Vous êtes le sel de la terre et la lumière du monde !

5ème dimanche du temps ordinaire ‘A’  – Saint-Romain –  9 février 2020

1) « VOUS ÊTES LE SEL, LA LUMIÈRE »

N’est-ce pas un peu fort ? Car Jésus ne dit pas : ‘J’aimerais tellement que vous soyez sel, lumière’, mais il constate : « Vous êtes ». N’est-ce pas présomptueux ? C’est, bien entendu, en référence à notre baptême : le baptisé, est-il alors un surhomme ? Non, mais rappelons-nous St Paul : « Je peux tout en Celui qui me rend fort ». Et ici, en 2ème lecture : « C’est l’Esprit et sa puissance ».

Je voudrais vous parler de la paroisse de Figeac, dans le Lot : début février, l’article d’un hebdomadaire décrivait sa ‘révolution pastorale’. ‘Le missionnaire n’est pas forcement celui qui pratique chaque dimanche, mais celui qui a vécu une rencontre personnelle avec le Christ’, affirme une paroissienne. Avez-vous vécu cette rencontre ? Peut-être il y a longtemps… et aujourd’hui ?

2) Parce que le sel peut s’affadir, cette lumière peut être cachée…

Le sel devient fade lorsqu’il n’est pas utilisé ; et il serait paradoxal d’allumer une lumière pour la cacher… C’est toujours la question de cette ‘âme habituée’ dont il n’y a pas pire pour Péguy… Mettre la lampe sur le lampadaire, comme le demande Jésus, c’est prendre les moyens d’avoir une âme de feu, et non pas affadie…

A Figeac, que veulent-ils ? ‘Une paroisse non plus occupée à l’entretien, envers et contre tous, de structures condamnées, mais résolument tournée vers l’immense majorité de ceux qui ne connaissent pas ou peu le Christ’ insiste l’article. Ici, à Sèvres, rappelons-nous qu’il s’agit de 98% de nos concitoyens…

3) Alors, que demande Jésus ? « Que votre lumière brille devant les hommes ».

A Figeac, que se passe-t-il ? « Nous travaillons à un changement de culture, visant à remettre l’évangélisation au cœur de la vie chrétienne’ affirme un membre de l’équipe pastorale – pardon : de l’équipe de transformation pastorale. Et, pour le curé, le constat est simple : ‘On sait baptiser, pas de problème. Mais on ne sait plus comment faire des disciples’.

Il y a ici, comme dans le Lot, une réponse forte à donner à l’appel fort du Seigneur et à cesser de ronronner dans notre église rénovée. A quoi servirait une église restaurée si nos âmes n’étaient pas aussi restaurées dans l’élan de l’Esprit-Saint ? Parce qu’il y a urgence, on ne le voit que trop, entre cette violence qui ne cesse d’augmenter et cette deshumanisation croissante. « Voyant ce que vous faites de bien » dit Jésus, parce qu’il faut se mettre à sa suite, lui qui « est passé en faisant le bien ». Qu’est-ce qu’aujourd’hui « faire le bien », sachant que l’Eglise n’est pas une organisation humanitaire ? C’est à chacun, à la lumière de la Parole de Dieu et en comprenant bien les enjeux de notre société, de répondre à cette question afin que, nous dit Jésus « les hommes rendent gloire au Père ».