La boussole ou le roseau ?

Connaissez-vous Franz Jägerstätter, béatifié il y a quelques années par le pape Benoit XVI ? J’ai une grande admiration pour cet Autrichien, décapité le 9 août 1943, à l’âge de 36 ans pour s’être opposé fermement au régime nazi. Simple paysan, Franz est un homme sans histoire, travailleur, épris de sa femme Franziska et bon père de famille. Le jeune foyer consacré au Cœur de Jésus était profondément chrétien. Franz fut condamné et martyrisé pour son refus de combattre pour le troisième Reich lorsqu’il reçoit son ordre de mobilisation. Jusqu’au bout, au nom de sa foi et de sa conscience pétrie de l’évangile qui était sa seule boussole, il a refusé de prêter serment à Hitler. Contre l’avis de ses amis villageois et de certaines autorités religieuses qui l’encourageaient à plus de souplesse et d’abnégation pour préserver sa famille, il refusa toute duplicité sans jamais juger ceux qui agissaient différemment. Sa résistance était fondée sur la prière, la lecture de la Parole de Dieu et le soutien sans faille de son épouse qui n’ignorait pas les conséquences d’un tel choix. Aux yeux du monde ce positionnement pouvait sembler opiniâtre et inutile, mais peu importe. Pour Franz rien ne pouvait faire fléchir l’orientation que lui dictait sa conscience qu’il refusait de considérer comme un roseau flexible en fonction des situations tragiques de l’histoire et des intérêts personnels. « La conscience est le centre le plus intime de l’homme, le sanctuaire où il est seul avec Dieu et où sa voix se faire entendre », nous dit le catéchisme (n°1776), et nous sommes tous responsables de la former à la lumière de l’Evangile et de l’enseignement de l’Eglise. C’est une tâche de toute une vie mais surtout c’est une boussole pour grandir en vérité face à Dieu, face aux autres et face à soi-même.

Pour en savoir plus sur la vie de Franz (1907-1943)
– Un podcast (12 min)

– Le film Une vie cachée, de Terrence Malick (2019)