolu de notre humanité. Après les annonces de sa passion, Jésus dira aux disciples : « Pouvez vous être baptisés du baptême dans lequel je vais être plongé ? » (Mc 10, 39).

3) Ce qu’il nous montre

Jean baptise Jésus avec l’eau seulement, le Christ se rend solidaire du péché, comme l’écrira St Paul, « il se fait péché ». Mais c’est pour que nous devenions solidaire de sa divinité, par le baptême « dans l’Esprit-Saint » de notre sacrement. Si Jésus reçoit l’Esprit en tant qu’homme, c’est, comme l’écrit St Cyrille d’Alexandrie, ‘pour redresser la nature humaine tout entière, en la restaurant dans son 1er état’. Lors de la Transfiguration, il y aura la même voix qui dira « Celui-ci est mon Fils bien-aimé » mais qui ajoutera : « Ecoutez-le ». Parce que ses disciples, à ce moment, seront témoins.

La scène du baptême se passe en Galilée, pays païen, mais la colombe rappelle la 1re alliance, avec Noé et elle annonce l’alliance définitive opérée par le Christ. Oui, « les cieux se déchirent », Dieu, par son Fils bien-aimé, vient partager notre vie pour qu’avec Jésus, ensemble, le Père puisse trouver en nous sa joie.