Souffrance et espérance

La rentrée est désormais derrière nous et il nous faut maintenant aller de l’avant sans masquer les dures réalités que nous traversons. Ce mois d’octobre s’ouvre avec la présentation des conclusions de la commission concernant les abus sexuels sur les mineurs dans l’Eglise depuis 70 ans. Tout cela ne peut que nous plonger dans une immense souffrance et nous pensons en premier lieu à toutes les victimes blessées dans leur intimité. Plus que jamais nous devons tous nous mobiliser (prêtres et laïcs) pour que notre Eglise soit une « maison sûre » qui respecte la dignité intangible de chacun et surtout des plus fragiles et des plus petits. Je vous invite à lire l’allocution de Mgr Éric de Moulins-Beaufort que vous retrouverez sur le site de la CEF ttps://eglise.catholique.fr/ et le mot de notre évêque, Mgr Matthieu Rougé, qui accompagne ce Trait d’Union.

Tout cela suscite peut-être en nous, de la colère, de la honte, de la tristesse, du dégoût, c’est normal ! Comment pourrions-nous rester indifférents à tout cela ? En outre, en aucun cas nous ne devons sombrer dans le découragement ou le désespoir. Ce mois d’octobre, qui est traditionnellement le mois du Rosaire, doit être aussi le mois de l’espérance théologale ! Mais comprenons bien, « l’espérance n’est pas un simple optimisme, ou un encouragement de circonstance, avec un sourire fuyant » selon les mots du pape François, ce n’est pas non plus serrer les poings en attendant stoïquement des jours meilleurs après la tempête ! Non, notre espérance a un visage, celui du Christ ressuscité vainqueur des ténèbres qui jamais ne nous abandonne. Espérer, c’est tout d’abord accueillir la réalité aussi violente soit-elle et l’accepter quoi qu’il en coûte. Espérer, c’est aussi se laisser rejoindre par le Christ et accueillir sa lumière qui nous invite à une réelle conversion. Espérer, c’est décider résolument de marcher avec le Christ jour après jour. Espérer, c’est enfin se laisser transformer par la paix que Dieu seul peut donner malgré la difficulté du chemin. Ensemble, allons de l’avant dans l’espérance !

Père Edouard Delafon, curé.