Venez à moi, vous tous qui peinez

   Ils sont lourds, en effet, à porter, ces fardeaux d’aujourd’hui, que ce soient cette pandémie avec sa deuxième vague, ces peurs et ces angoisses qu’elle suscite, la crise économique et sociale… et tant d’autres évènements plus personnels, qui nous touchent. L’Eglise, bien entendu, ne peut rester indifférente, l’Eglise, en fait, chacun de nous, parce que le Christ, lorsqu’il proclamait la Bonne Nouvelle du salut, en même temps guérissait les malades. Et Dieu sait combien ce monde  – et spécialement notre pays –  est malade. Ce n’est pas pour rien que le Bon Samaritain demandait à l’aubergiste à qui il confiait l’homme tombé aux mains des bandits : « Prends soin de lui »…

Il y a 7 ans déjà, bien avant la crise du coronavirus, le pape François écrivait : « Je vois avec clarté que la chose dont a le plus besoin l’Eglise d’aujourd’hui, c’est la capacité de soigner les blessures et de réchauffer le cœur des fidèles, la proximité, la convivialité. Je vois l’Eglise comme UN HOPITAL DE CAMPAGNE APRES UNE BATAILLE […]. Nous devons soigner les blessures. Ensuite nous pourrons aborder le reste. Les personnes doivent être accompagnées et les blessures soignées ».

Cet ‘hôpital de campagne’, nous devons le faire fonctionner à Sèvres, plus que jamais. C’est pourquoi l’Equipe d’Animation Pastorale a souhaité en faire l’axe directeur de notre pastorale de cette année 2020 – 2021. Notre dernière rencontre, le 29 septembre, nous a permis, justement d’y réfléchir, avec l’aide de Samuel Reslinger, responsable de la Pastorale de la Santé ici même.

Nous avons fait un tour d’horizon de ce qui existe déjà : Secours Catholique, Conférence de St Vincent de Paul, le Service évangélique des Malades (SEM), c’est-à-dire la communion à domicile et, bien entendu, la Pastorale de la Santé, à l’hôpital et dans les trois maisons de retraite sévriennes.

Beaucoup se fait, et depuis de nombreuses années ! Mais il faut que chaque paroissien se sente un peu plus mobilisé. Les quelques pistes de réflexions que nous avons tirées c’est d’abord le soutien à ces mouvements d’Eglise, aider à leur coordination, voir ce qui peut être réalisé avec les mouvements autres que chrétiens, en particulier avec la Municipalité.

L’essentiel, nous a rappelé Samuel Reslinger, l’urgence plutôt, c’est cette lutte contre la solitude, l’isolement, la pauvreté affective, les souffrances psychologiques et spirituelles. Ne doit-on pas insister sur le sacrement des malades, si méconnu ? Le célébrer plus souvent ? Et comment permettre un ‘maillage’, dans les quartiers, ces ‘Petites Communautés Fraternelle de Foi’ que Mgr Daucourt avait mises en œuvre ?

« Le besoin de consolation et de guérison spirituelle de beaucoup de nos frères et sœurs doit aussi être accueilli et accompagné avec soin » soulignait Mgr Rougé dans sa dernière lettre pastorale. Vaste programme ! Mais qui doit être notre priorité ici, à Sèvres. Ne s’agit-il pas de « cultiver la proximité », comme le soulignait un article récent (1) ? Le mois d’octobre est, traditionnellement, placé sous la protection de la Ste Vierge : demandons à Notre-Dame des Douleurs, qui est aussi Notre-Dame de la Sainte-Espérance, de nous stimuler en ce domaine.

 

Père Hervé Rabel

1) Dans Etudes, octobre 2020. ‘Leçons du confinement pour l’Eglise’.