Le message de la Transfiguration du Christ

2ème dimanche de carême ‘A’ – Saint-Romain, ND des Bruyère –  8 mars 2020

Trois demandes :

1) « Ecoutez-le »

Dimanche dernier, l’épisode des tentations nous rappelait que vivre le carême, c’est à la suite du Christ, un combat à mener. Aujourd’hui, c’est plutôt une invitation à la contemplation du visage transfiguré du Seigneur. Le Seigneur demande à Abram de quitter son pays, c’est-à-dire ses habitudes, sa routine, mais aussi ses idoles. Et, dans l’évangile, il est bien noté que Jésus conduit ses 3 disciples « à l’écart, sur une haute montagne », le lieu où Dieu réside.

C’est vrai que le carême se doit d’être un combat, pas facile. Mais ce combat a comme unique objectif, de contempler le Christ, et le Christ victorieux, ressuscité, la transfiguration étant une annonce, une anticipation de la résurrection. Mais pour cela, il faut quitter, se mettre à l’écart. Où en sommes-nous de notre temps de silence, de prière, de méditation de la Parole de Dieu ?

2) La 2ème demande, c’est : « Soyez sans crainte »

C’est le leitmotiv de la révélation. Non pas ‘aimez-vous’ mais bien : ‘n’ayez pas peur’ ! Que dit le Seigneur à Abram ? : « Je ferai de toi une grand nation » : un appel à quelque chose de grand. « Je rendrai grand ton nom ». Et pour St Paul : « Dieu nous a appelés à une vocation sainte », avec sa force, pas nos pauvres facultés…

J’ai beaucoup apprécié le récent communiqué de l’évêque de Belley-Ars : ‘plus que l’épidémie de coronavirus, nous devons craindre l’épidémie de la peur’. Que de peurs aujourd’hui : de la violence, de la destruction de la planète, des migrants, et, maintenant, de cette pandémie. Nous qui voulions tout maîtriser, la nature nous rappelle notre fragilité, nos vulnérabilités. Il faut donc, plus que jamais, vivre du Christ ressuscité, vainqueur de la mort et l’annoncer à nos contemporains complètement paniqués. Et pourquoi ont-il paniqués, parce qu’ils ont perdu le sens de leur vie, parce qu’ils ont abandonné Dieu. Comme le rappelais le pape : ‘Ne nous laissons pas voler notre Espérance’’, le plus beau cadeau à faire aujourd’hui à notre société.

3) La 3ème demande de cet évangile, c’est : « Ne parlez à personne »

Alors, bien sûr, le Fils de l’Homme étant mort et ressuscité, c’est bien l’objectif du carême de nous le rappeler, il s’agit aujourd’hui de parler ! De témoigner ! A Abram, Dieu dit : « Tu deviendras une bénédiction ». Et à Timothée, St Paul rappelle que Dieu « nous a appelés à une vocation sainte », qui est de témoigner de son projet et de sa grâce…

L’évêque de Belley écrit : ‘Je me refuse de céder à la panique collective’. Faut-il se calfeutrer, entasser des provisions, se préserver coûte que coûte ? A la suite de son Christ, le chrétien, comme le rappelle avec opportunité Mgr Rolland : ‘apprend à se donner généreusement au service de ses frères les plus fragiles, dans la perspective de la vie éternelle’.  Cette perspective, en effet, n’est-elle pas justement celle de ce temps de carême, que nous avons à vivre en témoignant du Christ, vainqueur de toutes peurs ?