Trois cadeaux du Seigneur

6ème dimanche de Pâques  – N-D des Bruyères –  26 mai 2019

 

1) Trois cadeaux qui nous sont faits par le Seigneur : la présence en nous de la Trinité

A la messe, après la consécration, le prêtre dit « quand nous serons remplis de l’Esprit-Saint », et, avec le St Esprit, c’est le Père et le Fils qui viennent faire en nous leur demeure. La messe renouvelle en nous ce cadeau merveilleux qui nous est fait au baptême. Le pape St Grégoire le Grand écrivait : « Le ciel, c’est l’âme du juste ». Et c’est vrai qu’on aurait envie de s’agenouiller devant un nouveau baptisé… Le sanctuaire de la Jérusalem nouvelle, dit l’Apocalypse, c’est l’Agneau… : le Christ Jésus qui vient en nous faire sa demeure.

La conséquence, c’est l’immense dignité  de chaque être humain, appelé à devenir le tabernacle de la Trinité. Ce que je dis parfois aux baptêmes : il y a des superbes cathédrales, mais la plus belle cathédrale, c’est le cœur de celui qui accueille Dieu. Mais cela ne suffit pas d’être tabernacle, il faut être des ostensoirs de la Présence de Dieu, rayonner Dieu qui vit en nous, par notre manière d’être. Et considérer l’autre, surtout le plus fragile comme l’ostensoir de ce Dieu qui s’est fait fragile.

 

2) Le 2ème cadeau, c’est la paix.

Ou plutôt, « ma paix », celle qui vient de Jésus. ‘Que la paix du Seigneur soit toujours avec vous’ dit le prêtre à la messe. Cependant Jésus dit : « Je ne suis pas venu apporter la paix, mais la division » : de fait, il ne s’agit pas de n’importe quelle paix. C’est une paix ancrée sur la vérité et, forcement, un signe de contradiction. Voyez déjà l’affrontement à Antioche, dans la 1re lecture…

En 1938, rentrant de Munich, Chamberlain pouvait s’écrier : ‘C’est la paix pour notre temps’… C’est un peu comme l’expression familière : ‘Fiche-moi la paix’, c’est-à-dire : ne me dérange surtout pas. A la messe, après le Notre-Père, le célébrant demande à Dieu : « Donne la paix à notre temps ». Notre société n’est-elle pas bâtie sur une fausse paix, source de violence. Lorsque le prêtre dit : « Frères et sœurs, dans la charité du Christ, donnez-vous la paix’ ce n’est pas une gentille invitation à s’embrasser, mais c’est accepter qu’ensemble, nous soyons signes de contradiction.

 

3) Le 3ème cadeau, c’est la joie

Toujours après le Notre-Père, le célébrant demande à Dieu : ‘cette vie où nous espérons le bonheur que tu promets’. « Je vous dis cela pour que ma joie soit en vous », c’est la promesse de Jésus aux apôtres. « Que les nations chantent leur joie » nous dit le psaume de ce dimanche.

Nous sommes toujours dans le temps pascal. Le baptisé est soumis aux mêmes soucis, aux mêmes épreuves que le non croyant. Alors quelle joie ? Celle de se savoir aimé, accompagné et savoir que notre joie va faire celle de Dieu. La joie est vraiment, avec la paix, signes de la présence divine en nous. Aujourd’hui nos contemporains sont marqués par le désenchantement, par des peurs diverses, se perdant en divertissements pour oublier. Si nous avons à travailler pour la vraie paix, nous avons également pour mission d’être les témoins joyeux de cette présence divine au cœur de chaque homme.