Témoigner et persévérer

               33e dimanche du temps ordinaire ‘C’  – St Romain –  17 novembre 2019

1) Trois conseils du Christ en cette fin d’année liturgique : rendre témoignage

« Cela vous amènera à rendre témoignage ». Rappelons-nous, alors que ce   texte a une tonalité bien sombre, qu’évangile signifie ‘bonne nouvelle’. Témoigner de la bonne nouvelle. L’occasion de ce que dit le Christ, c’est le Temple, dont il annonce la destruction prochaine. Parce que le véritable temple, c’est lui et, de par notre baptême, chacun de nous. Aujourd’hui, notre Eglise-institution menace de s’effondrer : crise des vocations, ventes d’églises et de séminaires…, les petits enfants qui ne sont plus baptisés.  Et les mœurs d’un certain clergé. Mais il reste l’essentiel : le Corps du Christ, dans toute cette pauvreté, qui nous enrichit.

Il y a l’histoire extérieure et matérielle de l’Eglise : que de ruines ! Mais, plus profondément, il y a ce mystère de foi, où Jésus se communique à travers nous. Rendre témoignage, dans ces moments bien sombres, de la lumière du ressuscité. C’est un appel qu’il nous lance : oublier tout ce qui n’est pas lui, pour devenir les sacrements de sa présence, les tabernacles de son désir de sauver ce monde.

2) Deuxième conseil : ne pas se préoccuper de notre défense

« Vous n’avez pas à vous préoccuper de votre défense ». On ne fait que parler d’islamophobie, d’homophobie, bref de toutes ces phobies nouvelles. On oublie cependant cette christianophobie ! Profanations d’église, marginalisations des catholiques, moqueries en tous genres. Pas de martyre de sang (pourtant le Père Hamel) mais, sous prétexte de laïcité mal comprise, mise à l’écart de notre foi. Ce qui nous paraissait le plus évident ne l’est plus : la nature humaine, la personne dans sa dignité…

Dans ces moments de crise profonde, il ne s’agit pas de se crisper, de se mettre en état de forteresse assiégée, mais de tout miser sur le Christ : « C’est moi qui vous donnerai un langage et une sagesse ». Il ne s’agit pas, comme l’écrit St paul, d’être « affairé sans rien faire », mais de prier l’Esprit-Saint, de prendre le temps d’accueillir ce que le Père veut nous dire. Il ne s’agit pas tant de se défendre qu’inlassablement témoigner de la véritable liberté chrétienne, de la dignité que confère à chacun le fait d’être créé et racheté. Mais aussi de témoigner que la grandeur de l’homme va de pair avec ses fragilités et ses limites.

3) Troisième conseil : persévérer.

« C’est par votre persévérance que vous garderez la vie ». La persévérance : « Vous n’avez pas eu la force de veiller seulement une heure avec moi ». Appel à accompagner Jésus dans son agonie puisque, Pascal nous le redit, il est en agonie jusqu’à la fin du monde. Nous sommes dans une situation tragique mais rappelons St Paul : « la détresse, nous le savons, produit la persévérance » (Rm 5,3).  Et de poursuivre : « Et l’espérance ne déçoit pas ». Car la pire attaque du démon, c’est la désespérance : le ‘à quoi bon !’.

Nous sommes dans les derniers temps, depuis 2000 ans, et Jésus nous demande de ne pas déserter. Cependant, cette persévérance qui nous est demandée, elle ne peut venir que d’une vie de foi profonde, d’une relation renouvelée avec le Seigneur. Et cela nous oblige à faire des choix, à moins nous ‘divertir’ comme nous y invite la société de consommation. A « prier en tout temps » (Lc 21, 36) nous demande Jésus, qui poursuit : « afin que vous ayez la force d’échapper à tout ce qui doit arriver et de vous tenir debout devant le Fils de l’Homme ».