“Vous ne pouvez pas servir deux maîtres”

25ème dimanche du temps ordinaire ‘C’  – St Romain / NDB –  22 septembre 2019

1) Ce maître qui fait l’éloge… ?

Un peu étonnant. On comprend mieux si on se rend compte que, ce que le gérant malhonnête défalque des dettes : 50 barils d’huile ou 20 sacs de blé, c’est tout simplement sa commission, exorbitante en effet, mais ces opérations ne lèsent en aucun cas le maître. Du coup, celui-ci peut faire l’éloge de l’habileté de son gérant qui se tire d’affaire à bon compte… Bien sûr, ce n’est pas très moral mais chacun y trouve son compte !

Que retenir cependant de cette parabole ? Quelle est la ‘clé’, comme on dit ? C’est la réflexion de ce gérant et son habileté à sortir de ce mauvais pas. Or, remarque Jésus : « les fils de ce monde sont plus habiles entre eux que les fils de la lumière ». Un appel, donc, à bien voir la situation, ses enjeux, et réagir rapidement, avec habileté. Si nous sommes devenus par notre baptême des « fils de la lumière », encore faut-il que cette lumière nous fasse réagir et poser des actes en fonction du projet de Dieu. Bref, un appel au discernement, pour devenir de vrais disciples, auxquels cet évangile est destiné.

2) Il nous faut donc « être digne de confiance »

Il ne s’agit plus alors du gérant de cette parabole qui, de fait, n’était pas digne de confiance, mais bien de nous, les « fils de la lumière ». Nous sommes invités à être les gérants, les collaborateurs de Dieu, ses ‘ambassadeurs’, à travers la gérance des choses de ce monde. Le gérant était malhonnête, c’est un fait, mais nous, nous n’avons pas à être seulement honnêtes, mais habiles, avisés. Rappelons nous l’appel de Vatican II aux laïcs : ‘La vocation propre des laïcs consiste à chercher le règne de Dieu précisément à travers la gérance des choses temporelles qu’ils ordonnent selon Dieu’ (L.G. § 31).

Et pour ordonner ces choses temporelles, il nous faut réfléchir, réagir, être habile ! Nous sommes en charge des réalités terrestres, nous y avons notre responsabilité propre de chrétien. Comme le rappelaient les évêques, au sujet des lois de bioéthique, il est important de ‘se manifester’. Prier est un chose – bien nécessaire – travailler concrètement pour un monde plus humain est tout aussi important

3) Notre objectif, c’est le « bien véritable » dont parle Jésus

Rappelons nous la définition du ministère public du Christ d’après St Pierre : ‘Jésus, cet homme qui est passé en faisant le bien’, c’est-à-dire en étant le Royaume sur terre, en y posant les fondations. Ce bien véritable, c’est le Royaume de Dieu, auquel nous sommes appelés à participer. Nous ne sommes pas encore au ciel ou plutôt, le ciel c’est à nous de le devenir, dès cette terre, et d’y rayonner la grâce du Christ. « Se faire des amis avec l’argent malhonnête » c’est cela : à travers l’ambivalence des choses terrestres, les ordonner vers Dieu, avec droiture et générosité.

« Vous ne pouvez servir deux maîtres » nous rappelle Jésus. En effet, nous avons continuellement à faire des choix, éclairés par la Parole de Dieu, pour que nos actions, nos responsabilités concourent à ce « bien véritable » qu’est l’établissement, l’expansion du Royaume. Ne fuyons pas ces réalités terrestres, même si elles nous déconcertent, mais continuons à y discerner les traces de l’Esprit et à contribuer au renouvellement de ce monde appelé à devenir Royaume.