Pour des ‘vacances apprenantes’

Vous le savez sans doute, le ministre de l’Éducation Nationale a lancé, le 6 juin dernier, l’opération ‘vacances apprenantes’ ; cette opération « doit permettre à un million d’élèves de combler de manière distrayante et enrichissante les lacunes accumulées depuis le début de la période de confinement ». Lorsque j’étais enfant, il y avait ces ‘devoirs de vacances’ qui, finalement, permettaient de joindre l’utile à l’agréable et de se sentir prêt pour la rentrée des classes. Alors… si nous prenions cette balle au bond, afin de faire de notre été un ‘été apprenant’ ?

Non pas tant d’abord pour un enrichissement personnel (quoique…) qu’en vue d’un renouvellement de notre dynamisme missionnaire, cet élan qui n’est jamais que dans la droite ligne de notre baptême et de notre confirmation ; la Pentecôte et l’envoi de l’Esprit-Saint, un peu brouillés par le dé-confinement, ne sont pas loins. Avec, en filigrane, cette appel insistant du pape pour une Eglise ‘en sortie’.

Le dernier éditorial du P. Pascal faisait référence à deux paragraphes de l’encyclique Laudato Si’, ce texte majeur du pontificat, sur l’écologie intégrale, actualisant la Doctrine sociale de l’Église. Ce texte, qui date de 2015, n’a pas pris une ride ; bien au contraire, les récents évènements et les perspectives nationales ne font que renforcer son actualité.

Je rappelais dimanche dernier que ce temps dit ‘ordinaire’, que la liturgie nous propose, n’est en rien — comme son nom le laisserait entendre — un temps ‘banal’ ; c’est bien au contraire un temps ‘ordonné’, et ordonné à l’expansion du Royaume. Donc un appel renouvelé pour que, dès la rentrée, notre paroisse soit encore plus missionnaire.

Notre devoir de vacances — ou plutôt le plaisir de cet été — ce serait alors de (re)lire cette encyclique (245 courts paragraphes, soit, sur huit semaines, une trentaine de paragraphes chaque semaine : c’est jouable !), mais ce n’est pas le tout. L’intérêt serait alors de confronter ce texte du pape aux évènements que nous vivons actuellement : dé-confinement, perspectives économiques et sociales. Et — last but not least — de mieux percevoir comment notre paroisse de Sèvres pourrait, pour cette année pastorale 2020/2021, en tirer comme enseignements.

Bien sûr, c’est le curé, avec l’Équipe d’Animation Pastorale, qui est chargé de définir la ligne missionnaire, les accents d’évangélisation, mais chacun de vous peut, et doit, en être partie prenante. Un challenge : à la rentrée, ceux qui le souhaiteraient pourraient remettre au P Pascal ou à un membre de l’E.A.P. les conclusions de leur réflexion estivale. On a dit et répété que le ‘jour d’après’ ne serait plus comme le ‘jour d’avant’ : et si notre paroisse se dé-confinait elle aussi, si elle changeait ses habitudes, son ‘on a toujours fait comme ça’ ? Afin de mieux répondre aux préoccupations — et Dieu sait qu’elles sont nombreuses — de nos concitoyens, et leur proposer, à frais nouveaux, la ‘joie de l’Évangile’.

Père Hervé Rabel