Témoignage de Daniel Pautrat, journaliste sportif et paroissien à Sèvres

En 1960, jeune étudiant, passionné de sport, j’étais allé de Paris à Rome en scooter avec un copain pour assister aux Jeux olympiques. A la veille de la cérémonie d’ouverture je me trouvais place Saint-Pierre pour ne pas manquer la bénédiction des athlètes par le pape Jean XXIII dont je me rappelle le message surprenant : « Vous êtes les disciples de saint Paul, cet athlète de la chrétienté… »

D’après les textes, saint Paul, petit, chauve, vouté, n’avait rien d’un athlète à première vue, mais il était d’une énergie infatigable, d’un courage surhumain et il savait nager. Comme en plus il était érudit et parlait plusieurs langues il symbolisait le mens sana in corpore sano cher à Coubertin et avant lui à Platon qui avait dit 4 siècles avant J.C. : « l’ignorant est un homme qui ne sait ni lire ni nager ! »

Pierre de Coubertin, avait scellé cette « nouvelle alliance », la réconciliation de l’olympisme avec la chrétienté, quand il avait été reçu en 1905 par le pape Pie X au Vatican. Journaliste, écrivain, enseignant, philosophe, poète, voyageur, sportif, humaniste, Pierre de Coubertin avait découvert les vertus du sport lors de ses études en Angleterre et il voulait les appliquer à l’éducation des jeunes français et les faire reconnaître par le corps médical.

Ce fut son premier combat avant d’avoir l’idée de convoquer un congrès international le 23 juin 1894 à la Sorbonne pour relancer les Jeux olympiques modernes dont la première édition a été organisée tout naturellement à Athènes, et qui comprenaient des compétitions sportives mais aussi des concours de sculpture, peinture, poésie. Coubertin avait décidé d’en faire « la fête quadriennale du printemps humain ! » Et pour cela il lui fallait des symboles. Le drapeau olympique avec ses 5 anneaux entrelacés, bleu, jaune, noir, vert, rouge, signe d’amitié entre les 5 continents. Pour évoquer les Jeux antiques une flamme est allumée au soleil d’Olympie et elle parcourt le pays organisateur pour répandre la bonne parole. Ce feu sacré, ce flambeau « missionnaire », symbolise l’esprit sain dans un corps sain. La flamme c’est la lumière, le chemin à suivre, Coubertin se qualifiait lui-même « d’éclaireur ». Et c’est aussi la chaleur, celle de l’amitié entre tous les peuples.

Enfin sur une idée de son ami prédicateur dominicain, Henri Didon, Pierre de Fredi, baron de Coubertin a lancé la devise des Jeux olympiques modernes : citius, altius, fortius…plus vite, plus haut, plus fort que je vous laisse interpréter !

Daniel Pautrat, paroissien de Sèvres et auteur de Mémoires olympiques chez Mareuil Editions, 2024