Nous sommes tous invités aux noces de l’Agneau

28ème dimanche du temps ordinaire ‘A’ – NDB et St Romain – 11 octobre 2020

1) Des noces

‘Heureux les invités au festin des noces de l’Agneau’ : ces noces, ce sont celles de Dieu et de l’humanité, la nouvelle alliance, ce que nous célébrons en chacun de nos eucharisties. Mais attention ! Notre texte est une parabole, pas une réalité. Ce roi n’est pas l’image de Dieu, mais à travers cette histoire, quelque chose se dit du royaume. Mais alors, quelle est la ‘pointe’ de ce message, que veut nous dire cette parabole ?

Ce roi n’est l’image de Dieu, mais ce monarque prend l’initiative ; il ne se décourage nullement, il prend patience. « Tout est prêt, venez à la noce ». Cela veut d’abord dire que notre Dieu prend toujours l’initiative. Tout est prêt dans son cœur de Père pour qu’Il nous accueille, nous serre dans ses bras, nous rende participant de la joie trinitaire.

2) Un vêtement de noce

La lecture brève omet la fin de la parabole : dommage, car c’est là que se situe la pointe, la clé de compréhension. Le début, c’est cette polémique – du Christ et surtout de l’Eglise naissance – avec les juifs, ces invités qui refusent l’invitation et qui tuent les prophètes. « Les invités n’en étaient pas dignes » constate Matthieu. Ils n’ont pas compris que le Christ venait « pour les mauvais comme pour les bons », et surtout pour les mauvais, les malades et les pécheurs…

Tous sont invités à cette noce, mais il y a cet « homme qui ne portait pas le vêtement de noce ». C’est, bien sûr, l’image de la robe baptismale, mais, plus profondément, le désir en chaque homme de la rencontre, ce désir de faire la joie de Dieu. Rappelons-nous les jeunes filles folles qui ne pourront entrer dans la salle des noces. Il faut qu’au désir de Dieu, corresponde celui de l’homme. ‘Fermer l’anneau d’or des fiançailles éternelles’ aurait dit Maurice Zundel…

3) Un silence

Tout n’est pas terminé, tout peut bien se terminer si cet homme accepte d’entrer en dialogue avec Dieu. Mais « l’autre garda le silence ». Terrible… Est-ce l’indifférence, les distractions… ? Rappelons le semeur et la bonne terre. Et pourtant, cet homme, le roi l’appelle « mon ami ». « Je ne vous appelle plus serviteur, mais amis » dira Jésus. Etonnement de Dieu –du roi – qu’on ne réponde pas à son amour et pourtant, il insiste, avec affection et douceur : « mon ami ».

Ce qui est terrible, c’est que l’homme ne saisisse pas cette dernière chance. D’où cette fin dramatique dans la parabole. Mais cela reste une parabole. Enfin, Pierre, lui, a « pleuré amèrement » tandis que Judas est allé se pendre. Liberté de répondre ou non. Jusqu’au bout, Dieu nous sollicite pour les noces qu’Il a préparées. Alors, qu’est-ce que le royaume puisqu’il s’agit d’une des paraboles du royaume ? C’est cet échange de 2 désirs : Dieu qui sollicité, l’homme qui balbutie une réponse. Cette réponse, elle est donnée par le Christ : engouffrons-nous dans cette réponse (« je peux tout en Celui qui me donne la force ») pour, avec le Christ, faire la joie de Dieu.