Prier, pour nous ajuster au projet de Dieu

 29ème dimanche du temps ordinaire ‘C’  – Saint-Romain –  20 octobre 2019

1) 5 fois le mot ‘justice’ dans l’évangile

Est-ce cette justice de Dieu, que l’on opposerait à sa miséricorde ? Ce Dieu vengeur, qui est implacable dans ses ordres ? Mais n’est-ce pas plutôt ‘s’ajuster’ à Dieu, entrer dans son désir de nous sauver, de nous ramener vers Lui. De nous rendre collaborateur de son Royaume… ?

Il nous faut donc « prier sans nous décourager » comme le demande le Christ. Non pas pour faire évoluer Dieu, faire qu’Il réponde à nos demande. Mais bien plutôt, Lui permettre, avec sa grâce, de nous changer nous-mêmes, insensiblement, pour nous ‘ajuster’ à son projet, nous faire mieux percevoir ce qu’Il attend de chacun de nous.

Alors, ne faut-il pas nous interroger : pour quoi prions-nous ? Est-ce pour faire changer Dieu ou bien, est-ce pour nous permettre de mieux collaborer à son projet de salut ?

2) N’est-ce pas alors l’évangile de l’impatience de Dieu ?

La parabole du juge est comme un faire-valoir des sentiments du Père. Ce juge, il est effroyable, c’est une caricature. Cette femme l’ennuie, elle l’assomme… S’il accède à sa demande, c’est bien pour être tranquille. C’est bien sûr une caricature, pour mettre en valeur les sentiments de Dieu qui, Lui, souhaite de tout son cœur d’accéder à nos demandes : « bien vite, il leur fera justice ».

Impatience de Dieu, il a hâte que nous nous ajustions à son projet d’amour ; Il est toujours présent, pour guetter notre demande, notre retour vers Lui. Rappelez-vous le Fils prodigue…  Dieu est toujours là, en attente, mais … c’est nous qui ne sommes pas là. Nous sommes ‘ailleurs’, pas sur la même longueur d’onde, occupés à des choses sans importance.

Alors, sommes-nous vraiment attentifs à cette impatience de Dieu, ce bon berger qui vient à notre rencontre pour nous porter sur son cœur ?

3) C’est toute la question de la foi

Grave question, qui clôture ce passage : « Trouvera-t-il la foi sur la terre ? ». Angoisse de notre Dieu. La foi, ce n’est pas un catalogue de vérité auxquelles il faut adhérer. C’est une démarche, un déplacement ver Dieu, une sortie de notre moi vers cet Autre qui nous sollicite ; Déplacement qui, bien sûr, va déranger nos habitudes, nos quiétudes. ‘L’intranquillité’, comme le souligne Marion Muller-Collard… Parce qu’accepter de ‘s’ajuster’ à Dieu, fait mal, nous perturbe.

Le risque, dénoncé par le Christ, c’est d’avoir une foi bien tranquille. Une foi tiède, sans risque ni aventure. Une foi politiquement correcte. Une foi qui, finalement, est parasitée par le relativisme, le sécularisme ambiant. Il suffirait d’être bon et gentil…

Croire, n’est-ce pas alors accepter de combattre, de sortir des sentiers battus, qui vite deviendront des ornières où nous risquons de nous enliser ? En ces temps de ‘rupture anthropologique majeure’, il n’est plus possible d’être bien tranquille, parce qu’insensiblement, nous nous ferons laminer, jusqu’à ce qu’à son retour, le Fils de l’Homme risque de ne plus rien trouver sur la terre…