C’était un lundi de carême il y a quelques jours. Comme vous le savez, c’est un jour que j’apprécie particulièrement, car c’est ma pause hebdomadaire et j’en profite souvent pour faire quelques escapades loin des préoccupations paroissiales. J’étais à Paris au « jardin des grands explorateurs » à l’heure de midi et déjà de nombreuses personnes s’installaient pour pique-niquer. Il faut dire que le jardin était superbe tout illuminé par ce beau soleil de printemps et que tout le monde voulait en profiter ! Et voilà que deux étudiantes s’installent à quelques mètres du banc sur lequel j’étais assis. Heureuses de se retrouver, elles ne font pas attention à moi et sortent de leur sac tout ce qu’il faut pour déjeuner. Mais avant de commencer leur repas, elles s’arrêtent, se regardent et d’un regard complice tracent sur elles un beau signe de croix en murmurant quelques mots pour le bénédicité. Elles ne l’ont pas fait pour se faire remarquer, comme on agite ostensiblement une bannière. Elles ne l’ont pas fait non plus de manière cachée pour ne choquer personne. Non, ce signe de croix était authentique, une manière pour elles de vivre leur foi de manière cohérente. En les observant, je n’ai pu m’empêcher de bénir moi aussi le Seigneur. Oui les jeunes catholiques de France n’ont pas dit leur dernier mot et ils sont parfois plus audacieux que leurs aînés pour assumer leur foi ! Et nous qui avons été renouvelés par le Christ ressuscité en ces jours de Pâques, avons-nous cette liberté intérieure pour ne pas rougir du Christ et avons-nous la même audace pour témoigner de notre foi toujours et partout ? L’Esprit saint que nous recevrons de nouveau à la Pentecôte nous est donné pour cela !