Le plus grand commandement

30 ème dimanche du temps ordinaire ‘A’  – Saint-Romain –  25 octobre 2020

1) Il y a un grand commandement

C’est différent en St Marc où le 1er commandement, c’est « Ecoute, Israël ». C’est l’attitude 1re : pratiquer un commandement, c’est répondre à un appel, donc savoir écouter. On ne peut aimer Dieu que si on entre en dialogue avec Lui, que si on le découvre, nous sollicitant continuellement.

Toujours en St Marc, il s’agit du « premier » commandement et, en St Luc, c’est globalement identique. Seul St Matthieu parle du « grand » commandement : « le grand, le 1er », il y a donc insistance sur ce commandement. C’est donc ce commandement qui doit fonder notre vie, sachant que ce mot signifie également ‘la flèche’, c’est-à-dire le sens, la direction que l’on doit donner à son existence. Toute notre vie doit s’appuyer sur cet amour que l’on doit rendre à ce Dieu qui ne cesse de nous aimer. On le voit bien dans le psaume : « Je t’aime, Seigneur, ma force, mon roc, ma forteresse… ».

2) Il y a aussi un second commandement

Ce commandement  – aimer son prochain –  est semblable au 1er, mais n’est pas le plus grand : il est non pas secondaire, mais second c’est-à-dire qu’il découle du 1er, aimer Dieu. De fait, peut-on aimer son prochain (ou plutôt se faire prochain’ comme il est dit dans la parabole du Bon Samaritain) si l’on n’est pas irrigué par ce dialogue d’amour entre Dieu et soi-même ?

Rappelons-nous la phrase de Dostoïevski : ‘Si Dieu n’existe pas, tout est permis’. Puisque aujourd’hui, pour la plupart de nos contemporains, Dieu n’existe plus, que l’on se passe de Lui, tout est permis, il n’y a plus aucune limite. Fratelli tutti : ‘Lorsqu’on ne reconnaît plus aucune vérité objective, ni de principes universellement valables…’ (§ 206). Et tout le chapitre 6 sur la loi naturelle. Et c’est le plus fort qui va s’imposer dans la révision des lois de bioéthique, c’est-à-dire la violence institutionnalisée… ! Ou bien, pour certains, du fait d’une image faussée de la divinité, tout est permis, même le meurtre. D’où cette société qui titube, qui fait n’importe quoi, qui va de violence en violence. Une violence qu’on ne pourra pas arrêter, si ce n’est par des incantations impuissantes…

3) La conséquence, c’et se convertir au vrai Dieu.

Beaucoup on dit récemment à ceux qui nous gouvernent : assez d’émotion et de discours vains, il vous faut maintenant du courage. Mais à nous, croyants, ne nous faut-il pas aussi le courage de nous convertir ? Notre société a prétendu prendre la place de Dieu, dans une démesure folle et mortifère. Dans Laudato si’, le pape le disait bien : ‘Nous ne sommes pas Dieu’ (§ 67) ou encore : ‘La meilleure manière de mettre l’être humain à sa place et de mettre fin à ses prétentions d’être un dominateur absolu de la terre, c’est de proposer la figure d’un Père créateur’ (§ 75), un Dieu qui nous invite à continuer cette œuvre de création comme de bons gérants.

« Ainsi parle le Seigneur » commence ce passage de l’Exode, et la réponse, c’est bien d’aimer son prochain : « tu n’exploiteras pas l’immigré… ». Cet amour du prochain découle de l’écoute du Seigneur. Nous sommes aujourd’hui focalisés sur une violence terroriste, terrible en effet. Mais que cela ne nous fasse pas oublier une violence légale, vis-à-vis du plus faible, cette violence que la révision des lois de bioéthique veut encore augmenter, allant jusqu’à l’infanticide. Nous avons, nous, les seules armes de la foi, de l’espérance et de la charité : elles sont puissantes, utilisons-les au maximum. « Votre foi en Dieu s’est si bien répandue… » constate St Paul chez les Thessaloniciens. Un appel à évangéliser, urgence plus que jamais urgente en ce monde devenu fou.