Un enfant se construit dans la réciprocité de l’amour

25e dimanche du temps ordinaire ‘B’ – Saint-Romain – 19 septembre 2021

1) Logique de cet évangile : d’abord, les gens se font une idée de Dieu

Jésus traverse la Galilée avec ses disciples. La Galilée, c’est notre société, notre vie. Cette vie que l’on traverse avec, nous rappelle le Christ, au centre, au cœur, le mystère pascal. Les disciples ne comprennent pas : est-ce que nous comprenons ? Et ils ont peur de l’interroger, parce qu’ils se font une toute autre idée de Dieu.

Et nous : quelle idée de Dieu avons-nous ? La liturgie ne nous aide pas en parlant d’un Dieu ‘tout-puissant’. Qui est Dieu, ce Père révélé par le mystère pascal du Christ ? Que veut dire ce mot si ambigu : ‘Dieu’ ? Comme les disciples, n’avons-nous pas peur d’être déstabilisés dans nos certitudes ?

2) Pour comprendre qui est Dieu, Jésus nous dit : faites-vous une idée juste de vous-même

On quitte les routes de Galilée pour arriver à la maison, c’est-à-dire, pour nous, l’Eglise. Et de nouveau, Jésus enseigne ses disciples, St Marc nous précisant qu’il s’assoie, attitude de celui qui enseigne… L’Eglise, c’est le lieu où l’on doit discerner qui est Dieu, en vérité, mais aussi, qui est l’homme, qui sommes-nous ? Comment avoir une vie bonne ?

Jésus donne la réponse : la vie bonne, c’est de se mettre au service. C’est là où l’homme acquiert sa plénitude, sa vraie dimension. La question de savoir « qui était le plus grand » n’est pas fausse, mais Jésus leur dit, et nous dit, quelle est la vrai grandeur, comment vivre en plénitude son humanité. Il ne s’agit pas d’être grand dans la démesure, ce qui nous guette aujourd’hui, mais d’être le premier par le don de soi.

3) En découvrant qui vous devez être, vous découvrirez alors la vraie nature de Dieu

C’est ce passage avec l’enfant. Attention, il ne s’agit ni d’émotion, ni de sensiblerie. Encore moins de l’enfant-roi : à l’époque, un enfant n’est rien ! Mais hier comme aujourd’hui, un enfant est la vulnérabilité même, la dépendance totale, un être qui ne peut vivre que par l’autre. Et qui se construit dans la réciprocité de l’amour.

C’est alors, avec cet exemple, que Jésus nous montre là où réside cette paradoxale ‘toute-puissance’ de Dieu, sa véritable grandeur : il n’est tout puissant que lorsque l’on répond à son amour, car il est la vulnérabilité même, la pauvreté absolue. Il n’est rien, il est un enfant, sauf si on accueille sa proposition d’alliance, et si par le don de soi-même, on permet à Dieu de se donner, de se construire. ‘L’Amour n’est pas aimé’ : pour comprendre cela il faut se mettre à l’école de Dieu, accueillir cette vulnérabilité, ce désir d’être aimé. Pour ensemble, célébrer ces noces du Royaume. ‘Fermer l’anneau d’or des fiançailles éternelles’ ne cessait de dire Maurice Zundel…