Suivre le Christ : trois conditions

13ème dimanche du temps ordinaire ‘C’  – Saint-Romain –  30 juin 2019

 

1) Trois conditions pour suivre le Christ : Ne pas s’obnubiler devant les obstacles

Des samaritains refusent de recevoir les messagers du Christ. Comment réagir ? Déception, voire colère. Ou bien panique devant ce refus, angoisse parce que le Christ ne sera pas annoncé ? Voyez la réponse de Jésus : allez plus loin, continuez votre route…

Aujourd’hui, c’est plus insidieux, mais c’est le même refus du Christ. La PMA pour toutes, c’est-à-dire l’instrumentalisation de la procréation et la décomposition du lien familial. Un nouveau pas vers le transhumanisme. L’affaire Vincent Lambert ou l’euthanasie déguisée. La proposition de loi ‘visant à lutter contre la haine sur internet’ : un projet de loi liberticide, la police de la pensée à l’œuvre… avec les meilleures intentions du monde ! Il y a cette phrase étonnante du procureur général, devant la Cour de Cassation, ce lundi : « Reconnaître le droit à la vie comme valeur suprême dans l’échelle des droits de l’homme aurait pour effet de remettre en cause les lois Léonetti ou relatives à l’IVG ». On pourrait baisser les bras, désespérer. Sur ce fond d’apostasie tranquille, notre situation de minoritaire ne doit pas nous paralyser. « Laissez-vous conduire par l’Esprit » nous dit St Paul.

 

2) 2ème condition : faire confiance

« Le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête ». Cela signifie que les disciples doivent le suivre, sans trop savoir où il veut les mener. Voyez Abraham : « Va vers un pays que je te montrerai » ou encore Pierre, après la résurrection : « Toi, suis-moi ! ». Tout cela prophétisé avec Elisée : « suivre Elie et se mettre à son service », Elie annonçant le Christ, bien entendu.

Un article intéressant de François Sureau, justement sur les lois liberticide ; il écrit : ‘L’Etat n’a plus d’autres fonctions que de garantir les désirs’. Or, St Paul affirme : « Vous, frères, vous avez été appelés à la liberté » : non pas choisir en fonction de ce qui nous plait, mais agir en fonction du bien, c’est cela, la vraie liberté. Un appel à suivre le Christ, qui donne la vraie liberté, celui qui nous redit : « N’ayez pas peur, je suis vainqueur du monde ». C’est-à-dire vainqueur de tous les esclavages. Un appel à se mettre au service de cette société qui ne sait plus trop où elle va, au gré des désirs des uns et des autres…

 

3) 3ème condition : rester dans l’espérance

Enterrer son père, dire adieu à ses proche, c’est humainement compréhensible. Si le Christ réagit vivement, c’est pour faire comprendre que le risque, c’est de rester tourné vers le passé, le regretter : ‘C’était si bien avant… !’. Or le Christ pousse à l’espérance, vers l’avenir, ‘Tenez bon, ne vous mettez pas de nouveau sous le joug de l’esclavage’.

L’espérance n’est pas la naïveté, elle nous demander de discerner, d’être lucides sur les enjeux actuels. Voyez par exemple le texte des évêques : ‘Qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui ? ‘. Mais il y a aussi des livres plus détaillés… Finalement : peut-on s’ériger en juge de la vie humaine ? Il ne faut pas se contenter de ce que disent les média, qui poussent au relativisme. Avec cet écroulement du civisme, nous avons, plus que jamais, à prendre notre place dans notre société, car le seul problème ‘sociétal’, c’est bien la dislocation de notre corps social… Travailler contre cette deshumanisation et pour le bien commun. Se mettre au service de la cité. Cela peut commencer très petitement : le service de la famille, telle association locale, nos relations de voisinage. Bref, ne pas déserter ! Jésus, dans l’évangile, a « le visage déterminé » : soyons aussi déterminés pour reconstruire  notre société qui a tellement besoin de l’Evangile.