Et pour Dieu, que représente le baptême ?

Homélie du père Rabel sur l’Evangile de saint Luc (3, 15-16, 21-22) Baptême du Seigneur ‘C’  – St Romain / NDB –   13 janvier 2019

1) Le baptême, c’est d’abord un regard…

Qu’est-ce que ça change, en effet, que d’être baptisé ? Prenons l’exemple d’un groupe d’enfants : nous regardons chacun avec tendresse. Mais si, parmi eux, il y a notre propre enfant, notre regard est différent, parce que notre relation est une relation paternelle, maternelle… « Toi, tu es mon Fils bien-aimé » dit le Père à Jésus.

Jésus est le Fils pour être le frère aîné d’une multitude. Et le baptême, c’est cela : accepter ce lien avec Jésus pour qu’avec lui, en lui, le Père puisse nous regarder en se disant : ‘Celui-ci est mon fils, celle-ci est ma fille bien-aimés’. Jésus n’avait aucunement besoin d’être baptisé, puisqu’il est sans péché ; mais il a accepté de passer par là pour que nous devenions fils, fille de Dieu, en lui. Bien entendu, Dieu aime tous les hommes, puisqu’Il les a créés ; mais avec le baptême, naît une relation nouvelle entre lui et nous : une relation filiale. Nous devenons fils dans le Fils aîné.

 

2) Le baptême, c’est aussi une invitation

Cette « voix qui vient du ciel » et qui invite. Si nous allons chez quelqu’un, nous franchissons d’abord le seuil de la maison et le baptême, c’est cela : franchir le seuil. Mais celui qui nous a invités nous dit, bien sûr, d’aller plus loin que le seuil. Et cette « voix venue du Ciel » nous dit : ‘Viens plus profond, entre dans mon intimité, viens demeurer avec moi’. C’est pourquoi le baptême est le 1er des sacrements mais il doit nous conduire plus profond dans la relation avec Dieu.

Le baptême, c’est accueillir cette force qui nous fait franchir le pas, accepter cette invitation, cette main tendue. Pour aller au cœur de la maison, cette ‘salle de séjour’ où l’on sera dans l’intimité de Dieu, où l’on séjournera avec Lui. Les amoureux en restent-ils à de simples paroles ?  C’est d’abord le silence, où l’on peut se dire tant de choses… Et cette intimité, elle a pour nom la messe, l’eucharistie, ce moment où Dieu, par son Fils, nous dit : « Voici mon corps, mon sang. Prends ! ». Toute ma vie que je veux te donner. Etre baptisé, c’est accepter cette alliance nuptiale que Dieu propose à chacun. Ce n’est pas en rester sur le seuil, mais aller au cœur de cet échange où Dieu se donne entièrement.

3) Enfin, le baptême, c’est une joie

Mais pas d’abord notre joie à nous, mais bien celle de Dieu : « En toi, je trouve ma joie ». Jésus fait la joie de son Père, parce qu’il répond pleinement à son projet qui est de réunir toute l’humanité, toute la création autour de lui. Qui est que la charité – et non la haine – soit 1re entre nous. Est-ce que la plus grande joie d’un père, d’une mère, ne se trouve pas dans son enfant, dans le sourire de l’enfant, dans cet enfant qui se précipite dans leurs bras ?

C’est cela, le baptême : se précipiter dans les bras de Dieu qui n’attend que cela et ainsi faire sa joie. Ce n’est certes pas un privilège, mais c’est un cadeau que nous faisons à notre Dieu. Notre Dieu n’est ni impassible, ni lointain. Comme un berger, nous dit Isaïe, il veut nous porter sur son cœur, nous étreindre de tout son amour. Pour nous faire passer sa vie, nous rendre semblable à Lui. Pour que, comme nous le récitons dans le Notre-Père, « que son règne vienne ». C’est cela être baptisé.